Mercredi, 11 mai 2016

Ils ont essayé, ils n'y sont pas arrivés. Pas le choix : il faut voter la motion de censure déposée

56 députés PC, PS, MRC, écolos, divers gauche pour déposer une motion de censure de gauche d'un gouvernement pratiquant une politique de droite. Mais il fallait 58 signatures. Il n'y aura donc pas de motion de censure s'opposant à la casse du droit du travail.

Faut-il pour autant rester les bras croisés ? Car ne rien faire revient à dire que le texte porté par le gouvernement est majoritaire.

C'est le gouvernement qui a choisi d'utiliser le 49-3 et en premier Manuel Valls qui pourtant alors qu'il était dans l'opposition avait déposé un amendement pour supprimer le 49-3 pour les lois ordinaires.

On a pas le choix. On doit se battre jusqu'au bout, dans les entreprises, dans la rue, mais aussi au parlement. Le gouvernement ne comprend que le rapport de force. Nous n'avons donc pas le choix des armes. Nous ne votons pas pour le texte de la motion de censure déposée par la droite. Nous utilisons le vote de la motion de censure pour dire notre rejet sur des bases de défense des salariés.

Comment fonctionne le 49-3 et la motion de censure

Article 49-3

L'article 49 de la constitution porte sur sur l'engagement de responsabilité du gouvernement. Son alinéa 3 prévoit les conditions du dépôt d'une motion de censure lorsque l'engagement de responsabilité concerne une loi. Nous sommes donc dans ce dernier cas concernant la loi travail et c'est pour cela qu'on parle de 49-3.

Cet article prévoit donc que si aucune motion de censure n'est déposée, la version du texte déposée par le gouvernement, qui peut donc intégrer des amendements qui avaient été déposés mais n'ont pas eu le temps d'être mis au vote (dans le cas de la loi El Khomri) ou même qui auraient été rejetés, est la loi adoptée. Ensuite le texte partira au sénat où le gouvernement pourra de nouveau utiliser le 49-3.

Motion de censure

Pour déposer une motion de censure il faut les signatures de 10% de l'assemblée nationale soit 58 députés. La motion doit être déposée dans les 24 heures et donc concrètement aujourd'hui 16h35 au plus tard. Le débat a lieu 48h après le dépôt. Dans le cas actuel, la motion de la droite, LR et UDI, ayant été déposée par 192 députés mardi 10 mai à 17h15, le débat sur la motion de censure pourra commencer jeudi 12 mai à 17h15.

Pour qu'une motion de censure soit adoptée, il faut qu'elle obtienne la majorité des voix soit 50% des députés en activité + 1. Le nombre de députés étant actuellement de 574 suite à une vacance de 3 postes (élections partielles dans les semaines qui viennent suite à des démissions), il faut donc 287 voix pour l'adoption d'une motion de censure.

Nombre de députés à droite au sein de l'assemblée nationale en ce moment

196 députés LR

30 députés UDI

8 députés Non inscrits de droite ou d'extrême droite

Soit 234 députés donc loin des 287 voix nécessaires

Une motion de censure à gauche est-elle possible ?

Il faut donc 58 signatures. Il y a 10 députés FdG, 9 députés EELV, des divers gauche comme Pouria Amirshahi, Philippe Noguès, Jean-Luc Laurent du MRC. Donc tout dépend des députés du PS dit « frondeurs ». Il pourrait donc y avoir 234 voix pour une motion de droite et 58 voix pour une motion de gauche.

A suivre

Dimanche, 31 janvier 2016

Primaires : et si on arrêtait de faire semblant ?

De rebondissements en rebondissements, il y a largement de quoi s'y perdre. L'appel lancé par 40 personnalités pour des « primaires de la gauche et des écologistes » s'adressait à tous y compris Hollande, Valls, Macron et ceux qui soutiennent la politique du gouvernement. C'était déjà surprenant de pouvoir imaginer organiser une primaire avec F. Hollande, en raison de son statut, ou encore plus à cause des politiques qu'il mène. D'où dès le début une ambiguïté entre ceux qui voulaient en faire un instrument du renforcement de la nouvelle candidature de F. Hollande et ceux qui au contraire espèrent ainsi le pousser vers la sortie pour y mettre quelqu'un d'autre du PS.

Toute la gauche était ainsi sommée de participer et d' accepter de soutenir le vainqueur quel qu'il soit y compris le président sortant.

Il est donc très étrange de partir du principe que des forces qui ont des positionnements politiques très distincts, ayant présenté des candidats différents en 2012 au premier tour (F. Hollande, JL Mélenchon, Eva Joly) doivent s'associer dans une primaire sans que soient définis préalablement les grands axes d'un projet politique commun. Ou autrement dit, les divergences avec le gouvernement PS au pouvoir ne se limitent pas pour nous à la déchéance de nationalité. Elles sont bien plus importantes.

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Mardi, 12 janvier 2016

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés

Ce billet est une réflexion strictement personnelle qui n'engage que moi et qui n'a aucune vocation à regrouper qui que ce soit. Mais je pense que vu l'état dans lequel est tombé "l'autre gauche" nous avons besoin de réflexions, de débats tout azimuts. C'est pourquoi après le premier billet où j'essayais de faire un bilan centré sur les résultats des élections régionales celui-ci a plus vocation à réfléchir sur la suite. J'espère qu'il provoquera aussi des commentaires comme le premier, même si je ne suis pas d'accord avec tous, ils sont des apports, des précisions, des controverses. C'est un billet assez long aussi je n'ai pas tout développé autant que je pourrais le faire.

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Dimanche, 3 janvier 2016

2016 : lutter sans jamais renoncer

Poeme Victoria








L'oiseau ne se lasse jamais de voler

L'enfant ne se lasse jamais de jouer

L'homme ne se lasse jamais de créer

Le peuple ne se lasse jamais de lutter





Peinture murale sur un mur de la Poblacion La Victoria en 1987 à l'époque de la dictature de Pinochet

Samedi, 26 décembre 2015

Quelques réflexions de bilan des élections régionales et de la séquence 2012-2015

Ces élections nous amènent à revoir un certain nombre de certitudes telles que le PS va s'effondrer, nous pouvons passer devant le PS, le front républicain ça ne fonctionne pas, la solution ce n'est pas les partis mais l'implication citoyenne ... Le panorama à la sortie est pire que ce que nous avions imaginé au sens où aucune formule politique n'apparaît aller de soi. Mais il y au moins une évidence, ne pas avoir de stratégie nationale mène à la débandade.

  • Quelques traits généraux sur les résultats

Victoire du FN

S'il ne gagne aucune région au second tour, il est arrivé en tête dans 6 régions au 1er tour avec un score national de 28,42%. Les votes pour le FN rapportés au nombre d'inscrits, sont en constante augmentation. Rien ne sert donc de vouloir se rassurer derrière le niveau d'abstention. Après les 13,95% des inscrits à la présidentielle de 2012, la baisse des européennes (10,12%) n'aura été que momentanée et suivie d'une remontée avec 12,04 % aux départementales puis 13,29% à ce 1er tour des régionales, pour terminer au niveau jamais atteint de 15,058% des inscrits au 2ème tour. Le vote FN s'est nationalisé, même s'il reste plus faible dans l'ouest. Seules les grandes villes résistent. Dans le cadre des anciennes régions, le FN aurait gagné le Languedoc-Roussillon.

Forte abstention

Elle est de nouveau plus élevée dans les grandes villes et encore plus dans les villes et les banlieues populaires. Exemple en IDF, 67% au premier tour à Chanteloup les Vignes avec des bureaux à 79% mais à noter que la participation augmente de plus de 10 points dans les bureaux à plus forte abstention au 1er tour contre moins de 10 dans les autres, idem à La Courneuve, 69% à Trappes avec des bureaux jusqu'à 77% plus de 60% d'abstention au second tour à Bobigny, Aubervilliers et St Denis avec des quartiers atteignant 70-72% d'abstention.

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