Rôle et vie de député

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Jeudi, 28 juin 2012

Une étape se clot, une nouvelle s'ouvre

Premier jour où j'arrive enfin à me poser réellement. Il me reste à rendre les clés de mon local de circonscription vendredi matin et une page de ma vie se tournera. N'étant plus députée, ce blog prend donc une autre dimension et de fait mettra dorénavant l'accent sur les réflexions politiques qui peuvent être les miennes ou des réactions à des situations concrètes.

A celles et ceux qui me demandent ce que je vais faire maintenant : je vais continuer à militer, j'ai d'ailleurs la coprésidence du PG à assumer jusqu'au prochain congrès, et je peux vous dire que cela m'occupe pas mal. Et puis je vais enfin pouvoir retrouver le chemin des expositions, voire du cinéma, pourquoi pas et m'occuper un peu de moi-même, mon dos a bien besoin de repos. Pour ce qui est du travail, je ne pense pas qu'à un an de la retraite et avec une telle étiquette politique collée au dos, j'ai quelque chance que ce soit de retrouver un emploi. L'Assemblée nationale va donc devoir vraisemblablement m'indemniser au chômage pendant un an.

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Dimanche, 10 avril 2011

Classement de l'Expansion

Les classements des député-e-s en fonction de leur activité à l'Assemblée sont toujours très en vogue. Le premier date de 2006, mais la vague a commencé l'an dernier. Après ceux de mai 2010, juin 2010 et février 2011, voici celui du magazine l'Expansion (les deux extrémités du classement sont présentées dans la deuxième page et le document complet est en téléchargement). Cette fois, c'est la 9e place qui m'est attribuée.

Un peu curieusement, c'est un dossier sur "l'argent des élus" qui a servi de cadre à cet exercice de contrôle de l'activité parlementaire.

Je retiens surtout le bel hommage à l'initiative citoyenne NosDéputés.fr, qui avait tant énervé le Président de l'Assemblée, mais qui est pris comme source pour effectuer ce travail.

Le même numéro de l'Expansion me consacre un article. Sympathique, même si j'aurais préféré que mon statut d'ancienne Verte ne soit pas transformé en "ancienne écolo" : écologiste j'étais, je suis et je resterai, et c'est bien en tant que telle que je suis fière de co-présider le Parti de Gauche !

Ce dossier aurait aussi gagner à ajouter quelques précisions : - ainsi les rapporteurs sont quasi systématiquement issus de la majorité et même plus précisément de l'UMP sauf lorsqu'il s'agit d'une proposition de loi présentée par un des groupes politiques de l'assemblée (UMP, Nouveau centre, PS, GDR comprenant députés du Front de Gauche et députés d'Europe Ecologie) où la tradition veut que le rapporteur soit issu du groupe qui a déposé la proposition. - sur la présence en commission, il aurait été nécessaire de préciser qui est président de commission.

Mardi, 15 février 2011

Un nouveau classement flatteur

L'activité des parlementaires intéresse la presse, et c'est une bonne chose pour notre démocratie. Il faut dire que les services de l'Assemblée, à travers les fiches mises en ligne, contribuent fortement à cet effort de transparence sur le travail des député-e-s.

La mode est aux classements dans tous les domaines, ce qui peut se discuter. Mais j'avoue que me retrouver cette fois deuxième au plan national pour la présence en 2010, dans l'étude menée par Lyon Capitale (essentiellement sur les député-e-s du Rhône) est flatteur. Voici le lien vers l'article qui détaille la méthodologie (prise en compte des six critères suivants : présence en commission, nombre de prises de paroles en commission, présence en séance publique, nombre de prises de paroles en séance publique, nombre de propositions de lois présentées et nombre de rapports rendus), et le document de synthèse. Mon seul regret : que Lyon Capitale confonde PG et PCF.

Mais c'est aussi surprenant : j'ai le sentiment d'être très accaparée par mes responsabilités au Parti de Gauche et de ne pas être aussi présente à l'Assemblée que souhaitable... Où est la clé de ce mystère ?

Mercredi, 19 janvier 2011

Une rentrée sur les chapeaux de roues !

Pas de jours disponibles pour écrire sur ce blog. Il faut dire que l'actualité s'est accélérée, laissant peu de temps à l'écriture.

D'abord l'occupation de l'immeuble d'Axa du 22 avenue Matignon dans le triangle d'or du pouvoir par Jeudi Noir. Quel malicieux clin d'œil ! Je m'y suis rendue le vendredi 7 janvier au matin, avec nombre d'autres élus, pour l'annonce officielle de l'ouverture du squat. A vrai dire, nous avons bien cru que la police allait casser les vitres pour entrer. Il s'en est fallu de peu, comme cela m'a été confirmé.

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au 22, avenue Matignon
avec Ariane Calvo et François Longérinas
photo : Stéphane Burlot

Mais la présence de nombreux élus - parlementaires nationaux, européens, conseillers régionaux, conseillers de Paris, maires adjoints de Paris, d'arrondissements - plus une marée de journalistes, dont beaucoup avec des caméras, ont quand même fait reculer le gouvernement devant ce qui aurait été pour lui une catastrophe médiatique. La LOPPSI 2 n'est heureusement pas encore adoptée : Jeudi Noir ne peut donc être expulsé que sur décision de justice. Or, pour le moment Axa préfère négocier plutôt que de demander l'intervention des forces de l'ordre, à la grande fureur du gouvernement. Devant la situation – des forces de police filtrant les entrées dans le bâtiment – j'ai envoyé avec les élus de Paris du Parti de Gauche, une lettre ouverte au préfet de police. Vous pouvez signer en ligne la pétition de soutien.

Les manifestations et meetings se sont multipliés en soutien au peuple tunisien en lutte. On criait avec force « Ben Ali dehors ! », suivant avec angoisse l'évolution de la situation en Tunisie en voyant le nombre de blessés et de morts augmenter. On s'est demandé si Ben Ali avait bien pris la mesure de la situation lorsqu'il a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2014 ! Et la nouvelle est tombée vendredi. Il s'était enfui. Gloire au peuple tunisien qui s'est débarrassé du tyran grâce à un mois de mobilisations ! Le fruit était mûr. Il suffisait de secouer l'arbre pour qu'il tombe. Qui l'aurait cru ? J'insiste sur ce point, parce que parfois on élabore de grandes théories sur ce qu'il faut faire et un élément imprévu, comme ce chômeur réduit à vendre à la sauvette et qui s'immole pour dénoncer le harcèlement et l'arbitraire de la police, provoque un mouvement que personne n'aurait imaginé.

En tant que Français, nous ne pouvons que souhaiter au peuple tunisien de construire un État démocratique, laïque, sans corruption et avec moins d'injustices sociales. Immédiatement, nous devons être vigilants sur la confiscation des biens de Ben Ali et de sa famille et leur restitution au peuple tunisien.

Le mois de janvier est traditionnellement celui des vœux. Comme chaque année, le président de la République prononce ses vœux aux parlementaires. Avec mes collègues communistes, citoyens et du Parti de Gauche, nous avons choisi de ne pas y assister cette année. Nous ne voulions pas participer à une mascarade orchestrée par un président qui ne cesse de fouler aux pieds le Parlement et la démocratie. Il faut rappeler que c'est quand même sur ordre de l'Élysée que le président de l'Assemblée Bernard Accoyer a refusé les explications de votes des députés lors du débat sur les retraites.

Jeudi fut aussi la journée des vœux du Parti de Gauche à la presse. Puisque le PG a choisi d'avoir une co-présidence, nous avons, Jean-Luc Mélenchon et moi, fait le choix de présenter ces vœux en duo. Vous pouvez retrouver ces vœux en vidéo ci-dessous.

Ceux présentés par Jean-Luc :



et les miens :



Je voudrais à ce propos répondre à celles et ceux qui m'interpellent par leurs commentaires sur les passages dans les médias. Malheureusement, ce sont les médias qui décident qui ils invitent. Et même si Jean-Luc Mélenchon essaie de se faire remplacer, les médias refusent dans l'immense majorité des cas : c'est lui ou personne. Cela va même plus loin. Ainsi le communiqué du PG de réaction au discours de François Fillon engageant la responsabilité de son gouvernement était signé de nos deux noms. Seul le nom de Jean-Luc Mélenchon a été repris. Voilà la réalité des médias, les mêmes qui ensuite ne se gênent pas pour critiquer la prétendue personnalisation du Parti de Gauche autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon.

Vendredi, des bonnes nouvelles : Samana Tshibuyi retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau est enfin libéré et le centre IVG de Tenon devrait rouvrir. Dans les deux cas, la mobilisation aura payé.

Samedi, d'un côté une manifestation pour fêter la chute de Ben Ali, de l'autre une contre la loi LOPPSI 2. Deux combats pour défendre les libertés. Deux cortèges qui se sont rejoints place du Châtelet.

Le projet du gouvernement contenu dans la loi LOPPSI 2 est une véritable atteinte aux libertés individuelles et collectives. Catalogue de mesures sécuritaires, la LOPPSI 2 c'est notamment la possibilité d'expulser les logements jugés « non conformes » sous 48h et sans décision de justice. Les préfets, aux ordres du gouvernement, pourront ordonner des expulsions du jour au lendemain alors que jusqu'à présent la justice prenait le temps d'écouter toutes les parties et ne prononçait pas systématiquement l'expulsion.

La LOPPSI 2, c'est aussi le développement de la vidéo-surveillance et des entreprises de sécurité privées. Le préfet pourra même imposer des caméras de surveillance contre l'avis des municipalités. De plus, le gouvernement n'hésite pas à confier le domaine de la sécurité aux entreprises privés qui y voient un marché juteux.

Le projet du gouvernement s'attaque également à la spécificité du droit pénal des plus jeunes. En instaurant la comparution immédiate pour les mineurs, le gouvernement revient sur le fonctionnement propre au tribunal pour enfants. Jusqu'à présent, un mineur devait passer devant le juge des enfants afin que son parcours puisse être étudié en détail. Cela ne suffit pourtant pas à Christian Estrosi qui veut encore une nouvelle loi, cette fois-ci pour en finir définitivement avec l'ordonnance de 1945 de protection des mineurs.

Au nom de la lutte contre la pédophilie, combat tout à fait nécessaire, le gouvernement est également revenu à la charge et a réussi cette fois à imposer le filtrage d'internet.

En résumé, la LOPPSI 2 est un fourre-tout législatif bien dangereux pour nos libertés publiques.

Mercredi, 23 juin 2010

Les élus doivent-ils donner l'exemple ?

Oui, cent fois oui. Et pas seulement en période de crise économique. Malheureusement on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas à l'heure actuelle !

Élu ne doit pas devenir un métier. C'est un mandat confié par les électeurs pour représenter le peuple à un niveau donné des institutions afin d'agir au bénéfice de l'intérêt général et non de la somme des intérêts particuliers.

Accepter un mandat confié par les électeurs doit avoir comme contrepartie d'y consacrer du temps. Et pour que cela ne soit pas réservé à une minorité de privilégiés détenant du patrimoine ou exerçant une profession qui permet de travailler en parallèle ou encore à des permanents de parti politique, les élus doivent être rémunérés à la hauteur de la tâche à accomplir : ni trop, ni trop peu.

J'étais samedi aux "États généraux du renouveau" organisés par Libération, le Nouvel Observateur ainsi que divers clubs de gauche. J'étais invitée par la Fondation Copernic pour intervenir dans un débat sur "La réforme, pourquoi, comment ?" aux côtés de Pierre Moscovici (PS) et Alain Lipietz (Les Verts). J'en ai profité pour aller écouter avant un débat intitulé "la démocratie au péril de l'abstention". La montée du sentiment "élus tous profiteurs" m'a interpellée. S'il existe, c'est parce qu'il y a des abus, souvent dans les plus hautes sphères du pouvoir, mais cette façon de mettre tous les élus dans le même sac n'est pas juste.


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