La raison de cette colère ? Le contenu du « Mémorandum 2 », dont l'approbation par le Parlement était une condition sine qua none pour obtenir une aide de 130 milliards d'euros de la troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI). Présentée comme capitale pour éviter la faillite du pays, cette aide européenne impose des sacrifices supplémentaires inacceptables à une population déjà étouffée. La troïka exerce un véritable chantage au peuple grec et réclame la mise en place de mesures inqualifiables que le Parlement était donc sommé d'adopter, dimanche soir.

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Cet énième plan d'austérité frappe tous les secteurs. Au sein du public, c'est la fin du CDI : tous les nouveaux contrats seront à durée déterminée. Le nombre de fonctionnaires sera baissé de 150000 à l'horizon 2015, dont 15000 licenciements d'ici la fin 2012. Les sociétés publiques des eaux d'Athènes et de la loterie publique doivent être immédiatement privatisées. Les coupes budgétaires sont terribles : un milliard d'euros de réduction de dépenses de médicaments, ou encore 400 millions d'euros dans le budget des investissements publics. Dans le privé, le salaire minimum diminue de 22% (32% pour les jeunes de moins de 25 ans), soit 484 €. L'allocation chômage est réduite de 22%, les pensions de retraite sont sévèrement baissées dans le public comme dans le privé. Une saignée sans précédent.

Ce n'est plus de l'austérité, c'est une véritable dissolution de la société grecque qui est menée sous la coupe du diktat Merkel-Sarkozy. Ce chantage et ce mépris de la population grecque sont indignes de l'Union européenne qui se couche ainsi devant le système financier.