Woerth peut bien mettre en avant le Parlement pour tenter de légitimer la contre-réforme des retraites, face aux mobilisations sociales. Ce n'est qu'un mensonge de plus, car c'est un Parlement piétiné par l'exécutif qui vient de se prononcer. Rien n'aura été épargné aux parlementaires pour assurer le passage en force en temps voulu par l'Élysée. Si le vote a bien eu lieu au Sénat hier et à l'Assemblée cet après-midi (336 "pour", 233 "contre"), à temps pour sauver l'agenda médiatique de Sarkozy, c'est grâce au "temps guillotine" et au non-respect du Règlement de l'Assemblée en septembre, et au recours au vote bloqué au Sénat la semaine dernière. Hier, nous avons appris le matin que l'ultime débat prévu aujourd'hui était avancé d'un jour, chamboulant les agendas. Des fois qu'il dure un peu trop ?

Cela n'a pas empêché Roland Muzeau de défendre une motion de rejet préalable au nom du groupe GDR. Voici mon explication de vote sur cette motion (je disposais de deux minutes !).





La motion a été rejetée et la loi votée, mais elle n'est pas encore promulguée ! Rendez-vous dès demain dans les manifestations !

(à Paris, départ à 13h de la place de la République vers Saint Augustin, par les Grands Boulevards)

Commentaires

1. Le Samedi, 6 novembre 2010, 19:33 par Jean-Christophe Monnard

grève ou votation ?

Madame le député.

Le droit grève et le droit de manifester pacifiquement librement sont fondamentaux. Les manifestations ont une utilité certaine pour mobiliser l'opinion et les militants, montrer l'importance que l'on accorde à la cause pour laquelle on manifeste.

Maintenant, ce n'est pas en démocratie, à la rue de décider, mais au peuple souverain, ou qui devrait l'être.

Des questions importantes comme celle de la réforme des retraites, de la privatisation des services publics, comme la poste, d'entreprises publiques
comme EdF ou la SNCF, la départementalisation d'un territoire contesté
internationalement (Mayotte), le département basque, l'immigration, etc .,
devraient passer par une votation ou un référendum sur le modèle helvétique.
(Référendum qui devrait être respecté par la classe politique, dans un pays normal !)

Une telle procédure de votation populaire est maintenant possible en France
Il faut 1/5 des voix des députés et 1/10 des électeurs qui signent une pétition.

Comme la réforme des retraites est rejetée par les partis d'opposition, et par 71 % des français. Pour les grandes centrales syndicales et les partis d'opposition, ces conditions sont donc accessibles.

Plutôt que des grèves coûteuses, ne serait il pas plus démocratique et efficace de lancer une telle procédure pour contester cette réforme, et même en proposer une autre ?
Personnellement, chaque journée de grève pèse sur mon budget familial. De plus, je soupçonne le gouvernement de bien se satisfaire de ne pas nous payer (je suis fonctionnaire), tout en appréciant volontiers de voir les services publics dégradés.

Participer à une votation de type helvétique me conviendrait bien
mieux, à la fois d'un point de vue moral et civique, et d'un point de
vue économique.

2. Le Lundi, 8 novembre 2010, 16:22 par Martine Billard

Vous avez raison de souligner le fait que la grève coûte, souvent beaucoup, aux grévistes.

Le Parti de Gauche réclame, avec beaucoup d'autres, un référendum sur cette contre-réforme des retraites. Vous pouvez vous joindre à la pétition en ligne lancée à l'initiative de l'hebdomadaire Politis sur ce site

Mais le référendum d'initiative populaire que vous évoquez n'est pas encore une réalité en France. La possibilité ouverte par la dernière réforme constitutionnelle attend toujours une loi organique, nécessaire à sa mise en œuvre, mais toujours pas à l'ordre du jour du Parlement. Et encore, le texte de la réforme constitutionnelle laissera la possibilité à la majorité parlementaire de court-circuiter la demande de référendum. Une fois de plus, Sarkozy a communiqué à ce sujet, mais il n'est pas pressé d'agir réellement - trop risqué pour son pouvoir personnel !

Martine Billard