C'est loin d'être un cas isolé. Pour espérer avoir une place en tant que femme sur un plateau de télé traitant de "choses sérieuses", mieux vaut être incontournable (candidate à la présidentielle, ministre en charge d'un ministère régalien, ou responsable nationale de tout premier plan d'un "grand" parti), ou à la rigueur répondre aux critères de séduction dominants (traduire : jeune et jolie, ou si vous préférez le dire plus directement, décorative). La compétence n'a pas grand chose à voir avec ces critères là.

Arrêt Sur Image a consacré une émission à ce sujet, que les abonné-e-s à @SI pourront retrouver en ligne ici. En voici la présentation : Mais où sont les femmes ? Où sont les femmes sur les plateaux de télévision, dans les journaux télévisés, dans les photos des journaux ? Elles sont moins nombreuses que les hommes. Et bizarrement le plus souvent cantonnées à des rôles très particuliers. Quelle est la nature de la malédiction qui pèse sur la représentation féminine dans les médias d’information ? Trois invitées : Anne-Laure Sugier, rédactrice en chef de l'émission Ce soir ou jamais présentée par Frédéric Taddeï et en charge notamment du recrutement des invités ; Alice Coffin, journaliste média à 20 minutes et militante du mouvement "La barbe". Enfin, Brigitte Grésy, rapporteure de la commission gouvernementale sur l'image des femmes dans les médias, auteure d'un Petit traité contre le sexisme ordinaire et inspectrice générale des affaires sociales.

Le rapport 2011 de la commission sur l'image des femmes dans les médias, publié en décembre, porte sur une année d'autorégulation concernant les présences de femmes parmi les "expert-e-s" invité-e-s par les médias. En effet, en 2010, les responsables de plusieurs médias avaient pris des engagements... La synthèse du rapport nous apprend que l'analyse de six hebdomadaires de la presse écrite, quatre matinales et trois émissions interactives radiodiffusées, cinq journaux du soir et 6 magazines d’information télévisés, fait ressortir la présence de 15 % de femmes dans la presse écrite, 23 % à la radio, et 18 % à la télévision, soit une moyenne de 18 % dans l'ensemble.

Il reste du chemin à parcourir pour obtenir l'égalité de représentation ! Ce qui demandera sûrement plus qu'une "autorégulation" dont les limites sont prouvées.