Mardi, 4 décembre 2018

Le moratoire est une embrouille


Le premier ministre a donc annoncé ce matin un moratoire de 6 mois sur plusieurs décisions.

On peut déjà remarquer que la première conséquence est de repousser les décisions juste après les élections européennes qui auront lieu le 26 mai. C'est vraiment prendre les électeurs pour des abrutis.

Regardons plus précisément certaines de ces mesures :

  • gel des prix sur l'électricité et le gaz : là c'est l'embrouille totale. Précisons déjà que cela ne peut concerner que les tarifs réglementés donc ceux d'EDF pour l'électricité et Engie pour le gaz. Or lorsqu'un gouvernement précédent a voulu en faire de même, il a été confronté à un recours des opérateurs alternatifs d'électricité et a perdu. Ce sont les décisions 383 722 et 386 078 du Conseil d'Etat qui ont annulé le gel décidé à l'époque. En conséquence les consommateurs ont dû payer un rappel sur leur facture pour les années 2012-2013 et 2014-2015.

Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, si une société privée de gaz ou électricité introduit un recours il est vraisemblable que le résultat sera le même. Les français seront donc condamnés au rattrapage sur leurs factures.

Le Conseil d'Etat considère que les prix régulés ne sont pas conformes au droit européen. Encore une fois les traités européens avec leur concurrence libre et non faussée imposent des politiques antisociales aux pays de l'Union européenne.

  • suspension de l'augmentation de la nouvelle hausse de taxes sur les carburants prévue en janvier pour un coût d'environ 1,4 milliards d'euros (il était prévu que cette hausse rapporte 2,8 milliards par an)

Mais comment le gouvernement compte-t-il compenser cette perte de recettes ?

- Pas en rétablissant l'ISF, malgré les demandes répétées des gilets jaunes.

- Pas en transférant les 40 milliards d'exonérations de cotisations patronales prévues au budget 2019 par transformation du CICE vers la transition écologique, pourtant plus qu'urgente.

- Mais en baissant encore plus les dépenses publiques

- En annonçant qu'il fallait respecter les engagements pris à Bruxelles.

En résumé le gouvernement s'accroche aux politiques austéritaires de Bruxelles et essaie de tromper les français en reportant les hausses mais en annonçant déjà un recul des services publics alors que justement la révolte des gilets jaunes porte à la fois sur le pouvoir d'achat et sur la fermeture des services publics.

Jeudi, 29 novembre 2018

De la difficulté de choisir les candidates et candidats aux européennes

Toute force politique qui présente des candidat.e.s aux élections connaît bien la difficulté du choix provoquant souvent des claquages de portes.

Dans les partis traditionnels, cela se règle en général à coup de négociations entre les diverses tendances existantes, chacune essayant d'imposer ses candidat.e.s avec parfois des statuts qui prévoient une répartition à la proportionnelle, voire une instance nationale de négociation, la commission des candidatures, à partir de candidatures proposées à un échelon local.

La France Insoumise, n'étant pas structurée en parti avec tendances constituées, devait inventer un mode de désignation spécifique. La tâche a été confiée à un comité électoral majoritairement tiré au sort avec appel public à candidater sur la plateforme et sans présidence ni tête du comité comme j'ai pu le lire ici ou là. Chacun.e siège à égalité. Si le tirage au sort avait été truandé nous n'aurions pas eu la surprise de voir un de nos membres tiré au sort se répandre dans la presse contre le comité et contre la FI.

Nous avons privilégié le consensus, ce qui nous a amené à tenir beaucoup plus de réunions (12 souvent tout le week-end) que ce que nous avions prévu afin de ne pas trancher au forcing.

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Lundi, 22 octobre 2018

Le choix des mots ou les insinuations malveillantes de Libération

Le journal de Libération a donc mené l'enquête sur « le système Mélenchon » comme le proclame sa page de couverture du lundi 22 octobreI. 4 pages pourquoi ?

Le florilège revient à la page 3.

Un premier encadré : trois personnages clés de la campagne. Libération a donc découvert que dans une campagne présidentielle il y a un directeur de campagne, une directrice de la communication et une mandataire financière. Quelle trouvaille ! Rien que cela mérite un article !

Et les insinuations commencent.

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Mardi, 16 octobre 2018

Perquisitions à la France Insoumise

Ce matin des perquisitions se sont déroulées au domicile de Jean-Luc Mélenchon, au siège du Parti de Gauche et à celui de la France Insoumise ainsi qu'au domicile de plusieurs militants. Soit au total 10 perquisitions simultanées !

Ces perquisitions ne se sont pas déroulées dans le cadre d'une enquête préliminaire à la demande d'un juge judiciaire, mais à la demande du parquet. Rappel : contrairement à ce qu'a indiqué le premier ministre à l'assemblée nationale en réponse à Jean-Luc Mélenchon, le parquet n'est pas une autorité judiciaire indépendante. Il est soumis directement au ministère de la justice.

C'est sans précédent contre un parti politique et un président de groupe parlementaire.

C'est un arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) qui le dit en novembre 2010 en condamnant la France en pour manque d’indépendance des magistrats du parquet.

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Mercredi, 9 mai 2018

Mai 68 : le début de 50 ans de militantisme politique

En mai 1968 je suis âgée de 15 ans et demi et élève de première C (mathématiques) au lycée Marie-Curie à Sceaux. C'est un lycée de jeunes filles (2500 élèves en 1958), la majorité des lycées de l’époque n'étant pas mixte.

Le système éducatif est alors très différencié socialement.

Jusqu'en 1959, les cours complémentaires annexés aux écoles primaires permettent à quelques enfants des milieux populaires, notamment des jeunes filles, de dépasser l'enseignement primaire à une époque où seuls les enfants de la bourgeoisie, à l'exception de quelques boursiers, ont accès à l'enseignement secondaire. En 1959 l'examen d'entrée en 6ème est supprimé et la scolarité obligatoire passe de 14 ans à 16 ans.

Puis sont créés les CEG (collège d'enseignement général) où vont très majoritairement les élèves des classes populaires. Ils peuvent sortir avec le certificat d'études à 14 ans ou s'ils sont bons élèves aller jusqu'en 3ème où ils passent le brevet élémentaire. Ce brevet permet d'entrer dans la vie active notamment dans le secteur des services qui commence à se développer (banques, assurances). Passer du CEG au lycée est alors très difficile. En 1970, il y a encore 67% des enfants d'ouvriers qui arrêtent leurs études avant 15 ans.

Il y a 1 100 000 élèves dans le secondaire en 1950, 2 628 000 en 1960 et 4 654 000 en 1970.

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