Mardi, 6 décembre 2011

Prostitution : ne plus s'en prendre aux victimes

Cet après-midi, l'Assemblée doit débattre de la proposition de résolution "réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution". Je l'ai cosignée, comme des député-e-s de tous bords, mais je ne serai pas en séance. En effet, nous n'avons su la date d'examen de ce texte que la semaine dernière, alors qu'il a été déposé en juin ! Impossible dans de telles conditions de gérer son agenda correctement. Je ne pouvais remettre en cause d'une semaine sur l'autre l'engagement que j'avais pris de prendre part à un débat à Pau...

Ne déplaise aux critiques, cette proposition de résolution entend rompre avec les réponses sécuritaires à la prostitution, qui ne pénalisent que les prostitué-e-s, c'est à dire les victimes. Je reste opposée à la loi sur le racolage passif de 2003, qui a eu pour seul effet de rendre moins visible la prostitution, et de rendre les prostitué-e-s encore plus précaires et en danger. Les réseaux de traite, en particulier ceux exploitant des jeunes femmes d’ex-Yougoslavie, du Nigeria ou de Chine, se sont développés et se maintiennent par la peur des représailles, notamment sur les familles restées au pays. Les aides qui leur sont accordées en cas de dénonciation des proxénètes sont dérisoires : une carte temporaire de trois mois mais pas de protection réelle et suffisante.

Peu d'hommes se prostituent, mais les clients sont des hommes, et dans l'immense majorité des cas, ils ne sont pas « dans une misère affective et sexuelle ». Ce sont les clients qui font que la prostitution perdure. Une vision archaïque des rapports hommes-femmes prétend que les hommes auraient des besoins sexuels irrépressibles et devraient les assouvir ; il est plus que temps de sortir de telles représentations.

L'argument de la limitation des viols que permettrait la prostitution ne tient pas plus la route. La grande majorité des viols est le fait de proches.

Quant à la prostitution « par choix », qui concerne-t-elle vraiment ? Qui se prostituerait, sans subir de problèmes financiers ? Je ne tombe dans aucun moralisme : une femme peut avoir des partenaires multiples si elle le souhaite, ça ne regarde pas la société. Mais si c'est en échange d'argent, cela prend une autre signification sociale : la prostitution ne peut être une réponse à la précarité financière et à la pauvreté.

La protection des femmes prostituées, leur santé, leurs droits, doivent faire l'objet d'une politique d’accompagnement. Mais il est impératif de leur proposer un autre avenir. Et ce ne sont pas elles qu'il faut réprimer, mais les clients, si l'on veut au moins faire reculer la prostitution.

Vendredi, 18 novembre 2011

Précarité professionnelle des femmes

Hier était également mise en débat une proposition de loi socialiste "tendant à lutter contre la précarité professionnelle des femmes", dont le dossier est en ligne ici. Heureuse initiative, qui allait dans le même sens des textes que j'avais déposés avec Marie-Georges Buffet et les député-e-s communistes et du Parti de Gauche - vous pouvez télécharger le dernier en cliquant ici. Nous sommes bien entendu favorables à ce texte, qui sera soumis au vote mardi prochain.

Voici mon intervention en discussion générale.





Vous pouvez retrouver l'intégralité des débats sur le site de l'Assemblée, ici et .

Mercredi, 12 octobre 2011

« Monsieur ou Damoiseau »?

« Monsieur ou Damoiseau? »... c'est la formule que je sors, à chaque fois qu'un homme, dans une administration ou la vie quotidienne, me demande « Madame ou Mademoiselle? ». En général, cela calme mon interlocuteur qui comprend de suite l'incongruité de cet usage sexiste des termes de la civilité pour les femmes. Interpellée récemment par les associations féministes, j'ai interrogé le ministre de l'Intérieur, par voie de question écrite (question n°119325 publiée au Journal officiel du 12 octobre 2011), sur la persistance discriminatoire de la civilité « Mademoiselle », utilisée en concurrence à « Madame », et des expressions « nom de jeune fille » et « nom marital » dans un grand nombre de documents administratifs, en dépit d'une circulaire de 1974 qui précise que « ces mentions n'ont aucune justification légale ou réglementaire ».

Non! Ces formules ne sont pas flatteuses pour les femmes! En effet, l'usage d'une civilité ou de l'autre a au contraire pour finalité de donner une information sur la vie privée des femmes, de façon intrusive. J'ai ainsi demandé au ministre de l'Intérieur de rédiger une circulaire commune à tous les ministères pour faire supprimer la civilité « Mademoiselle » et remplacer les expressions « nom de jeune fille » et « nom marital » par « nom de naissance » et « nom d'usage », dans les relations entre les usagers et l'administration.

Texte de la question écrite ici

Lundi, 27 juin 2011

Contre la fermeture du centre d’hébergement parisien pour femmes

La nouvelle est tombée la semaine dernière. Les restrictions budgétaires décidées par le gouvernement sont telles que le Samu social fermera à la fin du mois l'unique centre d'hébergement d'urgence géré par ses soins et qui accueille des femmes à Paris. Vous trouverez ci-dessous le communiqué que j'ai adressé à la presse vendredi, au nom de Parti de Gauche.

Mercredi 29 juin à 18h30, un rassemblement se tiendra devant le centre d'hébergement promis à fermeture, au 66, boulevard Richard Lenoir dans le 11e arrondissement (métro Saint Ambroise ou Richard Lenoir) à l'appel de nombreuses organisations (dont : CNDF, Maison des femmes de Paris, Coordination Lesbienne en France, Planning Familial, Marche Mondiale des Femmes...).

Oui, c'est l'heure du concert à Stalingrad, mais rien n'empêche de courir de ce rassemblement au meeting unitaire qui commence à 20 heures !


Communiqué de presse

Étranglé par l'État, le Samu social ferme sa porte aux femmes

Le 20 mai, lors du Conseil d'administration du Samu social de Paris, le gouvernement a fait connaître une baisse de 25 % des financements d'État destiné à ce Groupement d'intérêt public, dont il abonde le budget à hauteur de 92 %. Conséquence immédiate : le centre d'hébergement d'urgence Yves Garrel fermera ses portes au 30 juin. Premières victimes : les femmes. C'était en effet le seul centre d'hébergement géré par le Samu social de Paris à leur proposer des places. Si une solution provisoire a été trouvée pour les hommes qui y étaient également accueillis, l'État refuse de financer un nouveau centre destiné aux femmes.

Ces modestes 38 places faire cruellement défaut dans un contexte de pénurie généralisée. Il manque 13 000 places d'hébergement en Ile-de-France, et les autres associations ont déjà trop peu de places pour le public féminin, pourtant particulièrement vulnérable. Le gouvernement UMP réduit également les budgets pour l'accueil en hôtel.

L'affirmation « décomplexée » du mépris des pauvres se traduit par la mise en danger des plus précaires. Quitte à remettre en cause les principes de droit au logement et à l'hébergement opposable.

Le Parti de Gauche exige le rétablissement sans délai des crédits nécessaires au maintien de places d'hébergement dans leur ensemble et singulièrement pour les femmes à Paris.

Vendredi, 25 mars 2011

Égalité femmes - hommes : des actes, pas des paroles !

Mardi, venait en discussion à l'Assemblée une proposition de résolution du groupe UMP sur l'égalité entre femmes et hommes. Rien de choquant dedans, si ce n'est que nul ne pouvait dire à quoi ce texte allait servir. Aussi, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine a choisi de s'abstenir. Nous avons notre compte des grandes déclarations : ce qu'il faut désormais, ce sont des actes !

Vous trouverez dans la vidéo ci-dessous mon explication de vote.





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