Deux annonces nouvelles : l'emprunt (mais de combien ? destiné à qui ? quelle rémunération attendre ?) et la construction de prisons.

Globalement, une fois de plus, le président a expliqué aux Français qu'il était le seul à réformer et que personne ni à droite ni à gauche ne l'avait fait avant lui. Et dans la foulée, qu'il allait continuer et même accélérer la casse sociale entreprise ces dernières années. Comme toujours, Sarkozy n'hésite pas à faire appel à des références historiques qui symbolisent le progrès social pour mieux les réduire à néant. Ainsi, il ne se gène pas pour s'approprier le Conseil national de la résistance, tout en annonçant la remise en cause de l'âge de départ en retraite.

De même, il n'a pas hésité à verser dans le populisme en parlant de la réforme des collectivités locales qui serait indispensable du fait du coût que représente le trop grand nombre d'élus ! Quand on voit comment Sarkozy augmente régulièrement le budget de l'Élysée, sans se soucier des finances publiques, il y a de quoi s'interroger sur la sincérité de ses propos. Oui, il faut réformer et réduire l'empilage des structures avec leurs 36 000 communes, les intercommunalités, les départements, les régions, et clarifier les domaines de compétence et les responsabilités. Il en va d'une meilleure réactivité, d’une plus grande efficacité et d'une bonne gestion financière. Mais donner comme argument phare la réduction du nombre d'élu, c'est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette.

D'une manière générale, ce discours a un goût de plat réchauffé pour la énième fois, comme le passage concernant les jeunes qui quittent leur scolarité sans diplôme. Mais alors, depuis sept ans, qu'a donc fait la droite au pouvoir ?

Ses propos sur l'écologie étaient, eux aussi, attendus, puisque selon ses dires il n'aurait pas attendu les Verts pour s'en occuper. Nous n'avons pas été déçus du voyage !

Après avoir affirmé que « la révolution écologique va transformer notre mode de production et de consommation », que « rien ne sera plus comme avant », il nous a annoncé tranquillement qu'il fallait « produire plus, pour consommer plus ! » Pitié pour la planète ! Non, il ne faut pas globalement produire plus. Il est indispensable de mieux répartir les richesses, de supprimer les gaspillages de toute sorte, de pratiquer la sobriété énergétique.

Comment faire en conservant le système capitaliste productiviste fondé sur l'expansion sans limite de la production et de la consommation ? C'est à cette question que l'on attend d'un président de la République qu'il donne des réponses. Mais il en est bien incapable, en bon représentant du système et du pouvoir de l'argent qu'il défend.

Nous n'attendons pas de ce président qu'il soit capable de fixer un cap en ce sens, un cap qui propose de tourner le dos au capitalisme fossoyeur de la planète et créateur de toujours plus d'inégalité.