Le Parti de Gauche tenait son Bureau national et son Conseil national à la fin de la semaine dernière. La discussion du BN a porté sur la crise européenne et la question de l'euro. Cela nous a permis de clarifier les motifs d'une non sortie de l'euro et débouchera sur une résolution pour notre Conseil national d'avril. Puis, le CN portait sur l'élection présidentielle de 2012 incluant le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche.

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Cette déclaration de candidature a provoqué des réactions, pour certaines convenues, pour d'autres plus surprenantes.

L'élection de Marine Le Pen comme présidente du FN, amène toutes les bonnes âmes à appeler à retirer toutes les candidatures autres que du PS à gauche. Or, si aujourd'hui tant de nos concitoyens s'abstiennent, c'est bien parce qu'ils ont l'impression de ne plus trouver de réponse à leurs préoccupations. Ne leur proposer au vote que de continuer dans la voie de l'ultralibéralisme accompagné de mesures sécuritaires ou de voter pour un projet flou à gauche, ne va pas faire reculer l'abstention.

Aujourd'hui nous ne savons pas quel sera le candidat du PS, sur quel programme. Il faut bien voir que si c'est pour appliquer la politique du FMI comme en Grèce ou en Irlande, le résultat risque d'être un vote FN la fois suivante.

De plus, considérer aujourd'hui qu'un haut score du FN est inéluctable est invraisemblable. C'est une position totalement défaitiste. Pire, certains dirigeants socialistes, n'hésitent pas à faire l'amalgame entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, banalisant ainsi le Front National. Ils font un trait d'égalité entre un militant qui s'est toujours battu contre le fascisme, la xénophobie, le racisme et un parti, le FN. Ce dernier a pour seul projet de diviser les habitants de notre pays, Français contre non Français, et même entre Français selon l'origine supposée, la couleur de peau, la religion. L'objectif du FN est clair : faire oublier la différence d'intérêts entre les actionnaires, les hyper-riches de notre pays et les salariés – toutes celles et ceux qui n'ont que leur bras ou leur intelligence comme patrimoine. Nous sommes à 16 mois de l'élection présidentielle. C'est justement notre responsabilité, à nous gens de gauche, de convaincre nos concitoyens, d'abord d'aller voter et ensuite de voter pour un projet alternatif à gauche.

Soyons clairs, au Parti de Gauche, nous voulons virer Sarkozy et l'UMP du pouvoir, car nous savons que sinon les conséquences pour notre pays seront dramatiques. Mais pour cela, il ne suffit pas d'agiter l'épouvantail FN.

Nous voulons donc relever le défi de faire reculer l'abstention, de faire reculer le vote FN en construisant un projet d'espoir qui montre qu'une radicalité assumée est possible – une autre répartition des richesses, une planification écologique, la convocation d'une constituante.

Dans ce cadre, nous sommes pour une candidature du Front de Gauche à la présidentielle car nous pensons que c'est le Front de Gauche qui peut plus que tout convaincre les électeurs des classes populaires d'aller voter.

Pour que le Front de Gauche soit un élément de rassemblement, d'élargissements, d'entraînement, il faut qu'il n'apparaisse pas comme uniquement l'expression d'un seul parti politique, même si ce parti a une longue histoire pour lui, de nombreux militants et de nombreux élus.

C'est dans ce cadre que le PG soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Aussi je vous propose de vous joindre à nous en apportant votre signature à la liste d'appui.