Les maires de ces différentes villes, et à Tremblay, François Asensi, que je connais pour souvent discuter avec lui à l'Assemblée, se battent pied à pied pour empêcher que leurs villes dérivent totalement.

Quant à la majorité des médias, cela ne les intéresse que s'il est possible de faire un reportage bien sensationnaliste garantissant un bon audimat. Toute personne ayant régulièrement des contacts avec les médias le sait : pour qu'un sujet intéresse, il faut un fait nouveau et marquant. Mais pour une cité populaire, ce fait nouveau ne peut pas être la réussite de telle ou telle activité, le nombre de reçus au bac, etc. Cela ne peut être qu'en lien avec des faits délictueux. Étonnez-vous après que les journalistes ne soient pas toujours bien vus dans ces quartiers !

Pour les chauffeurs de bus interviewés, il est certain que ce reportage télé a créé un climat dans lequel se sont inscrites, les jours suivants, les attaques contre les bus desservant la ville.

Furieux de cette situation et sur la base de témoignages d'habitants ayant mis en cause le tournage du reportage et provoquant une plainte d'Emmanuel Chain contre lui, François Asensi, a décidé de poursuivre TF1 en justice.

En riposte, jeudi soir, Emmanuel Chain sur le plateau de Canal + dans l'émission du Grand Journal, a osé dire que ce maire niait la réalité du trafic dans sa ville et n'était pas digne d'être un élu de la République !

C'est inadmissible !

De quel droit Emmanuel Chain peut-il donc se permettre de tenir de tels propos à l'encontre de François Asensi ! J'attends avec impatience les réactions de la profession devant une telle assertion, surtout après les réactions indignées des journalistes à propos de l'incident entre Jean-Luc Mélenchon et un étudiant en journalisme.

Tous ces maires des villes où certains quartiers ont des taux de chômage avoisinant les 40%, ont bien du courage car ils le font souvent en ayant l'impression que les pouvoirs publics s'intéressent peu à ce qui se passe tant que le couvercle de la marmite n'explose pas. Et ils sont les premiers à être désespérés du peu de réaction et de soutien de l'État. Ainsi, François écrit sur son blog:

"Ces trafics portent atteinte à la liberté d’aller et venir des habitants, leurs vies mêmes sont contrôlées. Elles représentent une pression physique et morale insupportable à des populations qui subissent de plein fouet la crise économique et sociale. Je félicite les policiers du commissariat de Villepinte qui ont, ce jour, réussi une opération de grande envergure, dans un de ces lieux de trafic. Les Tremblaysiens ont droit à tous les services publics, y compris à ceux de la police et de la justice." ou encore "La jeunesse de notre département, parfois en situation de grande fragilité sociale, mérite un investissement massif de l'État, condition indispensable à l’égalité des chances."

Entre un journaliste donneur de leçons et un maire courageux, mon choix est sans équivoque, je suis aux côtés de François Asensi.