Pour démontrer qu'il peut être le candidat de tout le PS, son porte-parole de campagne Alexis Bachelay a beaucoup insisté ce matin à Public Sénat sur le fait qu'il n'y avait pas d’incompatibilité entre B. Hamon et le reste du parti et qu'il serait faux de l'accuser de s'être systématiquement opposé au gouvernement. Il a donné comme exemple le fait qu'il avait voté pour l'état d'urgence. Pas sûr qu'avec un tel exemple il convainc les défenseurs des droits de l'Homme et des libertés de voter pour lui. Mais surtout comment voter pour un homme qui postule à être président de la République et qui s’absente systématiquement lors des votes sur la prolongation de l'état d'urgence ? Car s'il a bien voté pour en novembre 2015, pas de vote ni pour ni contre, ni abstention, rien en février, juillet et décembre 2016 !,Quant à son porte-parole Alexis Bachelay, il faudra attendre le vote de décembre 2016 pour qu'il s'abstienne, avant il a systématiquement voté pour, de même d'ailleurs que Régis Juanico autre porte-parole qui en décembre par contre préfère lui aussi être absent.

Selon Alexis Bachelay, entre E. Macron et JL Mélenchon, B. Hamon serait central, précisant que « si on cherche on va trouver des choses qui peuvent nous fédérer ».

Nous fédérer sur quoi ? Sur la fraude fiscale que E. Macron n'a jamais dénoncé à Bercy ?Sur la loi qui a généralisé le travail du dimanche ? Celle qui permet dorénavant aux entreprises d'imposer aux salariés un accord d'entreprise qui les oblige à travailler plus sans être payés plus ? Pardon c'est vrai que Myriam El Khomri est candidate aux élections législatives dans le 18ème arrondissement de Paris au nom du PS et donc à ce titre soutien du candidat à la présidentielle Benoît Hamon. Derrière l'état d'urgence avec Bernard Cazeneuve actuel premier ministre et ministre de l’intérieur précédemment ? Derrière la loi qui a introduit la concurrence des compagnies de car contre le réseau TER achevant ainsi certaines lignes SNCF. On a jamais entendu Hamon sur la réforme ferroviaire. Ah j'ai oublié les « frondeurs » ont voté pour. Et son programme est silencieux sur le sujet.

En restant 27 mois au gouvernement il a de fait cautionné le renoncement à la renégociation du traité européen, l'acceptation de la politique de l'offre avec le pacte de compétitivité (CICE) puis le pacte de responsabilité et les milliards d'euros de cadeaux aux entreprises qui vont avec, la politique de rigueur budgétaire, la loi de 2013 sur la sécurisation de l'emploi qui revient à rendre plus facile les licenciements, le passage de la durée de cotisation à 43 ans pour partir en retraite, les nombreuses mesures contraires à l'environnement ..

Il ne propose d'ailleurs pas de revenir à 40 ans de cotisation pour partir en retraite et le passage aux 32 heures devra se faire par accord d'entreprises et non par la loi. Les travailleurs vont attendre longtemps cette réduction du temps de travail.

Il y aurait encore beaucoup à analyser notamment sur l'Europe car c'est le même discours depuis des décennies sur on va renégocier. Mais aucune méthode n'est proposée pour tenir tête. On a déjà donné avec Hollande et la renégociation du traité européen. On ne nous fera pas le coup une seconde fois.

Aujourd'hui B. Hamon a reçu le soutien de Bernard Cazeneuve, premier ministre. Il espère selon son porte-parole obtenir celui de François Hollande.

En étant le candidat officiel du Parti Socialiste, il est donc aussi le candidat du bilan de ce quinquennat.

Alors comment oublier la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade, et dont l'instruction pourrait se terminer par un non lieu ? Comment oublier la répression qui frappe des dizaines de syndicalistes pour avoir voulu défendre leur entreprise contre une fermeture ou pour avoir manifesté contre la loi travail ? Comment oublier l'utilisation de l'état d'urgence contre les militants qui voulaient manifester pour le climat lors de la COP21 ?

Il est donc surprenant d'entendre dans les rangs de celles et ceux qui étaient au Front de gauche les déclarations d'amour envers B. Hamon. Quand je pense à tous ceux qui au PCF ont critiqué Jean-Luc Mélenchon sur le thème que le programme l'Avenir en Commun n'était pas assez radical, qu'il était scandaleux de ne proposer pour le SMIC qu'une augmentation à 1300 euros mensuels etc ...Les mêmes pour qui il n'y avait rien de bon chez Mélenchon ont maintenant des yeux de Chimène pour B. Hamon.

Quant aux élus d'EELV qui ici et là lui déclarent leur flamme, ont-ils oublié qu'à aucun moment B. Hamon ne propose la sortie totale du nucléaire ? Que pour Notre-Dame des Landes il ne propose qu'une suspension du projet et non l'abandon. De même pour le CETA il s'agit de suspension et non de refus.

Depuis hier B. Hamon et Alexis Bachelay ont été clairs : le programme est la base car il a été validé par les électeurs de la primaire. Il n'y aura pas de remise en cause juste des enrichissements. Donc en gros ce qui est demandé c'est un ralliement derrière le PS. On rêve !

L'aspiration à l'unité s'entend mais elle ne peut se traduire par le fait de courir derrière des chimères. Se ranger derrière B. Hamon, avec tous les barons PS qui n'ont pas changé de ligne politique et qui défendent le bilan de Hollande, non merci.

Puisque Benoît Hamon était prêt à se retirer pour Manuel Valls qu'est-ce qui l'empêche d'envisager un retrait pour Jean-Luc Mélenchon ?