La transition énergétique est urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), causes du réchauffement climatique. Aujourd’hui la France importe une grande majorité des matières premières nécessaires à sa production d’énergie : charbon, gaz, pétrole ou uranium pour le nucléaire. Le passage indispensable à des énergies décarbonées pour réduire les émissions de GES doit intégrer le retour à une souveraineté énergétique.

Le nucléaire, outre sa production de déchets qu’on ne sait pas traiter et les dangers toujours réels d’un possible accident, ne garantit aucune indépendance énergétique contrairement à ce qui est souvent affirmé, puisque l’uranium vient du Mali, où de plus les travailleurs sont particulièrement exploités et la santé des populations locales mise en danger.

À l’heure où il faut laisser 80 % des énergies fossiles dans le sol pour espérer contenir la hausse des températures en dessous de 2 °C, il serait particulièrement irresponsable de vouloir renforcer l’indépendance énergétique de la France en exploitant des huiles et gaz de schiste et de houille ou en procédant à des forages en mer.

Les agrocarburants, dont les émissions de CO2 sont supérieures à celles du diesel, n’auraient jamais dû être subventionnés. Les 3 milliards qu’ils ont déjà coûtés aux finances publiques ont surtout servi à engraisser le groupe Avril, dirigé par Xavier Beulin, président de la FNSEA.

Il faut résolument prendre le chemin de la sobriété énergétique par la suppression des sources de gaspillage (mauvaise isolation des logements et bâtiments, éclairages inutiles, appareils énergivores…). Cela permettra de réduire la facture énergétique du pays et celle des ménages.

Le déploiement des énergies renouvelables constitue une opportunité pour développer les filières de production industrielles nécessaires. Sobriété et énergies renouvelables sont bénéfiques pour l’emploi. Mais pour cela, l’intérêt général doit primer sur celui des multinationales intéressées uniquement par la recherche de profits.

Le développement d’une industrie de l’éolien, des énergies marines ou de la géothermie nécessite qu’on en termine avec le bradage de la sidérurgie française, sous peine d’être obligé d’importer les aciers nécessaires. La France avait de l’avance dans l’industrie photovoltaïque mais malheureusement, là aussi, le savoir-faire acquis a été bradé sur l’autel du nucléaire (fermeture de Nexcis par exemple). Il faut rappeler que l’industrie nucléaire ne se serait jamais développée sans des milliards d’aides publiques. Aider le développement des énergies renouvelables (ENR) aujourd’hui n’a donc rien de scandaleux, au contraire, puisque cela est nécessaire pour la sauvegarde de la planète. Il est par ailleurs anormal que des groupes comme EDF et Total concentrent l’immense majorité de leurs investissements en ENR à l’étranger et que notre pays soit à la traîne pour cause du maintien absurde de la priorité au nucléaire, qui aujourd’hui est en train de couler EDF.

Pour assurer la transition énergétique indispensable dans la recherche de l’indépendance énergétique, il est évidemment impossible de laisser faire le marché. Il faut au contraire construire un pôle public de l’énergie, planifier cette transition en associant les habitants et les collectivités locales pour le choix de l’énergie la mieux adaptée à chaque territoire et développer les secteurs industriels correspondants en France.