- pour créer les logements qui manquent ? Ce problème du logement ne peut se résoudre seulement à l’échelle de Paris.

- pour créer des m² de bureaux ? mais Paris a-t-il besoin d’attirer plus d’emplois. Beaucoup répondent oui, puisqu’il y a un taux de chômage élevé à Paris. Malheureusement cela ne fonctionne pas de façon aussi automatique. Le marché du travail n’est pas strictement intra-muros. La preuve, il y a aujourd’hui dans Paris beaucoup plus de postes de travail que de parisiens actifs (donc hors scolaires, retraités ou dans l’impossibilité de travailler pour cause de handicap trop lourd). Paris n’est pas une île isolée, ses échanges avec la région IDF et même parfois plus loin sont intenses en terme d’emplois. La création de plus de bureaux n’a donc que très peu d'incidences sur le nombre de chômeurs parisiens. Elle a par contre des conséquences très nettes en terme de hausse des déplacements urbains dans toute l’Ile de France. Or vu les enjeux climatiques et énergétiques, il vaut mieux réduire ces déplacements et donc implanter les lieux de travail près des zones d’habitat.

- Pour faire un geste architectural ? Je suis sensible à ce souhait de ne pas concevoir Paris uniquement comme un lieux de sauvegarde du passé, sans construction moderne. Mais quel rapport avec des tours ? Les esquisses présentées aujourd’hui montrent surtout des mastodontes. Alors oui à des gestes architecturaux, pour ma part même exceptionnellement plus haut que les 37 mètres, je pourrais accepter. Mais à quand une nouvelle tour Eiffel, ou une nouvelle pyramide du Louvre (même si elle est bien plus basse que les 37 mètres) ? Mais pas des tours Montparnasse ou Jussieu, version 21ème siècle.

Oui, il faut résoudre la question du logement, mais à l’échelle de l’Ile-de-France et en évitant l’étalement urbain par une reconcentration dans la périphérie proche car Paris même est déjà très dense. Construire des tours ne règle rien, car cela entraine des espaces vides entre tours et au final la densité de population au m² n’est pas plus importante qu’avec des immeubles de 37 mètres bien conçus et pouvant eux être contigus comme nous le voyons dans nos rues de Paris. Les quartiers de tours comme Massena dans le 13ème arrondissement, Beaugrenelle dans le 15ème, Place des Fêtes dans le 19ème etc . posent suffisamment de problèmes d’entretien et/ou de mal vivre pour que la requalification des quartiers limitrophes avec la banlieue soit pensée autrement qu’en érigeant un mur de tours mais plutôt en réfléchissant à l’effacement de cette barrière qu’est le périphérique.