Mardi, 28 janvier 2014

Quand l'abject rivalise avec l'irresponsabiité

Ci-après le communiqué du Parti de Gauche que j'ai rédigé aujourd'hui et envoyé aux médias. Je connais Samy Joshua depuis 1971, et si nos parcours politiques nous ont éloigné politiquement à certaines époques avant que nous nous retrouvions récemment au Front de Gauche, s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c'est l'absence de tout racisme chez lui. Aussi lorsque je suis tombée par hasard sur la dépêche AFP reprise notamment par Libération, je suis restée sidérée et écœurée. Comment une journaliste peut-elle écrire un tel papier ? A-t-elle conscience qu'il appelle de fait à dresser les uns contre les autres, arabes et juifs ? Et puis cela résonne tellement avec "parce que né juif". Et cette juxtaposition, trotskiste et juif comme si c'était encore pire. Non les mots ne sont pas innocents. Lorsqu'on en arrive à ne plus lire le positionnement des uns et des autres qu'en fonction d'une place ethnique et/ou religieuse qu'on leur assigne à partir d'un nom "à consonance étrangère" ou d'une supposée apparence physique, le désastre de société n'est pas loin. Serons-nous capable du sursaut qui nous permettra de retrouver l'époque où on se moquait de savoir d'où venait les uns et les autres, où nous étions tous camarades, unis dans la lutte vers le même but, l'émancipation.

A tout le moins l'AFP devrait présenter des excuses publiques à Samy.

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Samedi, 4 janvier 2014

Tenir des propos antisémites ne relève pas de la liberté d'expression, c'est un délit !

La conception de la démocratie républicaine ne peut être que tout propos est digne de débat. Tenir des propos racistes, antisémites, homophobes ou sexistes ne peut être accepté au nom d'une conception désincarnée de la liberté d'expression. De tels propos relèvent d'une construction intellectuelle consistant à classer les êtres humains en fonction de leur couleur de peau, de leur religion réelle ou supposée, de leur genre ou de leur orientation sexuelle. Il s'agit donc bien de rejeter de tels présupposés car le Parti de Gauche défend le principe que tous les êtres humains sont égaux en droits. En conséquence, pour nous le racisme et l'antisémitisme ne sont pas des opinions dont on pourrait rire dans des spectacles humoristiques ou débattre entre intellectuels de bonne compagnie. Ce sont des délits punis par la loi dans notre pays, lois que nous soutenons totalement.

Est-il besoin de rappeler que l'antisémitisme au cours des siècles a conduit à de nombreux massacres y compris dans les siècles récents sous forme de pogrom et jusqu'à la volonté d'exterminer les juifs portés par Hitler et les nazis. On aurait pu espérer que cette terrible histoire aurait porté un coup final à l'antisémitisme, malheureusement il n'en est rien et on peut encore mourir, y compris en France, parce que juif (Ilan Halimi, les enfants et le directeur de l'école Otzar Hatorah à Toulouse). Bien évidemment tous les antisémites et tous les racistes ne défendent pas forcément la théorie de la supériorité de la « race » blanche. Beaucoup sont racistes parce qu'ils cherchent un bouc émissaire à leurs difficultés au quotidien. Et le bouc émissaire changera selon les périodes et les lieux.

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Vendredi, 3 janvier 2014

Renforcer un Front de Gauche autonome tout au long de 2014

A la demande de l'Humanité Dimanche, ci-dessous le texte que j'ai écrit sur les défis de 2014 et qui est paru le 2 janvier 2014. Ce texte n'épuise évidemment pas la question mais était contraint par la taille demandée. Outre les défis indiqués dans cet article, il y en a bien d'autres comme la mobilisation contre la TVA, contre le Grand Marché Transatlantique, contre la poursuite de l'extension du travail du dimanche (j'y reviendrai), en solidarité avec les travailleurs en lutte contre les licenciements et les fermetures d'entreprises sans oublier les 5 de Roanne contre lesquels s'acharnent la justice et la manifestation à Nantes le 22 février contre la construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes que ce gouvernement s'obstine à vouloir construire.

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Vendredi, 27 décembre 2013

Le Front de Gauche : une ligne d'autonomie pour construire une alternative à gauche

Ces derniers jours les questions fusent de toute part : le Parti de Gauche veut-il rompre avec le Front de Gauche ? Il est pour le moins paradoxal que nous soyons interpellés sur ce sujet alors que dès l’origine nous nous sommes battus pour l’autonomie du FdG au premier tour des municipales.

Redonner espoir à toutes celles et ceux qui veulent une alternative à gauche, à ceux qui rejettent les politiques menées par ce gouvernement et se détournent de la politique, voilà l’objectif que nous poursuivons dans chaque élection. Ainsi le FdG a-t-il présenté des listes aux européennes de 2009, dans la grande majorité des régions aux régionales, des candidats aux cantonales, aux législatives et bien évidemment Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. C’est cette autonomie qui a permis qu’à côté de la soumission au libéralisme, existe une ligne forte de transformation écologique et sociale. C’est cette affirmation d’une stratégie constante d’autonomie liée à un soutien sans faille aux luttes sociales, environnementales et pour l’égalité des droits qui a permis de reconstruire de la confiance et d’entraîner 4 millions d’électeurs à la présidentielle. Lorsque le FdG a dénoncé le ralliement de François Hollande au diktat des politiques d’austérité, il en a unanimement tiré les conséquences en refusant d’aller au gouvernement.

C’est cette cohérence entre le discours politique et les actes qui est fondamentale pour rester crédible. C’est ainsi qu’on évitera la montée continue de l’abstention et du vote FN. Se ranger derrière le PS peut apparaître moins risqué pour avoir des élus à court terme, et encore, mais sur le moyen et long terme cela crée une situation de dépendance. Le PS l’a si bien compris que dans nombre de villes, il réduit déjà le nombre de places jugées éligibles qu’il propose aux communistes qui font ce choix. Oui, il y a des villes significatives dans ces municipales, comme le dit Luc Carvounas, sénateur-maire d’Alfortville et responsable des élections pour le PS : «Que les communistes acceptent de soutenir le maire sortant, qui est un proche de Manuel Valls, c’est un symbole». De même que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, ait joué de tout son poids pour que les communistes de Paris votent pour aller sur la liste du PS à Paris, n’est pas anodin. Nous regrettons ces décisions et espérons qu’au final il y ait plus de listes du Front de Gauche avec le PCF que de villes où il choisira de se ranger derrière le PS. Nous ne pouvons pas faire comme si tout cela n’existait pas car on ne peut pas changer de stratégie selon les élections et se plaindre ensuite que les électeurs ne nous suivent pas.

Des sections du PCF ont fait le choix du FdG dans plusieurs villes comme à Marseille, Lyon, Tarbes, Pau, Nice, Strasbourg, Lille, etc. Nous nous en réjouissons et sommes partie prenante de ces listes avec tous nos partenaires. Nous sommes bien sûr conscients des tensions et crispations que ces divergences engendrent. Des milliers de citoyens sont attachés à l’existence du Front de Gauche, ancré dans la réalité politique de notre pays et qui puisse constituer un pôle de résistance face à la déferlante libérale. Nous sommes convaincus que les élections qui viennent démontreront que l’autonomie est la seule démarche possible pour un Front de Gauche qui continue à ne rien lâcher face à la droite, l’extrême-droite et le social-libéralisme.

Mardi, 19 novembre 2013

Chili : premier bilan des élections

Quatre élections avaient lieu le même jour : présidentielle législatives sénatoriales : moitié du sénat régionales : pour la première fois les conseillers régionaux sont élus et non plus nommés

Rappel : au Chili le mandat présidentiel est de 4 ans non renouvelable consécutivement. Bachelet, présidente de 2006 à 2010 n'avait donc pu se représenter et c'est la droite avec Pineira qi avait gagné l’élection fin 2009. Le mandat de Bachelet avait été marqué par la non remise en cause de la constitution de Pinochet ni même d'aucun aspect du modèle ultralibéral du Chili. Confrontée à un mouvement lycéen mobilisé pour la gratuité de l'enseignement, elle avait d'abord réprimé avant de faire semblant de répondre aux revendications pour finalement ne rien faire. Elle est aussi responsable de la mort de plusieurs militants Mapuche, peuple du sud du Chili contre lequel elle n'avait pas hésité à utiliser la loi antiterroriste de Pinochet. Tout ceci explique le refus des milieux militants et d'une partie de la jeunesse scolarisée de voter Bachelet au 1er tour voir au second tant la défiance est grande après les promesses non tenues à l'époque.

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