Jeudi, 3 novembre 2016

Il reste 5 jours pour empêcher le bradage de la démocratie électorale

Dans un billet précédent je vous expliquais la volonté du gouvernement de supprimer l'envoi postal des circulaires et bulletins de vote.

Cette question était abordée ce matin en commission élargie (réunion associant plusieurs commissions dont les finances et les lois dans ce cas présent) de l'assemblée nationale. De nombreux députés avaient déposé des amendements de suppression de l'article 52 sur le sujet, mais bizarrement d'ailleurs ni les députés EELV ni ceux du PCF.

Le ministre, Christian Eckert a précisé que cette proposition était présentée en total accord avec le ministre de l'intérieur. Ses arguments : 170 millions d'euros d'économie ainsi qu'un supposé gain environnemental.

Côté environnemental, selon l'ADEME une consultation sur internet qui dure plus d'une demi-heure ne présente pas un bilan environnemental plus intéressant que l'impression de l'équivalent de pages. Or la moyenne des candidats par circonscription était de 11,5 en 2012. Sachant que les professions de foi sont en général sur des recto-verso, en papier recyclé par obligation légale, le calcul est vite fait : le gain est nul.

Côté réduction des dépenses : on pourra rapprocher ces 170 millions de réduction aux 3,2 milliards d'augmentation prévue pour le CICE. Visiblement pour ce gouvernement PS mieux vaut des cadeaux aux grandes entreprises pour qu'elles puissent encore augmenter leurs dividendes plutôt que de permettre à la démocratie de fonctionner.

Outre l'atteinte au principe d'égalité à l'information, on va avoir une prime donnée au député sortant et une discrimination envers les candidats n'appartenant pas aux forces du système. Quant au second tour, les électeurs auront peu idée de qui s'affrontera et combien puisque cela peut aller de 1 seul candidat à 4 contrairement à la présidentielle où seuls 2 candidats peuvent se maintenir.

Cette mesure a été rejetée en commission. Elle passera mardi après-midi au vote dans l'hémicycle. Nul doute que le gouvernement va continuer à défendre sa position.

Sans oublier que la même mesure est prévue pour la présidentielle, cette fois-ci par décret. Le "battage médiatique" comme cela a été dit par un député serait suffisant pour faire connaître les dates du scrutin et les candidats autorisés à se présenter.

C'est vrai que connaître le programme des candidats à la présidentielle est secondaire pour décider de son vote ! Triste démocratie où les élus du peuple ne se posent même plus la question d'encourager le débat public ni d'aider à ce que le choix s'effectue de manière éclairée et en pleine connaissance de cause.

Il est donc encore temps de signer la pétition pour exiger l'abandon de ce déni de démocratie :

Mercredi, 2 novembre 2016

Pour ne pas se réveiller trop tard lorsque ce gouvernement aura supprimé l'envoi de la propagande électorale

Le gouvernement veut supprimer l'envoi par courrier aux électeurs, des professions de foi et des bulletins de vote des candidats aux élections législatives. C'est prévu dans le projet de budget soumis au parlement dans les semaines qui viennent (Texte de l'article 52 du projet de budget ). La même décision va être prise par décret pour la présidentielle.

La seule justification consiste à vouloir faire des économies sur le dos de la démocratie en utilisant comme d'habitude la novlangue : "moderniser". Lorsque ce mot apparaît, on peut être sûre qu'un mauvais coup se prépare. Et pour essayer de faire passer la pilule, on cherche évidemment à nous rassurer : des "garanties renforcées", une "campagne médiatique renforcée".

Extrait de l'exposé des motifs de cet article de loi :

Compte tenu des coûts économiques et environnementaux de la diffusion de la propagande électorale à l’ensemble des électeurs, le Gouvernement propose de moderniser les modalités d’envoi de la propagande électorale aux électeurs. ... La mesure proposée s’accompagne de garanties renforcées, conformes aux nécessités de la protection des droits et de l’information des électeurs, au travers de la mise en ligne sur un site internet public des circulaires et des bulletins de vote des candidats, de la mise à disposition pour consultation, dans chaque mairie et, le cas échéant dans chaque préfecture et sous-préfecture, d’une circulaire de chaque candidat et d’une campagne médiatique renforcée répondant à la nécessité d’informer les électeurs de ces modifications.


La réalité est bien différente.

Selon des études, un quart des électeurs n'ont pour seule information électorale que ce matériel reçu à domicile, qui de plus permet de comparer les propositions des divers candidats afin de choisir en connaissance de cause, notamment pour le tiers d'électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche-droite.

Un quart des Français n'ont pas d'accès internet à domicile, notamment dans les milieux à faible revenu et chez les personnes âgées. Pour les autres, encore faudra-t-il trouver l'information officielle indiquant les sites internet où ce matériel pourra être consulté. Mais même dans ce cas la lecture sur écran est bien moins confortable que du papier imprimé.

En 2012, le taux d’abstention a atteint jusqu'à 59% dans certaines communes populaires. Le rejet de la politique et son corollaire la perte de confiance dans l'utilité des élections n'ont fait qu'augmenter depuis.

Une telle mesure de restriction de l'information électorale aura comme effet d'augmenter encore plus le taux d'abstention, d'instaurer de fait un suffrage censitaire au détriment des électeurs des classes populaires et de pénaliser les candidats extérieurs au système PS-LR-FN.

Manuel Valls avait déjà essayé d'imposer cette régression anti-démocratique en 2013 pour les européennes. Il avait dû reculer devant le tollé à l'annonce de cette mesure On peut de nouveau le faire reculer.

- Parce que l'argument qui l'avait amené à reculer est toujours toujours valable : "il est nécessaire que chacun de nos concitoyens, où qu'ils habitent, quels qu'ils soient, puissent avoir le même niveau d'information à l'égard d'un scrutin électoral".

- Parce qu'il n'est pas possible de passer son temps à se lamenter sur le désintérêt des Français pour la politique et sur le risque d'une faible participation aux scrutins de 2017 pour ensuite mettre en place un dispositif qui vise de fait à exclure encore plus les électeurs les plus éloignés de la politique.

- Parce si le matériel n'est plus envoyé à domicile, nombre d'électeurs risquent de ne pas apprendre à temps les dates des élections législatives pour s'organiser pour aller voter.

La démocratie n'est ni un luxe ni une valeur réservée à ceux qui ont les moyens.

Alors signer et faites signer massivement la pétition qui exige le maintien de l'envoi du matériel électoral par courrier pour garantir l'égalité d'accès à l'information de tous les électeurs.

Mardi, 25 octobre 2016

Présidentielle : attendre février serait irresponsable

Le 5 novembre le PCF va tenir une conférence nationale. Celle-ci avait pour but d'arrêter une position quant au candidat que les communistes allaient soutenir. Mais après l'interview de Olivier Dartigolles hier au Talk Orange-Le Figaro, il apparaît que même au cas où une décision serait prise d'ici la fin 2016, elle pourrait être remise en cause : « Si Arnaud Montebourg gagne la primaire socialiste ce sera évidemment quelque chose de nouveau dans la situation politique et comme l'a dit P. Laurent, quand bien même on ferait un choix de candidature nous d'ici la fin de l'année, on maintiendra toujours la possibilité pour le PCF d'aller vers des choses qui permettraient d'aller vers cette candidature commune ». Voir la vidéo :

OK, Olivier Dartigolles ne dit pas texto qu'en cas de victoire de Montebourg à la primaire, le PCF choisirait de le soutenir pour la présidentielle. Mais pas besoin d'être expert en langage PCF pour comprendre que la porte reste ouverte à un tel soutien. Sinon on ne voit pas pourquoi il aurait tenu ces propos.

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Vendredi, 21 octobre 2016

Mélenchon est-il parti tout seul à la présidentielle ? Ou de l'amnésie collective.

Il est de bon ton dans les rangs du défunt Front de Gauche de se lamenter sur l'auto-proclamation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le coup de force que cela aurait été, le fait qu'il serait parti tout seul sans attendre que les autres forces du Front de Gauche prennent position etc … Jacques Fortin parle même de « candidature imposée par une captation de voix et de notoriété qui « appartenaient » politiquement à la coalition « Front de Gauche » d’il y a cinq ans ».

Quelle drôle de caricature

On peut lire aussi les commentaires à diverses notes de blog où des militants communistes accusent Jean-Luc Mélenchon de vouloir imposer son programme et exigent maintenant qu'on reparte de l'Humain d'abord. Mais qui l'a abandonné ? Mélenchon qui le propose comme ouvrage de référence sur son site jlm2017  ? Ou P. Laurent qui a préféré faire un QCM ? L'Avenir en commun, programme de la France Insoumise a vu intervenir de nombreux contributeurs alors qu'en 2012 le programme avait été négocié entre des équipes restreintes du PCF, PG et Fase. Le problème n'est donc pas là. Le contenu ? Pour le moment aucune critique argumentée n'a été publiée, même si on peut se douter que la fermeture de Fessenheim et la sortie du nucléaire peuvent poser problème.

A lire tous ces propos accusateurs, un observateur extérieur à la scène politique française pourrait se demander qui est cet aventurier, comment se fait-il que personne n'ait pu l'arrêter lors de cette annonce, et pourquoi trouve-t-il plus de 142 000 soutiens quand les appels divers à refuser le programme et la démarche de France Insoumise cumulent au mieux 20 000 signataires entre les 3 appels.

Refaisons la chronologie des faits que beaucoup ont tendance à oublier.

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Vendredi, 30 septembre 2016

Flamanville 1 er octobre : il est urgent de tourner la page du fiasco du nucléaire

Stop a Flamanville

Golfech, Cattenom, Gravelines, Fessenheim, les incidents dans les centrales nucléaires se sont multipliées tout au long du mois de septembre. Les dernières expertises pratiquées sur le parc nucléaire français indiquent que 32 réacteurs sur 58 seraient défectueux. Vingt anomalies ont été identifiées sur des équipements destinés au réacteur de l'EPR de Flamanville en construction selon l'Autorité de sûreté nucléaire.

Malgré cette situation le gouvernement et EDF s'obstinent à vouloir prolonger la durée de fonctionnement des centrales nucléaires et à construire l'EPR y compris au risque de provoquer la faillite d'EDF avec le projet d'Hinkley Point.

Ça suffit, il est plus que temps d'arrêter cette folie ! Il faut organiser la sortie planifiée du nucléaire en arrêtant immédiatement le chantier de Flamanville et en commençant par fermer les réacteurs nucléaires les plus anciens. Au lieu de dépenser des milliards pour rafistoler des vieilles centrales mieux vaut les investir massivement dans la bifurcation énergétique de la sobriété et des énergies renouvelables.

Le Parti de Gauche sera présent au rassemblement à l'appel du Collectif Anti-Nucléaire Ouest ce samedi 1er octobre à Flamanville avec notamment Martine Billard, secrétaire nationale à l'écologie, Jean-Charles Lallemand secrétaire général et Karine Gualbert membre du secrétariat national.

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