J'avais évoqué la semaine dernière, dans ce billet, mon courrier au préfet de police, suite aux problèmes rencontrés par les militants qui vendaient l'Huma Dimanche rue Rambuteau. Le préfet a promptement répondu, me faisant même faxer son courrier dès vendredi.

Tout en donnant quelques éléments de droit susceptibles de justifier l'attitude des policiers, il renvoie à "leur propre appréciation" et leur "initiative". Cette prise de distance est complétée par la reconnaissance "qu'une solution autre que celle mise en œuvre par les policiers intervenant aurait dû prévaloir". Avec en conclusion l'annonce d'un rappel à l'attention des effectifs de police concernant "la nécessité de faire preuve de souplesse et de discernement" en cas d'intervention "pour un rassemblement de nature politique."

Un point retient mon attention : le préfet reconnaît que les policiers ont été "incités à se rendre sur les lieux à la suite d'une observation vidéo laissant penser à un rassemblement." Mais alors, le système de vidéosurveillance ne permet pas d'identifier et de comprendre ce qu'il se passe réellement sur la voie publique ? Et il peut même aisément être détourné de ses objectifs affichés de lutte contre la délinquance pour des buts moins avouables ? Que reste-t-il de l'argumentaire développé pour faire passer le plan de vidéosurveillance ? Cela vaut bien la peine de déplacer un Premier ministre à l'occasion de son lancement !