Il y a 40 ans le coup d'état de Pinochet mettait un terme au processus de transformation sociale et politique au Chili.

Salvador Allende avait eu le courage de tenir les engagements de son programme de campagne : nationalisation du cuivre, de 9 banques sur 10, de grandes industries, approfondissement de la réforme agraire, extension de la sécurité sociale, hausse des salaires, moratoire sur la dette et adoption d'une loi autorisant le divorce. Des mesures qui nous apparaissent tant actuelles dans le monde d'aujourd'hui qui a tant régressé.

Dans le contexte de la guerre froide de l'époque, Salvador Allende avait rompu avec l'alignement de la politique extérieure du Chili sur les positions des Etats-Unis.

C'en était trop pour l'impérialisme américain et ses alliés locaux.

Le déclassement des archives de la CIA a montré que dès le résultat des élections, Richard Nixon alors président des Etats-Unis, exigea de la CIA de tout faire pour empêcher l'accession de Salvador Allende à la présidence de la République puis pour le renverser y compris jusqu'à soutenir le coup d'état militaire de Pinochet.

Ces archives ont aussi démontré qu' Henry Kissinger, secrétaire d'état, était à la manoeuvre. Henry Kissinger a du sang sur les mains. Il n'aurait donc pas du être reçu en décembre 2012 par François Hollande, président de la République.

Pour défendre ses conquêtes, le peuple chilien avait su se doter d'organismes de contrôle populaire (cordones industriales, JAP : comité de ravitaillement et de contrôle des prix, ...) pour lutter contre le sabotage économique orchestré de l'extérieur par la CIA. Malheureusement cela n'a pas suffit à faire face à la violence du coup d'état militaire.

Aujourd'hui se souvenir, c'est penser à toutes celles et ceux qui furent arrêté-e-s, torturé-e-s et assassiné-e-s pour leur engagement politique, syndical ou associatif. Je pense à Miguel Enriquez, à Maria Ugarte, à Carlos Lorca et aux frères Vergara et à tant d'autres camarades, hommes et femmes valeureux de tous partis ou sans partis et à certains qui furent mes amis et qui sont aujourd'hui disparus.

Dans ce climat de terreur, la dictature chilienne s'est acharnée à détruire toutes les mesures économiques et sociales mises en oeuvre par Salvador Allende pour faire du pays le laboratoire du néolibéralisme dont on voit encore aujourd'hui les désastreuses conséquences pour le peuple.

Malheureusement les gouvernements de la Concertacion (alliance de la social-démocratie et de la démcoratie-chrétienne) qui ont suivi, se sont coulés dans le modèle ultra-libéral mis en place par la dictature. Le gouvernement de Michelle Bachelet (2006-2010) n'a pas remis en cause la privatisation de l'éducation, de la santé et des retraites ni la loi anti-terroriste qui aujourd'hui encore est utilisé contre le peuple Mapuche.

Aujourd'hui,  la jeunesse chilienne a repris le flambeau de la lutte. Les travailleurs sont aussi dans la lutte.

Il faut en finir avec la Constitution de Pinochet et pour cela il faut une Assemblée constituante, seule solution pour pouvoir bâtir un Chili démocratique et de progrès social et écologique.

Au nom du Parti de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon je reprendrais les derniers mots de Salvador Allende

Viva Chile, Viva el pueblo, Vivan los trabajadores de Chile

Y viva la juventud de Chile