Le premier ministre a donc annoncé ce matin un moratoire de 6 mois sur plusieurs décisions.

On peut déjà remarquer que la première conséquence est de repousser les décisions juste après les élections européennes qui auront lieu le 26 mai. C'est vraiment prendre les électeurs pour des abrutis.

Regardons plus précisément certaines de ces mesures :

  • gel des prix sur l'électricité et le gaz : là c'est l'embrouille totale. Précisons déjà que cela ne peut concerner que les tarifs réglementés donc ceux d'EDF pour l'électricité et Engie pour le gaz. Or lorsqu'un gouvernement précédent a voulu en faire de même, il a été confronté à un recours des opérateurs alternatifs d'électricité et a perdu. Ce sont les décisions 383 722 et 386 078 du Conseil d'Etat qui ont annulé le gel décidé à l'époque. En conséquence les consommateurs ont dû payer un rappel sur leur facture pour les années 2012-2013 et 2014-2015.

Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, si une société privée de gaz ou électricité introduit un recours il est vraisemblable que le résultat sera le même. Les français seront donc condamnés au rattrapage sur leurs factures.

Le Conseil d'Etat considère que les prix régulés ne sont pas conformes au droit européen. Encore une fois les traités européens avec leur concurrence libre et non faussée imposent des politiques antisociales aux pays de l'Union européenne.

  • suspension de l'augmentation de la nouvelle hausse de taxes sur les carburants prévue en janvier pour un coût d'environ 1,4 milliards d'euros (il était prévu que cette hausse rapporte 2,8 milliards par an)

Mais comment le gouvernement compte-t-il compenser cette perte de recettes ?

- Pas en rétablissant l'ISF, malgré les demandes répétées des gilets jaunes.

- Pas en transférant les 40 milliards d'exonérations de cotisations patronales prévues au budget 2019 par transformation du CICE vers la transition écologique, pourtant plus qu'urgente.

- Mais en baissant encore plus les dépenses publiques

- En annonçant qu'il fallait respecter les engagements pris à Bruxelles.

En résumé le gouvernement s'accroche aux politiques austéritaires de Bruxelles et essaie de tromper les français en reportant les hausses mais en annonçant déjà un recul des services publics alors que justement la révolte des gilets jaunes porte à la fois sur le pouvoir d'achat et sur la fermeture des services publics.