Non Jean-Luc Mélenchon n'a jamais utilisé le mot « boche » pour parler des allemands : ce sont les frères Cohn-Bendit qui utilisent ce mot : Gaby hier dans le journal Libération, Dany aujourd'hui sur RTL, ce qui est totalement inadmissible. Que ma grand-mère, en tant que Champenoise ayant dû fuir l'invasion allemande de 1914 puis en 40-45 vivre l'occupation par l'armée nazie, ait pu l'employer, cela peut se comprendre par les souffrances subies. Mais que des hommes politiques d'aujourd'hui le fassent est inexcusable.

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Pour appuyer cette accusation invraisemblable, Dany se targue d'avoir lu le livre de Jean-Luc. Alors, soit c'est faux et il ne fait que reprendre un courriel mensonger circulant en interne d'Europe Écologie, soit il n'a pas lu la totalité du livre. Ce livre contient une cinquième partie intitulée « Faire une autre paix ». On y trouve notamment l'idée que la question de la paix a malheureusement disparu des discours politiques en France (j'ajouterai sauf à l'occasion des cérémonies comme celle du 11 novembre, encore que ce ne soit hélas pas le cas de tous les discours). Mais aussi que l'éclatement de la Yougoslavie a été « le révélateur des forces obscures qui traversent l'espace européen et le monde » et les « inégalités économiques et politiques ont été reformulées dans le vocabulaire d'une guerre de religion » puis « brassées dans le remugle du nationalisme le plus archaïque » synthétisé ensuite dans l'expression « choc des civilisations ».

Aussi pour Jean-Luc « l'Europe va au devant de secousses internes. Leur onde de choc doit être maîtrisée. La relation entre Français et Allemands est toujours, pour finir, le point sensible où s'infectent toutes les fièvres ».

Ce qui explique ce qui était écrit quelques paragraphes auparavant et qui n'est évidemment pas cité par les frères Cohn-Bendit, car cela démonte toutes leurs accusations et montre par contre toute leur mauvaise foi : « Les gargarismes sur le couple franco-allemand doivent céder la place aux réalisations concrètes. Construire des relations étroites avec les Allemands, c'est un devoir permanent de notre pays. Et chacun doit s'y atteler à la place qu'il occupe. » p. 118

Voilà qui réduit à néant les accusations invraisemblables de tous ceux qui cherchent à faire passer Jean-Luc Mélenchon pour un anti-allemand primaire.

Il y aurait pourtant des débats intéressants à avoir sur les propositions contenues dans le livre comme par exemple le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, le désarmement nucléaire, la sortie du nucléaire, la planification écologique et la relocalisation pour lutter contre le réchauffement climatique. Sans parler des propositions autour de la révolution citoyenne ou du revenu maximum.

Dany Cohn-Bendit va jusqu'à estimer que le Président du Parti de Gauche tient un discours qui "va même labourer sur les terres du Front national" . Après des propos similaires de Jean-Paul Huchon dans l'Express, après Manuel Valls osant dire que Jean-Luc Mélenchon est un danger pour la démocratie, peut-on laisser ainsi insulter un militant et un dirigeant de gauche qui s'est toujours battu contre le Front national, contre le racisme et contre l'antisémitisme ?

J'en appelle à tous les militantes et militants Verts, à tous les militantes et militants de gauche : la polémique politique est saine et utile en notre sein à condition qu'elle reste dans le cadre du respect politique et qu'elle permette au final de mieux porter la bataille contre l'extrême droite et contre ce gouvernement d'injustice sociale, de mépris démocratique et de régression écologique. Elle est mortifère si elle verse dans des insultes délétères.

Il n'est pas possible d'un côté de demander le soutien du Parti de gauche pour les élections locales (notamment cantonales à venir) et nationales et de l'autre d'insulter tous ses militants au travers de la personne de son président en le traînant dans la boue.