Au 1er janvier 2008, il ne sera plus possible de fumer à l'intérieur des cafés, bars-tabacs, discothèques, casinos et restaurant, sauf dans des pièces spécialement aménagées avec une puissante ventilation. Cette mesure de santé publique mérite d'être saluée, d'abord du point de vue de la santé des personnels de ces établissements, et ensuite du point de vue de la santé des clients.

Le décret initial prévoyait comme seule exception les terrasses en plein air ou au moins ouvertes sur toute leur façade. La ministre de la Santé, pourtant ex-ministre de l'Environnement, a assoupli le décret. Il suffira désormais que l'un des côtés d'une terrasse couverte soit ouvert pour que fumer reste autorisé. Outre le recul en matière de santé publique que cela représente, c'est une véritable incitation à chauffer les terrasses, dans un contexte de concurrence exacerbée pour garder la clientèle des fumeurs invétérés. Les fournisseurs de ces matériels estiment que deux radiateurs sont nécessaires pour 12 m2. Ce sont généralement des radiateurs à bonbonne de gaz, éventuellement complétés par des radiateurs électriques à infrarouge. Le rendement énergétique est catastrophique, l'essentiel de la chaleur produite servant à chauffer la rue !

Jacques Boutault, Charlotte Nenner et le groupe des Verts au Conseil de Paris avaient d'ailleurs déposé un voeu les 26 et 27 mars dernier, visant à "instaurer une pollu-taxe pour les exploitants de restaurants et bars recourant au chauffage au gaz des terrasses ouvertes."

Le peu d'enthousiasme des autres élu-e-s de gauche avait montré que, de la prise de conscience aux actes, une évolution est encore nécessaire de ce côté. Mais la décision de la ministre de Sarkozy prouve que c'est encore bien plus grave du côté de l'UMP. Le Grenelle passé, que reste-t-il des bonnes intentions ?