Jeudi, 9 septembre 2010

Les mensonges de Woerth continuent !

Comme je l'indiquais dans mon billet de cette nuit, les annonces de Sarkozy et du gouvernement sur leurs prétendues avancées dans la prise en compte de la pénibilité sont purement et simplement mensongères.

Voici le communiqué que j'ai envoyé à la presse ce matin.


Les mensonges de Woerth continuent !

Communiqué de presse, le 9 septembre 2010

Depuis hier, le ministre du travail Eric Woerth annonce devant les médias que le gouvernement a tenu compte des attentes des Français et qu'il a proposé des amendements en conséquence à son texte sur les retraites.

Ainsi, le gouvernement tente de nous faire croire qu'il tiendra davantage compte de la pénibilité en abaissant le seuil d'incapacité de 20% à 10% pour pouvoir continuer de partir à la retraite à 60 ans. Ceci est un mensonge ! L'amendement présenté hier devant la commission des Affaires sociales met en place deux dispositifs différents. D'un côté, les travailleurs avec un taux d'incapacité de 20 % pourront prendre leur retraite à 60 ans. Mais les salariés dont le taux est compris entre 10 et 20 % ne pourront pas bénéficier de cette mesure. Ils pourront seulement se présenter devant une commission où ils devront prouver qu'ils ont été exposés de façon permanente et pour une durée, encore inconnue, à des facteurs de risque professionnels à définir.

Croire que les employeurs vont fournir les preuves nécessaires aux salariés, c'est comme croire au Père Noël ! Les salariés ont donc peu de chance de passer ce filtre.

62 % des Français souhaitent poursuivre la mobilisation. Ils ont raison. Les amendements du gouvernement ne sont pas des « avancées sociales supplémentaires » comme l'affirme Eric Woerth. Nous continuons donc de demander le retrait de ce texte, pour permettre une autre réforme des retraites.

Ce que cachent les "concessions" de Sarkozy : des mensonges !

Ce matin, opération de communication de Sarkozy : à en croire les dépêches de presse, il aurait entendu les manifestants (mais reste droit dans ses bottes sur l'essentiel) et concède de passer de 20 % d'invalidité à 10 % pour répondre aux problèmes de pénibilité. Cela reste dans la même logique : ne pas prendre en compte réellement les facteurs de pénibilité pour permettre à celles et ceux qui les subissent de partir assez tôt pour profiter un peu de leur retraite, mais permettre une cessation d'activité aux salarié-e-s dont l'état de santé est dégradé, et la productivité moins intéressante pour les patrons. Mais bon, c'est déjà ça, pensons nous sur la foi de ce que nous lisons.

Cet après-midi, Eric Woerth vient présenter les amendements du gouvernement. Il lâche que rien ne change, bel aveu ! Nous devons examiner les textes précis en commission. Encore faut-il avoir une réunion digne de ce nom. Le président de la commission des Affaires Sociales proposent, sans rire, que la commission se réunisse à 20h45, sachant que la séance reprend à 21h30, ce qui veut dire 45 mn de réunion au maximum.

Nous sommes obligés d'aller à l'incident de séance pour obtenir une réunion à 19h.

Malgré les promesses du ministre de nous transmettre les amendements avant la commission, nous les découvrirons en arrivant en réunion. Pas moyen de contacter les syndicats, les associations telles que la Fnath, pour une analyse critique.

En fait c'est le but. Ainsi un des premiers amendements gouvernementaux revient tout simplement à démanteler la médecine du travail. C'est un amendement de deux pages, très technique, qui modifie au moins six articles du Code du Travail. Or, contrairement aux habitudes, le tableau comparatif des articles de Code modifiés ne nous est pas fourni. Pas d'étude d'impact non plus, pas de négociation préalable non plus avec les organisations syndicales, tout cela contrairement à l'obligation faite par la réforme UMP de la Constitution.

Code-du-Travail2.jpg

Pendant que Roland Muzeau participe à la discussion sur les amendements précédents, je fais de la spéléologie dans le Code du Travail, que Nicolas, collaborateur du groupe GDR, nous a amené en catastrophe à la commission. Entre les livres, les titres, les parties et les chapitres, j'essaie de comprendre l'impact des modifications gouvernementales.

Et là, oh surprise, disparaît tout simplement le principe d'indépendance des médecins du travail par rapport à l'employeur. Ensuite, cet amendement ajoute la possibilité pour l'employeur de nommer un ou plusieurs salariés en charge des questions de prévention et de suivi des conditions de travail. Incroyable ! Le Code du Travail a prévu les CHSCT ou à défaut que les délégués du personnel assument les missions CHSCT. Ces représentants du personnel sont ce qu'on appelle des salariés protégés, ils ont le droit à des heures de délégation pour remplir leurs missions, et surtout ils sont élus par les salariés de l'entreprise. Que vient donc faire cette innovation gouvernementale : la possibilité pour les patrons de nommer un salarié à la tête du client sans aucune protection et sans moyens ? Qui peut croire que ces salariés auront l'indépendance nécessaire pour tenir tête à leur employeur ?

La supercherie sur la pénibilité nous est aussi révélée. Le système des 20 % d'invalidité est maintenu et non ramené à 10% comme le gouvernement n'a pas arrêté de le claironner depuis hier. Mais comme nous n'avions pas le texte exact de l'amendement nous ne pouvions pas savoir ce qu'il en était.

Un système complémentaire s'ajoute entre 10 et 20 %. Les salariés concernés devront se présenter devant une commission pluridisciplinaire et apporter la preuve qu'ils ont été exposés à des facteurs de risques. Ben tiens ! Je me vois aller demander à la Snecma une attestation que j'ai été exposée aux éthers de glycol dans les années 1970 !

Mercredi, 8 septembre 2010

Retraites : interventions au soir des manifs

Mardi, premier jour de débat en séance. Roland Muzeau a défendu une motion de renvoi en commission. Faut dire qu'il y a de quoi. Le gouvernement à ce moment là a annoncé qu'il déposerait de nouveaux amendements en fonction du succès ou non des mobilisations du mardi 7. Il est simplement invraisemblable que le débat commence sans que les députés aient tous les éléments du texte. Vous trouverez donc ci-joint plus d'arguments à ce propos dans mon explication de vote pour le groupe GDR.

Par ailleurs, je n'ai vraiment pas de chance, au point que si j'étais tentée de jouer, il vaudrait mieux que je m'en m'abstienne : encore une fois j'ai dû effectuer mon intervention dans la discussion générale de la deuxième séance passé minuit et demi, devant un hémicycle quasiment vide.

Les deux textes sont en téléchargement, il vous suffit de cliquer sur les liens qui précèdent.

Mardi, 7 septembre 2010

Retraites : vous rendre compte

Nous arrivons au jour J. D'un côté, les malheureux trois-quarts d'heure pour examiner les derniers amendements au pas de charge en commission, puis le début du débat en séance à l'Assemblée. De l'autre, les grèves et les manifestations que nous espérons les plus fortes possibles, pour bien faire comprendre à Sarkozy que sa contre-réforme ne passera pas comme ça.

Privée de manif parisienne par le calendrier de l'Assemblée, je ferai de mon mieux pour vous donner le plus possible d'informations sur ce blog, comme lors du premier examen du texte en commission, en juillet.

Les nouvelles règles de fonctionnement de l'Assemblée, pensées sur-mesure pour brider l'opposition, assurent à l'UMP de pouvoir faire voter le texte le 15 septembre. Dès le jeudi 16, à 19h30, je vous propose un compte-rendu de ces débats, au café Le Progrès, 1, rue de Bretagne, dans le 3e arrondissement. L'occasion de faire le point sur les reculs que les mobilisations de ce jour et les suivantes auront déjà arrachés, j'espère. Et aussi une étape pour les mobilisations suivantes, sans attendre l'arrivée du texte devant le Sénat.

Bonne manifestation à qui peut s'y rendre et rendez-vous sur le site de l'Assemblée pour suivre les débats en direct.

Lundi, 6 septembre 2010

Soutien aux otages en Afghanistan

Plus de cinquante collectivités locales ont affirmé leur soutien à Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et leurs trois accompagnateurs Afghans, Mohamed Reza, Ghulam et Satar, retenus en otages par les Talibans, notamment par l'installation de banderoles sur les édifices publics. Aussi, j'ai adressé un courrier au président de l'Assemblée pour qu'une telle initiative soit prise au Palais Bourbon.

Voici mon communiqué de presse à ce sujet.


Demande d'installation d'une banderole en soutien aux otages en Afghanistan

Depuis plus de 250 jours, Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et leurs trois accompagnateurs Afghans sont retenus en otage. Cette situation n'a que trop duré.

Il est important de rappeler l'urgence de leur libération. En premier lieu, pour que ces cinq personnes puissent recouvrer leur liberté et que la situation cruelle qu'ils subissent depuis le mois de décembre cesse enfin. A travers la situation de ces otages, il faut également se souvenir que la liberté de la presse n'est jamais totalement acquise et qu'il convient donc de continuer à la défendre.

Pour ces raisons, Martine Billard a adressé un courrier à Monsieur Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, afin qu'une banderole demandant la libération des otages puisse être accrochée sur le Palais Bourbon, comme cela avait notamment été fait pour Ingrid Betancourt.

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