Les gaz et huiles de schiste enfermés dans les couches d'argile à de grandes profondeurs sont l'objet de la rapacité des multinationales pétrolières de tous ordres, sans aucune considération ni respect pour l’environnement, la santé publique, la démocratie. Nous rappelons que le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable avait accordé en mars 2010 plus d'une soixantaine de permis de recherche qui couvrent encore actuellement la presque totalité du territoire, y compris les Parcs et réserves naturelles, comme les Cévennes.

Seuls trois permis de recherche ont été abrogés, dont l'un, celui de Montélimar, fait l'objet d'un recours contentieux enregistré par Total en décembre 2011, contestant cette abrogation. Il convient de citer l'extrait du rapport présenté par Total dans le cadre de la justification de ses recherches : « si la présence d’une accumulation significative d’hydrocarbures est confirmée, il sera alors envisagé, dans une troisième et dernière phase d'exploration, d’évaluer la capacité de production de ces réservoirs. Les techniques utilisées pour ces tests de production seront fonction des caractéristiques du (ou des) réservoirs identifiés et des techniques qui seront alors disponibles et autorisées par la loi. »

Il est clairement sous-entendu la possible exploitation derrière l'exploration. Les multinationales justifient la course vers l'abîme d'un productivisme destructeur sous couvert de capitalisme vert !

non_gaz-de-schiste.jpgL'exploitation ou le repérage des gaz et huiles (pétrole) contenus dans cette « roche-mère » ne peuvent se faire, même dans leur phase exploratoire, que par la technique de la « fracturation ». Technique qui consiste, par un forage à grande profondeur, à fissurer la roche mère par injection à forte pression de 15 à 20 tonnes d'eau mélangées à des centaines de produits toxiques, cancérigènes, mutagènes, ou contenant des neurotoxiques endommageant de manière irréversible les fonctions cérébrales des êtres vivants qui seraient entrés en contact avec ces produits par ingestion ou inhalation.

La récupération du gaz ainsi libéré, ainsi que du liquide de fracturation (boues, dont une partie restera au fond, avec les risques de pollution inhérents), est bien évidemment exposée à tous les risques de cette exploitation : fissuration du cuvelage, remontée de polluants naturels, diffusion de méthane, de benzène et de métaux lourds dans le sol et les nappes phréatiques. Enfin, les boues remontées sont stockées dans des bassins de décantation polluant l'air à leur tour, et dont les exploitants ne savent que faire. Que dire également de la pollution sonore générée par les allées et venues de 5 à 10 camions citernes par forage.

La destruction des paysages ayant subi cette exploitation est irréversible, de même que la pollution des sols et de l'eau. Les animaux sont condamnés à une mort certaine par empoisonnement lent ou rapide selon le degré de leur exposition, au même titre que les citoyens vivant à proximité des sites d'extraction.

Enfin, cette exploitation est l'archétype même du mode de production que nous voulons éradiquer grâce à la planification écologique défendue dans notre programme. Un des leviers d’action est de réduire le niveau de demande et de consommation énergétique afin d'échapper au cercle vicieux de l'exigence toujours plus effrénée de ressources énergétiques.

L'impérative nécessité de réduction des gaz à effet de serre est incompatible avec l'utilisation plus intensive d'énergies carbonées. Les émissions de CO2 qui résulteraient d'une relance de la consommation grâce au gaz de schiste conduiraient à une hausse probable de température bien supérieure à l’augmentation de 2°C, considérée par les climatologues comme la limite tolérable. Cette limite correspond à une émission de 700 milliards de tonnes de GES. L'exploitation possible de l'ensemble des seules ressources conventionnelles représente déjà 840 milliards de tonnes de GES. En y ajoutant les réserves non conventionnelles, nous augmenterions de 50 % ces émissions, empêchant tout contrôle du climat.

Nous devons nous opposer définitivement à cette fuite en avant productiviste imposée par les multinationales du gaz et du pétrole toujours plus avide de profits. Exiger l'abrogation pure et simple de l'ensemble des permis octroyés à ce jour, qu'il s'agisse de recherche exploratoire en vue ou non de l'exploitation de ces hydrocarbures, et quel que soit l'avancement des technologies en la matière. Le principe même de cette exploitation serait la négation de notre programme qui tend à recentrer l'activité humaine sur la recherche du bien-être ensemble et non sur l'accumulation de choses produites n'importe comment, à n'importe quel prix.

La réforme du Code Minier doit être soumise à l'approbation du peuple souverain, intégrer la charte de l'Environnement ; l'autorisation Préfectorale avant toute recherche d'hydrocarbures doit être rétablie ainsi que le recours à une enquête publique pour tout projet de cette nature.

Le Front de Gauche regarde avec la plus grande inquiétude le Canada et la Chine foncer tête baissée dans l’exploitation de leurs gisements. Nous demandons qu'une démarche interdisant au niveau européen toute importation, exploration et exploitation des huiles et gaz de schiste soit portée par l’État français au niveau européen, et dans les instances compétentes au niveau international.

Les ressources énergétiques et les sols sont notre bien commun !