Pollution par l’aviation : le Parlement européen se rebiffe

Pour une fois, l'impression que cela avance, même si on aimerait toujours aller plus vite. La planète va mal, le réchauffement avec ses dérèglements climatiques va beaucoup plus vite que ce que les scientifiques avaient imaginé. Il n'y a qu'à voir la fonte des glaciers de l'antarctique. Alors quand des petits pas sont faits, il faut se féliciter.



Ainsi, pour Alain Lipietz, eurodéputé français du Groupe des Verts/ALE, "en renforçant la directive proposée par la Commission de Bruxelles pour intégrer l’aviation dans le système européen des quotas d’émission de gaz à effet de serre, le Parlement européen vient de faire un pas important dans la lutte de l’Humanité pour se sauver de ses propres excès".

Jusqu’ici, l’aviation échappait à tout quota ou écotaxe, et, depuis 1990, a doublé sa contribution à l’effet de serre, tandis que l’Europe s’est engagée à réduire la sienne de 8% ! La Commission européenne a décidé de l’intégrer dans son système de quotas mais le Parlement vient d’apporter quatre renforcements majeurs, sans suivre malheureusement toutes les propositions de sa commission Environnement :

  • Le quota total distribué annuellement aura pour base 90% de la pollution moyenne 2004-2006, et devra ensuite diminuer, comme celui des autres secteurs, alors que la Commission faisait « cadeau » à l’aviation de sa dérive depuis 1990.
  • Ces quotas seront au moins pour 25% vendus aux enchères, et non pas distribués gratuitement aux compagnies aériennes déjà installées. « La vente des quotas permettra de baisser d’autres impôts, et les jeunes compagnies auront un espace pour se développer », a commenté Alain Lipietz, rapporteur pour la commission Economique et monétaire.
  • Dès 2011, cette décision s’applique à tous les avions décollant ou se posant dans l’Union. Le Parlement n’a pas cédé aux menaces des deux superpuissances polluantes, les Etats-Unis et la Chine.
  • Une limite stricte est mise au droit des compagnies aériennes d’acheter les quotas des autres secteurs ou ceux du Tiers-monde.

Détail : le Parlement a refusé de dispenser les voyages officiels de ces mesures. « Les Chefs d’Etat et les ministres doivent donner l’exemple de la sobriété et arrêter de prendre l’avion pour un oui ou pour un non afin de se faire filmer aux 4 coins de la planète » a expliqué Alain Lipietz.