Le PS peut être satisfait d'avoir obtenu le ralliement d'Europe Écologie à sa conception de l'austérité à gauche puisque aucune critique n'est émise, le positionnement sur les politiques d'austérité est d'ailleurs le grand absent. Ce même week-end, la personne en charge des questions économiques dans l'équipe de campagne de François Hollande annonçait 50 milliards d'économies budgétaires supplémentaires nécessaires dont la moitié par réduction des dépenses (ce qui veut dire de fait acceptation de ce qui a déjà eu lieu). De plus, alors que le Parlement vient de voter un budget de la Sécu en hausse de 2,8% mais qui sera en fait ramené à 2,5% dans les jours qui viennent, la même personne annonçait encore qu'il fallait aller au delà dans la réduction des dépenses de santé. Notre système de santé se dégrade pourtant toujours plus de jour en jour.

Le retour à la retraite à 60 ans est limité à celles et ceux qui auront le nombre d'années cotisées. Mais combien ? 40, 41, 42 ? Rien n'est dit. Le chapitre sur la santé est affligeant : il se contente de vouloir remédier aux effets pervers de la tarification à l'activité (la T2A, pas surprenant puisque les parlementaires PS l'avaient votée), il ne remet pas en cause la convergence tarifaire entre secteur public et secteur privé. Seul le forfait à un euro est remis en cause, pas les autres, et les dépassements d'honoraires ne sont pas évoqués. Ils sont pourtant durement ressentis par l'immense majorité des malades.

La 6e république a disparu (à quoi ont servi les 17% de Montebourg ?), et la nième promesse sur la proportionnelle (déjà présente en 1997) est toujours aussi floue. En 2002, la tentative d'obtenir le dépôt d'une proposition de loi commune avait échoué.

En bref les mesures modérées proposées par le PS sont à peu près précisées. Mais des formules d'un flou absolu permettent de faire croire à EELV qu'ils ont obtenu des avancées. La caricature en est la conférence de consensus proposée pour trancher les politiques migratoires alors que dans le même temps, Europe Écologie se permet de railler le Front de Gauche et sa proposition de référendum sur le nucléaire. Avec le référendum, il est encore possible de convaincre de voter pour la sortie du nucléaire. Avec l'accord, cette sortie est abandonnée.

J'ai un désaccord total avec les propositions sur l'Europe qui proposent "un renforcement du fédéralisme pour les États européens, c'est à dire une intégration budgétaire et une coopération économique accrue au sein d'un groupe pionnier d'États euro-volontaires". Mais pour quelle politique, pour poursuivre les politiques d'austérité et leurs diktats contre les droits sociaux ? De quelle façon ? "les parlements nationaux devront être régulièrement consultés". Quelle bonté, heureusement que c'est précisé !

Au final, on retiendra que pour le PS et EELV, la participation citoyenne, au travers de processus de primaire, apparaît indispensable pour le choix des personnes, mais que l'accord sur le projet est secondaire et peut se dérouler dans le secret et la tambouille des états majors. Drôle de conception qui fait primer la personnalisation sur le fond politique. Ce n'est ni celle du Parti de Gauche ni celle du Front de Gauche.