Mercredi, 5 décembre 2018

Un décès et au moins 15 blessés graves entre gilets jaunes et lycéens : on attend quoi pour réagir ?

Je ne supporte plus de voir tomber les annonces, 1 lycéen blessé grièvement à tel endroit, 1 lycéenne à tel autre.

Nous en sommes à 1 décès et 15 blessés graves pour ce que j'ai pu recenser en allant sur internet consulter les différents médias et cela ne fait pas plus de bruit !!!

Une femme est morte suite à un tir de grenade lacrymo chez elle et on a l'impression que c'est anecdotique. Je répète UNE FEMME EST MORTE.

A d'autres époques nous aurions été des dizaines de milliers dans la rue. Et là on fait quoi ? On se tait ? On se contente de compter les morts ?

Il faut tapisser les murs de nos communes de notre indignation.

Ce gouvernement est un gouvernement d'assassins en laissant des enfants se faire mutiler, parce que les lycéens ne sont que des enfants.

J'ai essayé de faire le recensement des blessés graves à partir des informations vérifiées sur internet. Cela n'inclue pas les blessures par flashball sur d'autres endroits du corps car vu le nombre cela devient impossible à recenser.

1 décès

15 blessés graves dont 4 lycéens et lycéennes dans le cadre de la répression contre le mouvement lycéen

  • 2 blessés avec pronostic vital engagé
  • 11 autres blessures graves au visage
  • 2 mains arrachées par grenade

Décédée suite à un tir de grenade : 1

Zineb Redouane 80 ans, victime d'un tir de grenade alors qu'elle fermait ses volets, décédée à l'hôpital.

Blessés grièvement au visage par flashball : 13

- dans le coma : 2 avec pronostic vital engagé : 2

  • 1 gilet jaune de 28 ans, touché en pleine tête le 1er décembre à Toulouse
  • 1 lycéen à St Jean de Braye dans le Loiret touché à la tête le 5 décembre

- blessures graves : 11

Paris le 24 novembre 1 lycéen de 17 ans touché à la tête

Paris le 1er décembre 1 gilet jaune, jeune, qui risque de perdre son œil gauche

Paris le 1er décembre 1 autre atteint à la tête

Paris le 1er décembre 1 autre gilet jaune qui risque lui aussi de perdre l’œil gauche

Paris 1e 1er décembre Hugo Clément, journaliste, blessé à la tête

Bordeaux le 1er décembre 1 gilet jaune de 60 ans Guy Bernier blessé grièvement

Tours le 1er décembre 1 femme gilet jaune avec une blessure importante à l'oreille

Quimper le 1er décembre 1 jeune gilet jaune blessé à la joue

Grenoble le 4 décembre 1 lycéenne de 16 ans

Garges les Gonesses (95) 1 élève de terminale blessé grièvement à la joue et la mâchoire

Meaux le 3 décembre 1 lycéen de 18 ans atteint aux testicules

Mains arrachées par grenade : 3

Paris : 24 novembre 2 hommes

Tours 1er décembre 1 homme

Mercredi, 9 mai 2018

Mai 68 : le début de 50 ans de militantisme politique

En mai 1968 je suis âgée de 15 ans et demi et élève de première C (mathématiques) au lycée Marie-Curie à Sceaux. C'est un lycée de jeunes filles (2500 élèves en 1958), la majorité des lycées de l’époque n'étant pas mixte.

Le système éducatif est alors très différencié socialement.

Jusqu'en 1959, les cours complémentaires annexés aux écoles primaires permettent à quelques enfants des milieux populaires, notamment des jeunes filles, de dépasser l'enseignement primaire à une époque où seuls les enfants de la bourgeoisie, à l'exception de quelques boursiers, ont accès à l'enseignement secondaire. En 1959 l'examen d'entrée en 6ème est supprimé et la scolarité obligatoire passe de 14 ans à 16 ans.

Puis sont créés les CEG (collège d'enseignement général) où vont très majoritairement les élèves des classes populaires. Ils peuvent sortir avec le certificat d'études à 14 ans ou s'ils sont bons élèves aller jusqu'en 3ème où ils passent le brevet élémentaire. Ce brevet permet d'entrer dans la vie active notamment dans le secteur des services qui commence à se développer (banques, assurances). Passer du CEG au lycée est alors très difficile. En 1970, il y a encore 67% des enfants d'ouvriers qui arrêtent leurs études avant 15 ans.

Il y a 1 100 000 élèves dans le secondaire en 1950, 2 628 000 en 1960 et 4 654 000 en 1970.

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Jeudi, 3 novembre 2016

Il reste 5 jours pour empêcher le bradage de la démocratie électorale

Dans un billet précédent je vous expliquais la volonté du gouvernement de supprimer l'envoi postal des circulaires et bulletins de vote.

Cette question était abordée ce matin en commission élargie (réunion associant plusieurs commissions dont les finances et les lois dans ce cas présent) de l'assemblée nationale. De nombreux députés avaient déposé des amendements de suppression de l'article 52 sur le sujet, mais bizarrement d'ailleurs ni les députés EELV ni ceux du PCF.

Le ministre, Christian Eckert a précisé que cette proposition était présentée en total accord avec le ministre de l'intérieur. Ses arguments : 170 millions d'euros d'économie ainsi qu'un supposé gain environnemental.

Côté environnemental, selon l'ADEME une consultation sur internet qui dure plus d'une demi-heure ne présente pas un bilan environnemental plus intéressant que l'impression de l'équivalent de pages. Or la moyenne des candidats par circonscription était de 11,5 en 2012. Sachant que les professions de foi sont en général sur des recto-verso, en papier recyclé par obligation légale, le calcul est vite fait : le gain est nul.

Côté réduction des dépenses : on pourra rapprocher ces 170 millions de réduction aux 3,2 milliards d'augmentation prévue pour le CICE. Visiblement pour ce gouvernement PS mieux vaut des cadeaux aux grandes entreprises pour qu'elles puissent encore augmenter leurs dividendes plutôt que de permettre à la démocratie de fonctionner.

Outre l'atteinte au principe d'égalité à l'information, on va avoir une prime donnée au député sortant et une discrimination envers les candidats n'appartenant pas aux forces du système. Quant au second tour, les électeurs auront peu idée de qui s'affrontera et combien puisque cela peut aller de 1 seul candidat à 4 contrairement à la présidentielle où seuls 2 candidats peuvent se maintenir.

Cette mesure a été rejetée en commission. Elle passera mardi après-midi au vote dans l'hémicycle. Nul doute que le gouvernement va continuer à défendre sa position.

Sans oublier que la même mesure est prévue pour la présidentielle, cette fois-ci par décret. Le "battage médiatique" comme cela a été dit par un député serait suffisant pour faire connaître les dates du scrutin et les candidats autorisés à se présenter.

C'est vrai que connaître le programme des candidats à la présidentielle est secondaire pour décider de son vote ! Triste démocratie où les élus du peuple ne se posent même plus la question d'encourager le débat public ni d'aider à ce que le choix s'effectue de manière éclairée et en pleine connaissance de cause.

Il est donc encore temps de signer la pétition pour exiger l'abandon de ce déni de démocratie :

Mercredi, 2 novembre 2016

Pour ne pas se réveiller trop tard lorsque ce gouvernement aura supprimé l'envoi de la propagande électorale

Le gouvernement veut supprimer l'envoi par courrier aux électeurs, des professions de foi et des bulletins de vote des candidats aux élections législatives. C'est prévu dans le projet de budget soumis au parlement dans les semaines qui viennent (Texte de l'article 52 du projet de budget ). La même décision va être prise par décret pour la présidentielle.

La seule justification consiste à vouloir faire des économies sur le dos de la démocratie en utilisant comme d'habitude la novlangue : "moderniser". Lorsque ce mot apparaît, on peut être sûre qu'un mauvais coup se prépare. Et pour essayer de faire passer la pilule, on cherche évidemment à nous rassurer : des "garanties renforcées", une "campagne médiatique renforcée".

Extrait de l'exposé des motifs de cet article de loi :

Compte tenu des coûts économiques et environnementaux de la diffusion de la propagande électorale à l’ensemble des électeurs, le Gouvernement propose de moderniser les modalités d’envoi de la propagande électorale aux électeurs. ... La mesure proposée s’accompagne de garanties renforcées, conformes aux nécessités de la protection des droits et de l’information des électeurs, au travers de la mise en ligne sur un site internet public des circulaires et des bulletins de vote des candidats, de la mise à disposition pour consultation, dans chaque mairie et, le cas échéant dans chaque préfecture et sous-préfecture, d’une circulaire de chaque candidat et d’une campagne médiatique renforcée répondant à la nécessité d’informer les électeurs de ces modifications.


La réalité est bien différente.

Selon des études, un quart des électeurs n'ont pour seule information électorale que ce matériel reçu à domicile, qui de plus permet de comparer les propositions des divers candidats afin de choisir en connaissance de cause, notamment pour le tiers d'électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche-droite.

Un quart des Français n'ont pas d'accès internet à domicile, notamment dans les milieux à faible revenu et chez les personnes âgées. Pour les autres, encore faudra-t-il trouver l'information officielle indiquant les sites internet où ce matériel pourra être consulté. Mais même dans ce cas la lecture sur écran est bien moins confortable que du papier imprimé.

En 2012, le taux d’abstention a atteint jusqu'à 59% dans certaines communes populaires. Le rejet de la politique et son corollaire la perte de confiance dans l'utilité des élections n'ont fait qu'augmenter depuis.

Une telle mesure de restriction de l'information électorale aura comme effet d'augmenter encore plus le taux d'abstention, d'instaurer de fait un suffrage censitaire au détriment des électeurs des classes populaires et de pénaliser les candidats extérieurs au système PS-LR-FN.

Manuel Valls avait déjà essayé d'imposer cette régression anti-démocratique en 2013 pour les européennes. Il avait dû reculer devant le tollé à l'annonce de cette mesure On peut de nouveau le faire reculer.

- Parce que l'argument qui l'avait amené à reculer est toujours toujours valable : "il est nécessaire que chacun de nos concitoyens, où qu'ils habitent, quels qu'ils soient, puissent avoir le même niveau d'information à l'égard d'un scrutin électoral".

- Parce qu'il n'est pas possible de passer son temps à se lamenter sur le désintérêt des Français pour la politique et sur le risque d'une faible participation aux scrutins de 2017 pour ensuite mettre en place un dispositif qui vise de fait à exclure encore plus les électeurs les plus éloignés de la politique.

- Parce si le matériel n'est plus envoyé à domicile, nombre d'électeurs risquent de ne pas apprendre à temps les dates des élections législatives pour s'organiser pour aller voter.

La démocratie n'est ni un luxe ni une valeur réservée à ceux qui ont les moyens.

Alors signer et faites signer massivement la pétition qui exige le maintien de l'envoi du matériel électoral par courrier pour garantir l'égalité d'accès à l'information de tous les électeurs.

Vendredi, 20 mai 2016

Le mot gauche est-il suffisant pour choisir un candidat pour la présidentielle ?

J'ai lu avec attention l'interview de Pierre Laurent dans le journal l'Humanité du mardi 17 mai http://www.humanite.fr/pierre-laurent-cest-le-parti-communiste-qui-tient-la-gauche-debout-607188 Le sous-titre indiquant « ... les communistes ont la responsabilité de faire converger les forces de gauche qui refusent la politique actuelle afin d'aboutir à un socle politique et des candidats communs en 2017 » dessine un « camp » qui serait de gauche.

On est donc porté à rechercher dans la suite de l'article qui sont ces forces de gauche. Et là on reste sur sa faim.

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