Avec la hausse du chômage, de la précarité et de la pauvreté, la crise met en danger la démocratie dans la majorité des pays de l'Union européenne. Les dirigeants européens sont tous d'accord pour imposer chaque jour un peu plus leur carcan d'austérité et de reculs sociaux. Mais une échéance les paralyse. Les puissants ont peur que les peuples ne s'emparent de l'élection européenne pour clamer leur colère et leur rejet de la mondialisation qui enrichit les plus riches alors que la pauvreté et les inégalités augmentent y compris en Allemagne.

Angela Merkel a cherché à convaincre les autres chefs d'états d'introduire la signature de contrats contraignants entre chaque pays et la Commission européenne afin de les obliger à passer sous les fourches caudines de la déréglementation dans tous les domaines. Sa proposition a été renvoyée à plus tard, car comme l'a dit le premier ministre belge : « Les élections européennes approchent, ne présentons pas l'Europe comme un gros bâton. ». Quant à François Hollande, il espère une nouvelle fois tromper les peuples « Mettons-nous d'accord sur les principes et décidons des détails après les élections européennes de mai 2014. ». Nous savons donc ce qui nous attend, sans oublier le GMT en cours de négociations une fois de plus dans la plus grande opacité.

Nous devons donc être clairs : nous ne voulons plus de cette Europe, libérale et antidémocratique. Il ne s'agit pas de la réorienter mais de rompre avec ses traités et la refonder sur de nouvelles bases de coopération entre les peuples, pour plus de justice sociale, plus de démocratie et un mode de développement qui intègre le respect de notre écosystème.

Un discours clair sera donc nécessaire si nous voulons être entendus lors de la campagne européenne . En effet, si le système craque de partout, une course de vitesse est engagée entre les forces réactionnaires, xénophobes et racistes et les forces de l'alternative à gauche.

En France, la droite est très occupée à s'écharper pour savoir qui sera le candidat en 2017, le gouvernement de François Hollande bat les records d'impopularité et le FN a beau essayer de se cacher derrière un masque plus avenant, celui-ci craque régulièrement laissant apparaître sa vrai nature (propos racistes, approbation par Le Pen père du recul sur l'IVG en Espagne...).

Malgré cela nous avons du mal à convaincre nos concitoyens que le Front de Gauche est l'alternative nécessaire et indispensable malgré la réussite de la marche contre la hausse de la TVA. Comment retrouver le souffle de la campagne présidentielle ? Les élections municipales devraient être un moment de remobilisation, à condition de ne pas créer de confusion. Il est incohérent de dénoncer la politique du gouvernement pour ensuite accoler le logo du Front de gauche à côté de celui du PS. Si nous voulons créer une dynamique pour les élections européennes, il n'est pas possible de traîner avec nous le boulet des renoncements de la social démocratie. Après l'ANI, l'allongement de la durée de cotisation pour la retraite, le refus du coup de pouce au Smic et bientôt l'extension du travail du dimanche, la poursuite de la même politique que sous Sarkozy quant à l'immigration, la métropolisation, le redémarrage des travaux à Notre Dame des Landes et plus globalement la poursuite de l'affirmation du credo libéral de baisse des dépenses publiques et de la fiscalité sur les entreprises, penser qu'on peut influencer localement le PS revient à semer des illusions. Comme l'a dit si justement Patrice Cohen-Seat dans sa tribune du 6 décembre « il faut mener une confrontation exigeante avec le Parti Socialiste ». Nous ne pouvons pas « rester au milieu du gué ... au risque de devenir illisibles. ». Il nous faut donc aller de l'avant avec un Front de Gauche autonome de la social démocratie, seule solution pour retrouver une démarche dynamique capable d'entraîner sur ses propositions toutes celles et ceux qui veulent rompre avec le libéralisme.