Joyandet, Blanc... et les autres ?
Lundi, 5 juillet 2010, 12:34 - Coup de gueule - Lien permanent
Après Christine Boutin,
obligée de renoncer à sa mission peu convaincante sur la
mondialisation mais quand même rémunérée à hauteur de 9500 euros
(quel Parisien n'a pas fait le parallèle avec le fameux rapport
Xavière Tiberi ?).
Après les ministres obligés de renoncer à cumuler leurs indemnités avec leur retraite de parlementaire, Alain Joyandet (avion privé et permis de construire illégal) a décidé de jeter l'éponge, entraînant dans sa chute Christian Blanc, l'amateur de cigares aux frais de la République.
Interdiction de cumul ministre-mandat électif
En réalité à chaque fois, il s'agit de dresser un écran de fumée devant des situations encore plus inadmissibles. Dans un billet précédent, je donnais la liste des ministres cumulards : sur 40, 25 ont au moins un mandat électif local dont 7 ont ajouté à leur précédent mandat celui de conseiller régional. Peut-on sérieusement être maire, conseiller régional et ministre ? Ainsi en renonçant au cumul indemnités de ministres et retraites de parlementaires, ils sont sauvé leur cumul ministre-élu qui est pourtant encore plus scandaleux car en plus du cumul d'indemnités, ils ne remplissent pas à temps plein le mandat qui leur a été confié au nom du peuple français.
De la même façon, la démission accélérée des deux secrétaires d'État a pour seul objectif d'atténuer la colère montante du peuple pour sauver le soldat Woerth et mener à bien la scandaleuse réforme des retraites.
Des mélanges UMP-finances
Les affaires Bettencourt et Wildenstein
révèlent un aspect fondamental de ce gouvernement, la consanguinité
pouvoir-argent. La photo du Fouquet's le soir de l'élection de
Nicolas Sarkozy résume finalement très bien ce qu'est ce
gouvernement : pas celui du "travailler plus pour gagner plus",
slogan qui n'a servi qu'à tromper le peuple et à l'endormir. Mais
celui du "amasser toujours plus d'argent pour payer toujours
moins d'impôts".
Quand le ministre du budget, Eric Woerth, est en même temps le trésorier de la formation politique au pouvoir et chargé de récolter des fonds pour son parti auprès des français les plus fortunés dans et hors de France, comment peut-on imaginer que c'est le même ministre qui va mener de façon impartiale la lutte contre l'évasion fiscale et contre la fraude fiscale ? Ajoutez à cela l'épouse du même ministre chargée d'optimiser (c'est à dire en fait d'utiliser toutes les ficelles légales inventées par son ministre de mari pour payer le moins d'impôt possible) l'une des premières fortunes de France. Terminez avec le bouclier fiscal, mis en place par la même majorité UMP, et vous avez un chèque de 30 millions d'euros rétrocédés à Liliane Bettencourt, une somme qui pour elle ne représente que de l'argent de poche lorsqu'on sait qu'elle peut donner 1 milliard d'euros uniquement par amitié. Pendant ce temps, 3,4 millions de salariés (soit 14,5 % des salariés) ne perçoivent que le Smic (1056,24 euros net mensuels), dont 1/3 ne le perçoivent qu'à temps partiel. 30 millions rendus à Liliane Bettencourt c'est 2367 années de Smic pour un salarié !
Qu'on ne vienne pas ensuite nous expliquer que le bouclier fiscal a été mis en place pour éviter aux 0,1% français les plus riches de s'expatrier. Tout cela n'a pas empêché Liliane Bettencourt de pratiquer l'évasion fiscale, tout comme Daniel Wildenstein (3 milliards dissimulés au fisc). Or l'héritier de la fortune Wildenstein, Guy, est aussi l'un des fondateurs de l'UMP, et l'un de ses mécènes attitrés, ainsi qu'un ami d'Éric Woerth. Tout cela commence à faire beaucoup, et l'image d'homme honnête d'Éric Woerth est drôlement brouillée lorsque ressortent ses amitiés de la fin des années 80 avec Louise-Yvonne Casetta (autrement dite la cassette du RPR) et Jean-François Mancel, tous deux ayant eu de sérieux ennuis judiciaires. Voir l'article sur Médiapart !
Visiblement Éric Woerth a des amitiés sulfureuses lorsqu'il s'agit de faire rentrer de l'argent dans les caisses du parti dont il est membre !
Révolution citoyenne
Alors oui, il faut un bon coup de
balai, qu'ils s'en aillent tous, qu'on en finisse avec la 5e République, avec cet omni-président dont le seul slogan est "tout
le pouvoir au fric". On a bien besoin d'une nouvelle nuit du 4
août : après l'abolition des privilèges de naissance, il faut
abolir les privilèges de caste et d'argent.
Et continuer à se mobiliser pour le retrait du projet de réforme des retraites.
Que ceux qui nous parlent à longueur de journée de nécessité de prendre des risques, de faire des sacrifices, commencent par donner l'exemple : dès maintenant, fin des cumuls, suppression du bouclier fiscal et de toutes ces réformes qui depuis 2002 n'ont pour seul objectif que de donner toujours plus à ceux qui ont déjà tout.
Photo 1 Flickr CC Ambient ideas
Photo 2 Flickr CC alancleaver_2000
Photo 3 Flickr CC Tim & selena middleton
