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Vendredi, 17 octobre 2014

Chili : Hommage à Miguel Enriquez et à toutes celles et ceux tombés dans la lutte contre la dictature

Le 11 septembre 1973 Augusto Pinochet prenait la tête d'un coup d'état militaire pour en finir avec le gouvernement de l'Unité Populaire. Salvador Allende, le président démocratiquement élu, périssait dans le bombardement du palais gouvernemental, La Moneda.

La répression militaire s'abattait sur tous les opposants provoquant plus de 2000 morts, près de 1000 disparus, de nombreux prisonniers torturés et des milliers d'exilés.

Chile : memoria viva

Dans cette situation de dictature militaire, des hommes et des femmes décidèrent de résister y compris les armes à la main. Nombreux furent ceux qui y laissèrent leur vie.

Ils étaient souvent jeunes mais voulaient un futur meilleur pour leur pays.

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Samedi, 21 juin 2014

L’Argentine refuse de céder aux fonds vautours et elle a raison

En 2001, ce pays fait faillite et la seule option pour les créanciers privés est d’accepter une négociation avec abandon de 70 % du montant de la dette.

Mais des fonds spéculatifs, représentant 7 % des créanciers, ont refusé cette décote.

Cependant ceux qui finalement vont attaquer en justice ne sont pas ceux qui avaient prêté à l’Argentine. Le principal est le fonds Elliott, fondé par le milliardaire américain Paul Singer, et qui a pour spécialité la spéculation sur le rachat de titres de dette, notamment de pays pauvres, lorsqu’ils sont au plus bas. Il l'a fait précédemment avec le Pérou. Membre et gros financeur du Parti Républicain américain, porter préjudice à l’Argentine est devenu pour lui une obsession. Il le dit clairement : il veut faire échouer Cristina Kirchner.

Il a donc racheté des titres de dette pour une valeur de 48,7 millions de dollars et a ensuite exigé, non seulement le remboursement des titres achetés, mais qui plus est à leur valeur d’origine avant la décote, soit 832 millions ! Il vient de recevoir le soutien de la Cour Suprême des Etats-Unis !

Au total le jugement condamne l’Argentine à payer 1,4 milliard de dollars à 2 fonds spéculatifs. Mais d’autres fonds avaient eux aussi refusé la restructuration de la dette et pourraient donc s’appuyer sur ce jugement pour exiger le même traitement. Dans ce cas ce sont 15 milliards de dollars supplémentaires qui devaient être déboursés. Or le pays n’a pas les moyens de débourser une telle somme. Cela veut dire la faillite.

Ce jugement illustre bien comment le droit américain est conçu pour assurer la domination de l’oligarchie financière.

Il préfigure ce qui pourrait arriver si le GMT venait à se mettre en place avec le système des tribunaux d’arbitrage qui permettrait à de tels fonds vautours ou à des multinationales d’attaquer les états au seul profit de la finance.

Cela menace aussi tout pays qui voudrait renégocier sa dette. Ainsi à l’avenir d’autres fonds pourraient refuser tout effacement de leurs créances et empêcher par là-même tout plan de restructuration financière. Plusieurs pays d’Europe peuvent donc se retrouver dans cette situation, d’autant que les plans d’austérité imposés par la troïka européenne ont pour principale conséquence de faire envoler la dette dans les pays concernés, Grèce et Espagne par exemple.

Nous sommes donc totalement solidaires du gouvernement argentin dans son refus d’appliquer la sentence car cela créerait un précédent extrêmement dangereux. Plus aucune politique d’indépendance nationale ne serait alors possible, rendant les peuples dans l’incapacité de défendre leurs intérêts.

Samedi, 10 mai 2014

Hommage à Anne Lamouche, soutien indéfectible aux militants politiques luttant contre les dictatures des pays d'Amérique Latine

Anne Lamouche

Anne Lamouche est décédée ce matin. Peu de gens ont eu l'occasion de connaître cette femme si discrète. Et pourtant de nombreux militants politiques latino américains lui doivent la vie et la liberté, et parmi eux beaucoup de chiliens. Anne travaillait aux côtés de Danielle Mitterrand à l'époque où cette dernière avait un bureau à l’Élysée, François Mitterrand étant président de la République. La répression battait son plein dans de nombreux pays d'Amérique Latine vivant sous le joug de dictatures sanguinaires. A chaque fois que nous avions connaissance de militants en danger, nous savions que nous pourrions trouver de l'aide auprès d'Anne. De nombreux chiliens ont ainsi pu arriver en France grâce à elle. Anne était la bonté même. La dernière fois que je l'ai croisé, c'était le jour de l'hommage à Danielle Mitterrand. Elle avait tenu à venir à cet hommage militant malgré son état de fatigue. Nous perdons une grande dame, une militante infatigable de la solidarité.

J'ai appris la nouvelle par le mail ci-dessous que je me permets de reproduire car il dit très bien quelle femme nous perdons avec la disparition de Anne.

"Anne est partie discrètement, sur la pointe des pieds, ne voulant déranger personne. Discrète elle l'aura toujours été, ne se mettant jamais en avant mais toujours les causes qu'elle défendait avec obstination. Son attachement à l'Amérique latine ne pouvait laisser personne indifférent et donnait envie de prendre fait et cause avec elle; son éternel sourire et son regard malicieux redonnaient confiance à celles et ceux qui doutaient dans les moments les plus noirs des dictatures de voir un jour la démocratie revenir dans ces pays meurtris. Beaucoup de militants lui doivent la vie grâce à ses interventions tenaces où elle n'hésitait pas à bousculer diplomates et fonctionnaires pour les faire venir en France, avec ou sans papiers (et le plus souvent sans) parce qu'ils risquaient la mort. Si ses apparitions en public se faisaient plus rares depuis quelques temps du fait de la maladie et de la souffrance, elle s'inquiétait à chaque fois toujours d'untel ou untel, son regard se voilait quand un proche était décédé où s'éclairait à l'annonce d'une naissance ou d'un événement heureux. Avec Anne nous perdons une amie, et nous gardons un exemple de droiture et de convictions internationalistes. Merci pour tout, Anne."


Photo de Jean-Louis Lascoux (Travail personnel - creativecommons)"

Mardi, 19 novembre 2013

Chili : premier bilan des élections

Quatre élections avaient lieu le même jour : présidentielle législatives sénatoriales : moitié du sénat régionales : pour la première fois les conseillers régionaux sont élus et non plus nommés

Rappel : au Chili le mandat présidentiel est de 4 ans non renouvelable consécutivement. Bachelet, présidente de 2006 à 2010 n'avait donc pu se représenter et c'est la droite avec Pineira qi avait gagné l’élection fin 2009. Le mandat de Bachelet avait été marqué par la non remise en cause de la constitution de Pinochet ni même d'aucun aspect du modèle ultralibéral du Chili. Confrontée à un mouvement lycéen mobilisé pour la gratuité de l'enseignement, elle avait d'abord réprimé avant de faire semblant de répondre aux revendications pour finalement ne rien faire. Elle est aussi responsable de la mort de plusieurs militants Mapuche, peuple du sud du Chili contre lequel elle n'avait pas hésité à utiliser la loi antiterroriste de Pinochet. Tout ceci explique le refus des milieux militants et d'une partie de la jeunesse scolarisée de voter Bachelet au 1er tour voir au second tant la défiance est grande après les promesses non tenues à l'époque.

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Vendredi, 15 novembre 2013

Elections au Chili : l'indécision après une campagne très peu politique

Ce dimanche auront lieu plusieurs élections au Chili : présidentielle, sénatoriale, député et conseillers régionaux. De la fin de la dictature de Pinochet jusqu'en 2009, la Concertacion, coalition allant de la Démocratie Chrétienne au PS en passant par plusieurs autres groupes politiques a dirigé la pays sans jamais remettre en cause le modèle néolibéral imposé par la dictature. Même sous la présidence de Michelle Bachelet de 2005 à 2009 dans le cadre de la Concertacion, peu de choses ont changé. A l'époque le vote était obligatoire. En conséquence les jeunes ne s'inscrivaient pas sur les listes électorales pour ne pas avoir à aller voter pour la Concertacion. La déception était immense, ce qui explique le retour de la droite pinochetiste avec Pinera en 2009

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