François Hollande dans ses vœux aux français s'est donc engagé à faire baisser le chômage d'ici fin 2013. Engagement louable mais est-ce réalisable avec les méthodes choisies ? Les emplois d'avenir destinés aux jeunes sans qualification sont une nouvelle forme de contrats aidés ciblés en direction des jeunes. Nous avons déjà connu de nombreux dispositifs similaires. Cela se résume souvent à attendre que la conjoncture s'améliore pour espérer pouvoir trouver un CDI. Et vu le niveau de chômage cela ne jouera qu'à la marge.

En effet, contrairement à toutes les prévisions des économistes, le volume de la main d’œuvre n'a pas diminuée pour deux raisons. la France est un des rares pays d'Europe où la population continue à augmenter. Elle a ainsi gagné 1,4 million d'habitants supplémentaires en quatre ans pour une population totale de 64.612.939 habitants au 1er janvier 2010 selon l'INSEE. En même temps l'âge de départ en retraite a été repoussé et le nombre de trimestres nécessaires pour liquider sa pension a été augmenté. Aussi le nombre de salariés âgés encore présents sur le marché du travail n'a non seulement pas baissé mais il a même augmenté avec de plus l'apparition d'un salariat âgé et précaire voire au chômage sans espoir de retrouver quelque emploi que ce soit jusqu'au départ en retraite. Nous sommes donc dans une situation de main d’œuvre plus nombreuse, de croissance en berne et d'investissements en diminution. Dans ces conditions, le chômage n'est pas prêt de diminuer de façon significative.

- Un taux de chômage bien plus élevé que les chiffres officiels Fin novembre 2012, le chiffre du chômage en France métropolitaine atteignait 10,54% de la population active et 10,9% pour l'ensemble de la France incluant les DOM-TOM. En fait ces 3 132 600 chômeurs (chiffres DARES) ne sont que la pointe de l'iceberg puisque dans cette catégorie A ne sont pris en compte que les demandeurs inscrits à Pôle Emploi, disponibles immédiatement et n'ayant pas travaillé même une minute dans le mois précédent. Or maintenant et pour la première fois, plus de la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés (49,1% indemnisés en octobre 2012) et de mois en mois ils sont même de moins en moins alors que parallèlement le chômage augmente. Ce ne sont donc pas les indemnités, très faibles pour la majorité des chômeurs d'ailleurs, qui expliqueraient le fait de rester à Pôle Emploi, contrairement à certains discours tenus à droite sur ces chômeurs qui ne chercheraient pas d'emploi. C'est bien l'impossibilité de trouver un travail qui explique ces chiffres. Et d'ailleurs, cela se traduit clairement avec les autres catégories de demandeurs d'emploi qui démontrent la volonté de tout accepter, fusse une emploi très court. Ainsi aux chiffres précédents, faut-il ajouter 618 200 personnes ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois précédent, 866 600 personnes ayant travaillé plus de 78 heures. Si on ajoute les 267 200 personnes en formation ou en contrat de sécurisation professionnelle (salariés victimes d'un plan de licenciements dans une entreprise de moins de 1000 salariés) et les 357 300 personnes en contrats aidés, il y a officiellement 5 241 900 chômeurs toutes catégories confondues au 1er décembre 2012. Mais combien d'autres qui ont disparu des statistiques ? Ainsi sur les 1 612 00 allocataires du RSA socle ( à fin septembre 2012, chiffre CAF direction des statistiques, des études et de la recherche) moins d'un tiers sont inscrits à Pôle Emploi (454 600 en novembre 2012, DARES). Si on ajoute les 111 500 personnes dispensées de recherche d'emploi (dispositif pour les chômeurs âgés de plus de 50 ans en voie d'extinction), les salariés à temps partiel imposé et qui souhaiteraient travailler plus (estimés à 1 500 000 personnes) et toutes celles et ceux qui se sont découragés et ne sont plus inscrits à Pôle Emploi (830 000 personnes selon l'OFCE), on avoisine les 9 millions de travailleurs sans emploi, soit près d'un tiers de la population active (28,4 millions).

Il faut donc une politique particulièrement volontariste dans ce cadre pour faire reculer significativement le chômage. Cela ne peut passer que par une rupture avec les vieux schémas basés sur la relance de la croissance. Cela suppose une bifurcation écologique profonde comportant une initiative puissante de l'Etat pour empêcher la poursuite des délocalisations de l'industrie. Nous avons besoin d'acier, nous avons besoin de chimie non polluante, nous avons besoin de constructeurs de bus et de tramways etc . A l'armée de chômeurs de réserve utile au patronat pour faire pression sur les salaires, les conditions de travail et la protection sociale, il faut oppose la réduction du temps de travail. Travailler tous pour travailler moins et travailler mieux.