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Mardi, 14 mars 2017

Le scénario financier invraisemblable de sortie du nucléaire de l'Institut Montaigne

Donc pour cet Institut libéral, fondé par Claude Bébéar, ancien dirigeant de la société d'assurance AXA et aujourd'hui soutien d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, la sortie du nucléaire coûterait 217 milliards d'euros.

Que l'Institut Montaigne soit pro-nucléaire c'est son droit mais quand on veut disqualifier ses adversaires, on commence par avancer des chiffres crédibles.

Le problème avec le nucléaire est que son coût est systématiquement minoré. Ainsi l'EPR de Flamanville était estimé à 3,3 milliards d'euros. Six ans plus tard EDF annonce un coût de 10,5 milliards, soit 3 fois plus.

De manière générale, l'Institut Montaigne a pris les chiffres qui l'arrangeaient pour sa démonstration : sous-estimé pour les dépenses du nucléaire ou la fourchette haute au contraire dans d'autres cas.

Ainsi le rapport Mariton-Goua de l'Assemblée nationale a cherché à chiffrer le coût du démantèlement de Fessenheim. Bilan entre 650 millions et 5 milliards !! Vous lisez bien l'écart va bien de 1 à 7 ! Comme le but est de démontrer que fermer Fessenheim coûte trop cher et qu'il vaut mieux le maintenir en activité, dans ce cas le choix a été de prendre la fourchette haute soit les 5 milliards.

Mais pour l'opération de grand carénage, c'est à dire la prolongation de la vie des centrales au delà des 40 ans, le coût est estimé entre 55 milliards par EDF et 100 milliards par la Cour des Comptes. Évidemment dans ce cas pour justifier la thèse du scénario coûteux de sortie c'est le chiffre de 55 milliards qui a été retenu.

De même l'abandon de Cigéo, le centre d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure, n'a pas été pris en compte. Il est pourtant estimé à 25 milliards par Ségolène Royal et 34,4 milliards par l'ANDRA. Pas plus que l'abandon des deux EPR d'Hinkley Point estimés à 21 milliards d'euros à la charge d'EDF. L'arrêt du nucléaire veut aussi dire arrêt de l'importation d'uranium soit entre 500 millions et 1 milliard par an au cours actuel de l'uranium sans compter les frais engagés pour assurer la sécurité de la mine d'Arlit au Niger déjà la cible d'une attaque djihadiste. L'abandon de ces projets engendrent donc autant de dépenses en moins.

De manière générale, toutes les centrales devront être démantelées à un moment ou à un autre car leur durée de vie n'est pas éternelle. Donc le coût existe de toute façon. Il était estimé à 22 milliards en 2012 par la Cour des Comptes. Ce chiffre a été revu à la hausse, à 75 milliards, par l'Assemblée nationale.

Par contre la prolongation des centrales entraîne des dépenses supplémentaires en mise aux normes et en maintenance ainsi qu'en déchets nucléaires radioactifs supplémentaires qu'il faudra stocker.

Enfin un argument invraisemblable est avancé pour justifier le maintien du nucléaire : en sortir provoquerait obligatoirement une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, l'exemple de l'Allemagne étant là pour le démontrer. Sauf que cela ne démontre rien du tout sinon que lorsqu'on laisse faire le sacro saint marché si cher à l'Institut Montaigne, le secteur privé cherche l'énergie la moins chère sans se préoccuper des conséquences pour la planète.

C'est bien pourquoi le programme de Jean-Luc Mélenchon propose un pôle public de l'énergie (EDF+Engie renationalisé) pour avoir la maîtrise de la transition énergétique. Cela passe en premier par la sobriété et l'efficacité énergétique puis par le développement des énergies renouvelables pour lesquelles la France est particulièrement en retard par rapport à l'Allemagne.

Aujourd'hui le coût de l'énergie solaire est de 62,50 euros du Mwh contre 80 pour l'éolien et 120 prévu pour l'énergie fournie par Flamanville. Bien loin du scénario catastrophe présenté par ce fameux Institut Montaigne qui visiblement n'a toujours rien compris à l'urgence de la transition énergétique.

Mardi, 7 mars 2017

8 mars : journée internationale des droits des femmes

POUR PARIS : PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

de 15H à 15h30 : ateliers : autour des revendications, self-défense (non mixte)

15h40- 17h30 : RASSEMBLEMENT, TÉMOIGNAGES, PRISES DE PAROLES, ANIMATIONS

17H30 : ON PART EN MANIFESTATION : RÉPUBLIQUE JUSQU’À OPÉRA

A l'occasion du 8 mars, discours de Jean-Luc Mélenchon sur les droits des femmes à suivre en vidéo :

Vendredi, 23 décembre 2016

Lyon-Turin : la honte d'un vote à la sauvette

Ce matin l'accord pour les travaux définitifs de la section transfrontalière de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin a été voté à l'assemblée nationale sans même un débat sur la nécessité ou pas de cette ligne, sur les dégâts à l'environnement et sur les conflits d'intérêt en jeux.

Plainte d'Anticor au sujet des conflits d'intérêts :

Les lobbies ont gagné leur bataille institutionnelle dans la grande réconciliation de tous les groupes politiques existants à l'assemblée pour un projet inutile, néfaste et coûteux.

Mais ce vote de la honte n’arrêtera pas la détermination de toutes celles et tous ceux qui se battent pour l'intérêt général. La présidentielle est l'occasion de renvoyer cette proposition aux oubliettes en votant pour Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise qui a clairement pris position contre ce projet désastreux.

Voir sa déclaration sur le sujet :

Voir le communiqué de la coordination des opposants au projet après le vote à l'assemblée nationale :

Jeudi, 3 novembre 2016

Il reste 5 jours pour empêcher le bradage de la démocratie électorale

Dans un billet précédent je vous expliquais la volonté du gouvernement de supprimer l'envoi postal des circulaires et bulletins de vote.

Cette question était abordée ce matin en commission élargie (réunion associant plusieurs commissions dont les finances et les lois dans ce cas présent) de l'assemblée nationale. De nombreux députés avaient déposé des amendements de suppression de l'article 52 sur le sujet, mais bizarrement d'ailleurs ni les députés EELV ni ceux du PCF.

Le ministre, Christian Eckert a précisé que cette proposition était présentée en total accord avec le ministre de l'intérieur. Ses arguments : 170 millions d'euros d'économie ainsi qu'un supposé gain environnemental.

Côté environnemental, selon l'ADEME une consultation sur internet qui dure plus d'une demi-heure ne présente pas un bilan environnemental plus intéressant que l'impression de l'équivalent de pages. Or la moyenne des candidats par circonscription était de 11,5 en 2012. Sachant que les professions de foi sont en général sur des recto-verso, en papier recyclé par obligation légale, le calcul est vite fait : le gain est nul.

Côté réduction des dépenses : on pourra rapprocher ces 170 millions de réduction aux 3,2 milliards d'augmentation prévue pour le CICE. Visiblement pour ce gouvernement PS mieux vaut des cadeaux aux grandes entreprises pour qu'elles puissent encore augmenter leurs dividendes plutôt que de permettre à la démocratie de fonctionner.

Outre l'atteinte au principe d'égalité à l'information, on va avoir une prime donnée au député sortant et une discrimination envers les candidats n'appartenant pas aux forces du système. Quant au second tour, les électeurs auront peu idée de qui s'affrontera et combien puisque cela peut aller de 1 seul candidat à 4 contrairement à la présidentielle où seuls 2 candidats peuvent se maintenir.

Cette mesure a été rejetée en commission. Elle passera mardi après-midi au vote dans l'hémicycle. Nul doute que le gouvernement va continuer à défendre sa position.

Sans oublier que la même mesure est prévue pour la présidentielle, cette fois-ci par décret. Le "battage médiatique" comme cela a été dit par un député serait suffisant pour faire connaître les dates du scrutin et les candidats autorisés à se présenter.

C'est vrai que connaître le programme des candidats à la présidentielle est secondaire pour décider de son vote ! Triste démocratie où les élus du peuple ne se posent même plus la question d'encourager le débat public ni d'aider à ce que le choix s'effectue de manière éclairée et en pleine connaissance de cause.

Il est donc encore temps de signer la pétition pour exiger l'abandon de ce déni de démocratie :

Mercredi, 2 novembre 2016

Pour ne pas se réveiller trop tard lorsque ce gouvernement aura supprimé l'envoi de la propagande électorale

Le gouvernement veut supprimer l'envoi par courrier aux électeurs, des professions de foi et des bulletins de vote des candidats aux élections législatives. C'est prévu dans le projet de budget soumis au parlement dans les semaines qui viennent (Texte de l'article 52 du projet de budget ). La même décision va être prise par décret pour la présidentielle.

La seule justification consiste à vouloir faire des économies sur le dos de la démocratie en utilisant comme d'habitude la novlangue : "moderniser". Lorsque ce mot apparaît, on peut être sûre qu'un mauvais coup se prépare. Et pour essayer de faire passer la pilule, on cherche évidemment à nous rassurer : des "garanties renforcées", une "campagne médiatique renforcée".

Extrait de l'exposé des motifs de cet article de loi :

Compte tenu des coûts économiques et environnementaux de la diffusion de la propagande électorale à l’ensemble des électeurs, le Gouvernement propose de moderniser les modalités d’envoi de la propagande électorale aux électeurs. ... La mesure proposée s’accompagne de garanties renforcées, conformes aux nécessités de la protection des droits et de l’information des électeurs, au travers de la mise en ligne sur un site internet public des circulaires et des bulletins de vote des candidats, de la mise à disposition pour consultation, dans chaque mairie et, le cas échéant dans chaque préfecture et sous-préfecture, d’une circulaire de chaque candidat et d’une campagne médiatique renforcée répondant à la nécessité d’informer les électeurs de ces modifications.


La réalité est bien différente.

Selon des études, un quart des électeurs n'ont pour seule information électorale que ce matériel reçu à domicile, qui de plus permet de comparer les propositions des divers candidats afin de choisir en connaissance de cause, notamment pour le tiers d'électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche-droite.

Un quart des Français n'ont pas d'accès internet à domicile, notamment dans les milieux à faible revenu et chez les personnes âgées. Pour les autres, encore faudra-t-il trouver l'information officielle indiquant les sites internet où ce matériel pourra être consulté. Mais même dans ce cas la lecture sur écran est bien moins confortable que du papier imprimé.

En 2012, le taux d’abstention a atteint jusqu'à 59% dans certaines communes populaires. Le rejet de la politique et son corollaire la perte de confiance dans l'utilité des élections n'ont fait qu'augmenter depuis.

Une telle mesure de restriction de l'information électorale aura comme effet d'augmenter encore plus le taux d'abstention, d'instaurer de fait un suffrage censitaire au détriment des électeurs des classes populaires et de pénaliser les candidats extérieurs au système PS-LR-FN.

Manuel Valls avait déjà essayé d'imposer cette régression anti-démocratique en 2013 pour les européennes. Il avait dû reculer devant le tollé à l'annonce de cette mesure On peut de nouveau le faire reculer.

- Parce que l'argument qui l'avait amené à reculer est toujours toujours valable : "il est nécessaire que chacun de nos concitoyens, où qu'ils habitent, quels qu'ils soient, puissent avoir le même niveau d'information à l'égard d'un scrutin électoral".

- Parce qu'il n'est pas possible de passer son temps à se lamenter sur le désintérêt des Français pour la politique et sur le risque d'une faible participation aux scrutins de 2017 pour ensuite mettre en place un dispositif qui vise de fait à exclure encore plus les électeurs les plus éloignés de la politique.

- Parce si le matériel n'est plus envoyé à domicile, nombre d'électeurs risquent de ne pas apprendre à temps les dates des élections législatives pour s'organiser pour aller voter.

La démocratie n'est ni un luxe ni une valeur réservée à ceux qui ont les moyens.

Alors signer et faites signer massivement la pétition qui exige le maintien de l'envoi du matériel électoral par courrier pour garantir l'égalité d'accès à l'information de tous les électeurs.

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