Mais qui est prêt à tout pour vendre sa presse ? Ce n'est pas nous. Qui est responsable de la vague d’écœurement et de protestation qui monte de la société, ? Ceux qui ont permis que Cahuzac soit ministre, qui plus est chargé de la lutte contre la fraude fiscale ? Ou ceux qui aujourd'hui proposent des solutions politiques pour refondre notre république en redonnant la parole au peuple. Ce sont leurs méfaits, Cahuzac, DSK, Guérini, Sylvie Andrieux à gauche, Bettencourt, Takiedinne à droite qui font qu'aujourd'hui monter dans le pays ce sentiment de rejet de la classe politique.

Bien sûr que tous les élus ne sont pas concernés, mais la trop grande tolérance de pratiques douteuses pendant des années sans qu'à aucun moment des décisions soient prises pour empêcher le renouvellement de telles pratiques rejaillit hélas sur tous. Et les solutions avancées par Europe Ecologie ou le gouvernement se contentant de mesures de transparence individuelles ont exactement le résultat inverse de celui recherché : introduire encore plus de soupçon pour vérifier si ce qui est rendu public est vrai. Et immédiatement les questions qui en découlent : et sa ou son conjoint ? A-t-il eu un héritage ou pas ? etc ... c'est sans fin car à revenu égal, chacun peut dépenser différemment : il y a les cigales et les fourmis. Tout cela laisse supposer que c'est une question de personne. Or nous nous disons que c'est une question de système.

Le gouvernement propose quelques mesures censées régler le problème. Mais au fonds il n'y a pas grand chose. Refuser le cumul d'indemnités, c'est franchement le minimum et cela aurait dû être fait depuis longtemps. Mais c'est le cumul de mandats en nombre et dans le temps qu'il faut supprimer.De la même manière il faut règle la question du contrôle des déclarations car la transparence est un miroir aux alouettes : Jérôme Cahuzac a déclaré à plusieurs reprises son patrimoine et le fait de le rendre public n'aurait rien dit sur son compte en Suisse.

La crise actuelle ne ne se réduit pas à ces affaires mais à une tolérance coupable envers la finance. Ainsi, le trésorier de campagne de François Hollande peut tranquillement expliquer qu'il n'a rien fait d'illégal en ayant des parts dans des sociétés aux Iles Caïmans. Du strict point de vue légal, c'est vrai. Et maintenant c'est au tour du trésorier de Jean-Marie Le Pen d'être pris la main dans la société offshore. De même que rien n'interdit d'avoir des comptes bancaires dans des paradis fiscaux du moment qu'ils sont déclarés. Mais cela revient à tout faire pour échapper à l'impôt. Et nous sommes contre cela car il n'y a pas de raison que certains paient normalement à proportion de leurs revenus pendant que d'autres s'organisent pour échapper à cette obligation citoyenne . Et encore plus au moment où partout en Europe, les puissants expliquent aux classes populaires qu'elles doivent se serrer la ceinture et accepter des sacrifices.

Si le rejet populaire est si fort, c'est aussi parce que ce gouvernement a montré depuis son arrivée au pouvoir qu'il ne voulait rien faire contre la finance, qu'il préférait donner des gages au Medef que aider les travailleurs à lutter contre les fermetures d'entreprises.

C'est donc bien d'un grand coup de balai dont nous avons besoin, au sens de changer totalement nos institutions au lieu de se contenter d'un nouveau replâtrage qui ne tiendra que jusquà la prochaine affaire. Nombreux sont ceux qui au PS, chez les Verts, au cours des années précédentes ont pris position pour le passage à une 6ème République. Il serait temps de passer des colloques à la mobilisation. La situation permet de porter cette exigence devant toute la société. C'est le sens de la marche à laquelle le Parti de Gauche, le Front de Gauche, Eva Joly et d'autres personnalités appellent. Tous les partisans de la 6ème République doivent s'y retrouver.