La vision du Front de Gauche est celle d'une nouvelle République démocratique et sociale, dans le but de restaurer une véritable démocratie, mise à mal par le pouvoir prééminent de l'exécutif et du président de la République. La convocation et l'élection d'une Constituante sera au cœur de ce processus de refondation. Distincte de l'Assemblée nationale, elle sera l'assemblée chargée d'élaborer la nouvelle Constitution instituant la VIe République. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale (sans seuil), avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront y être élus, et les élus de la constituante ne pourront détenir d'autre mandat. Une fois la constitution adoptée par la Constituante, elle sera soumise au peuple français par un référendum.

Un changement institutionnel très profond

Les élu-e-s du Front de Gauche à la Constituante défendront les orientations suivantes. La Constitution devra réaffirmer les droits sociaux, à l'emploi, au travail, à la santé, au logement, à l'éducation, à la protection sociale. Elle devra reconnaître la citoyenneté d'entreprise, conforter le droit de grève et de se syndiquer, mettre en place la citoyenneté de résidence. La primauté du Parlement sur le pouvoir exécutif devra être rétablie, les attributions et pouvoirs du président réduits, le Sénat profondément réformé, la proportionnelle établie pour toutes les élections, le cumul des mandats strictement limité en nombre et en temps.

L'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir exécutif doit être garantie par l'instauration d'un Conseil supérieur de la justice, prenant la place du Conseil supérieur de la magistrature. Ses membres seraient pour moitié élus par les magistrats, pour moitié nommés par le Parlement. Ce Conseil serait responsable devant le Parlement, et déciderait de la nomination de l'ensemble des magistrats. L'indépendance des médias vis-à-vis du pouvoir et des puissance de l'argent serait également garanti. Ainsi, les présidents de chaînes publiques seraient nommés par leur conseil d'administration, au sein duquel 50% des membres seraient des représentants du personnel.

Le principe de la démocratie participative doit être inscrit dans la nouvelle Constitution. Elle s'appliquerait à l'élaboration des lois, à la mise en œuvre des grandes politiques publiques et à la gestion des collectivités territoriales, qui feraient l'objet de profondes réformes. Quant à l'organisation du territoire, elle doit également être profondément transformée. La réforme de 2010 des collectivités, créant le conseiller territorial, sera abrogée immédiatement. La décentralisation sera organisée en fonction du principe de proximité, permettant d'optimiser les décisions publiques, et refusant la mise en concurrence des territoires. Un nouveau statut de l'élu doit permettre l'implication de toutes et tous, quelles que soient les activités professionnelles et les situations sociales.

Il s'agit bel et bien de refonder la République pour restaurer une véritable démocratie. Place au peuple ! Prenez le pouvoir ! Et commençons par reprendre la Bastille ensemble, ce dimanche 18 mars.