En effet, malheur aux élèves moyens de nos quartiers qui se sont parfois retrouvés envoyés partout dans Paris parce que de meilleurs élèves venus d'autres quartiers leur ont été préférés par les lycées.

On est donc loin de la vision idyllique présentée par le Ministère.

Sur le même sujet, j'écoutais ce matin un débat sur France Info entre Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération et Sylvie Pierre-Brossolette, rédactrice en chef du magazine Le Point. Lorsque Laurent Joffrin a cité l'expérience positive de carte scolaire contraignante de la Finlande, Sylvie Pierre-Brossolette a eu ce cri du coeur : "mais il n'y a pas beaucoup d'immigrés en Finlande". Ainsi nous aurons appris ce matin que selon cette journaliste, s'il y a des problèmes dans les lycées français, c'est la faute des immigrés. Bizarre, car le nombre de primo-arrivants en lycées généraux est infime. Alors que voulait-elle dire ? J'ai bien peur de comprendre. Pour elle, il y a trop de lycéens "basanés". Serait-ce un délit de faciès ? Je crois que c'est surtout l'expression d'un rejet de classe. Et oui, les familles de travailleurs pauvres dans notre pays, et spécialement dans nos grandes agglomérations, sont souvent des familles originaires d'autres pays. Mais pendant combien de générations, reste-t-on "immigré" ? De nouveau, un goût amer ce matin en écoutant la radio.