Grâce à la mobilisation des faucheurs d'OGM et ses scientifiques lanceurs d'alertes, le gouvernement avait fini par interdire la culture en France du maïs Monsanto 810, en 2008. Juridiquement, la décision reposait sur une clause de sauvegarde, qui a été annulée par le Conseil d’État, sur avis de la Cour de justice de l’Union européenne. Interrogée à ce sujet lors de la séance de questions au gouvernement de ce mercredi, la ministre en charge du dossier, Nathalie Kosciusko-Morizet, a prétendu que le gouvernement maintenait son opposition à la culture de ce maïs.

Curieuse opposition. Car le gouvernement, sous prétexte d'améliorer la qualité juridique de son texte, prend son temps. La ministre promet de le publier avant la période des semailles, avant la fin février. Mais comme elle est bien obligée de le reconnaître, les achats de semences auront déjà été effectués.

Ce qui revient à consentir à la politique du fait accompli de la part des firmes qui monopolisent le commerce des semences... Il sera d'autant plus facile de se dédouaner des reculs à venir, au nom de la préservation des intérêts économiques de ceux qui tenteront le passage en force !