Contexte politique

La séquence électorale de 2017 a fait exploser le champ politique traditionnel, les deux partis, PS et LR, qui structuraient jusque-là plus ou moins les autres forces politiques autour d’eux, volant en éclat. Puis leurs résultats calamiteux aux élections européennes donnaient l’impression que leur survie était en jeu.

Or à partir de septembre-octobre 2019, l’affaiblissement de la popularité de Macron et de son gouvernement a permis à LR de se repositionner en parti d’opposition et d’arrêter ainsi l’hémorragie qui avait commencé vers LREM.

De même pour le PS, la bataille contre la réforme des retraites a aidé à faire oublier en partie dans son électorat le moins militant les politiques désastreuses de Hollande et ses gouvernements.

Dans ce contexte, ces deux partis ayant de nombreux maires espéraient maintenir leurs positions locales avec un avantage à LR suite à sa victoire aux municipales de 2014.

EELV semblait en crise après avoir dû retirer son candidat à la présidentielle et avoir été incapable de faire élire le moindre député à l’Assemblée nationale. Mais la montée de l’urgence climatique avec la multiplication des journées de mobilisation pour le climat lui a permis un rebond spectaculaire aux européennes, 13.47 %, et l’a propulsé sur le devant de la scène politique sur cette thématique. En affirmant conduire ses propres listes, EELV rompait avec des décennies d’alliance derrière le PS ou le PC selon la force politique qui était en tête dans chaque ville.

Pour sa part LREM s’est vite rendu compte que ces élections ne lui étaient pas favorables de part son manque d’implantation locale et l’échec à attirer des maires sortants de droite comme de gauche sous sa bannière. De plus le Conseil d’État a fait échouer la tentative de s’approprier des résultats PS et surtout de droite au travers du bidouillage des nuances prévu par Castaner.

Côté France Insoumise, le résultat des européennes (6,31%) a été un véritable coup de massue pour les militant.e.s qui avaient intégré que le score de la présidentielle (19,62%) était lié à une conjonction de facteurs spécifiques mais réfléchissaient sur la base des résultats aux législatives (11,02%). Le manque de financement, d’ancrage local et d’expérience politique dans certains cas, a brider les militants que ce soit pour impulser des listes ou revendiquer la tête de liste.

Bilan politique

Ces élections ont vu un nouveau record d’abstention. En 2014 tous les médias titraient sur l’abstention record de 37,87 % En 2020 elle est de 55,34 % soit 17,47 points de plus. Tous les départements ne sont pas frappés de la même façon. Ainsi paradoxalement la Seine-St-Denis est un des départements avec la moindre différence de participation entre 2014 et cette année même si le taux d’abstention est très élevé. Il semble aussi que souvent les villes PCF aient un différentiel de participation par rapport à 2014 moindre que la moyenne : l’électorat de ces villes se serait plus mobilisé (moins 6 points à Ivry, -9,69 à Malakoff, -10 à Aubervilliers, -11,05 à St Denis, - 13,61 à Fontenay-sous-Bois etc …).

Si la baisse est globale, elle recoupe aussi les catégories abstentionnistes habituelles, moins de 30 ans et milieux populaires. Or on aurait pu penser que la peur de l’épidémie frapperait plus massivement les personnes âgées.

La question reste donc ouverte de savoir si, au de là de la peur de l’épidémie, et après le record d’abstention de 2014, le discrédit du politique atteint aussi maintenant massivement les élections municipales.

Les grands gagnants de ces élections sont les maires sortants réélus au premier tour dans leur grande majorité, 85 % des maires de communes de plus de 1000 habitants, quelque soit leur étiquette.

La situation des différentes forces politiques

Pour EELV, en janvier Yannick Jadot donnait comme villes potentiellement gagnables par EELV Lyon, Lille, Nantes, Rennes, Montpellier, Rouen, Strasbourg, Tours, Besançon voire Bordeaux et Paris. et affirmait qu'ils iraient sous leur propre bannière.

En réalité EELV est partie avec des listes d’alliances dans la majorité des cas (60 % des villes de plus de 100 000 habitants par exemple). Mais la faiblesse des autres forces politiques (PS, PC, FI) lui a permis de s’imposer en tête de liste dans de nombreuses communes. Leur stratégie a même consisté dans les villes de plus de 100 000 habitants à provoquer la rupture de tout cadre collectif construit s’ils n’obtenaient pas la tête de liste (ex Quimper, Nice, Poitiers, Limoges, menaces à Toulouse et Valence ...)

La progression de EELV est, plus que l’aptitude à gagner seule des grandes villes, sa capacité nouvelle à prendre la tête d’alliances à gauche alors que précédemment c’est elle qui se ralliait au PS ou au PC.

Si Eric Piolle semble assuré de conserver la mairie de Grenoble, c’est en alliance avec la FI et le PC. A Bègles, la liste soutenue cette fois-ci par le PC (Bègles est un ancien bastion PC) perd pourtant 2 points et devra attendre le second tour contrairement aux scrutins précédents. A Grande-Synthe, Damien Carême a soutenu une liste EELV contre le maire sortant PS qu’il avait pourtant mis en place après son élection au parlement européen et c’est ce dernier qui est réélu dès le premier tour, renouant avec la tradition des maires PS interrompu par le ralliement de Carême à EELV en 2015. A Arcueil le maire sortant en position de favori pour le second tour et membre d’un parti qui a fait le choix de partir seuls dans de très nombreuses villes où il participait pourtant à des exécutifs d’Union de la Gauche, s’en prend à la FI «On espère toujours mieux, surtout avec une candidature de La France Insoumise qui a empêché un rassemblement de toute la gauche. » Faut oser !

A Paris, David Belliard,10,8 % obtient moins que les Verts en 2001 12,35%. La seule ville de plus de 100 000 habitants où EELV peut se vanter d’être arrivée seule en tête est Lyon sur fonds de division de LREM.

A Strasbourg il s’agit d’une alliance avec le PCF, à Besançon avec PS PS et Génération.s, et à Tours avec FI PS PC.

A souligner la surprise de Rouen où la catastrophe de Lubrizol aurait pu faire croire à un succès de la liste EELV alliée au PC, à Génération.s et aux Radicaux de Gauche mais le maire sortant PS est arrivé en tête obligeant la liste conduite par JM Bérégovoy à se ranger derrière lui pour le second tour.

Dans les villes où EELV est arrivé deuxième, il n’y a que Villeurbanne et Rennes où ce soit sur ses propres forces, partout ailleurs il y a alliance avec au moins une si ce n’est plusieurs autres forces politiques.

Mais EELV peut déjà engranger quelques succès, là encore toujours en alliances politiques :

- à Saint-Egrève 15 838 habitants (métropole de Grenoble) une liste conduite par EELV avec le soutien de la FI a raté l’élection au premier tour de 32 voix.

- à Anduze dans le Gard, 3436 hab, la conseillère départementale EELV, Geneviève Blanc, avec la participation de la FI, fait tomber le maire sortant avec 53 % des voix.

- LREM apparaît dans l’incapacité de gagner de grandes villes sous propres couleurs et Edouard Philippe est en ballottage au Havre. Alors qu’en 2014 il avait été élu au premier tour, il est cette fois-ci en recul de 8,5 points face à la liste PC-FI conduite par Jean-Paul Lecoq à 35,87 %. A noter que la tête de liste EELV-PS a refusé de discuter d’une fusion pour le second tour avec la liste PC-FI.

- La droite garde bon nombre de ses maires sortants et peut donc se féliciter de ses résultats. A Paris la liste LR conduite par Rachida Dati se maintient dans ses bastions.

- Le PS a globalement conservé ses mairies sortantes et arrivent en tête dans ses grandes villes emblématiques Paris, Lille, Nantes, Rennes. Mais ses faiblesses sont aussi apparues avec l’incapacité à porter des listes dans certaines communes avec des militants éclatés entre LREM et Génération.s et ceux restant au PS n’étant plus en mesure de peser seuls sur ces élections. D’où leur absence ou leur ralliement à d’autres forces politiques. Lyon est ainsi emblématique de l’éclatement du PS, ses forces s’étant réparties entre les listes portées par Collomb, Kimelfeld et la liste PS-PC menée par Sandrine Runel pour la partie municipales et Renaud Payre pour la partie métropolitaines. Le résultat est désastreux puisque cette liste arrive en 6 ème position à moins de 10 %.

- Le PCF

Le bilan du premier tour est très mitigé pour le PCF car s’il a gardé un certain nombre de mairies, il a d’ores et déjà perdu Villetaneuse au profit d’un élu DVG soutenu par la FI et Firminy soit au profit d’une alliance DVG-PC soit pour la droite.Il a par contre gagné la commune de Pont Péan (35) de 4463 habitants et dont le maire sortant était PS

Il est en difficulté dans nombre de communes, 14 dont 6 hors IDF (St-Pierre-des-Corps où la succession de Marie-France Beaufils se révèle difficile en faveur du PS, Givors où le RN peut jouer sa carte dans une triangulaire, Vénissieux qui pourrait tomber aux mains de LREM, Gardanne là aussi lié à une succession difficile en l’occurrence celle de Mei, Fontaine où tout dépendra des alliances de second tour, Arles que LREM peut gagner là aussi lié à la succession de Schiavetti) et 8 en IDF (Villeneuve-saint-Georges, Aubervilliers, Champigny qui pourraient être gagnées par la droite, Saint-Denis qui pourrait être gagnée par le PS, Choisy-le-Roy, Gentilly dépendant des alliances de second tour, Limay dans une triangulaire comme conséquence de sa condamnation pour des faits de violence, Bezons avec 5 listes en capacité de se maintenir et donc où tout dépendra des alliances de second tour).

La stratégie de reconquête de communes précédemment communistes a une nouvelle fois échoué (Blanc-Mesnil, St-Ouen, Villejuif, Dugny, La Queue-en-Brie, Portes-lès-Valence) la seule commune d’importance pouvant être regagnée est Bobigny.

- Le RN a conservé dès le premier tour 8 des 12 communes gagnées en 2014 avec hélas des scores très haut. Il a par contre été dans l’incapacité de déposer des listes dans de très nombreuses communes où il avait obtenu des scores impressionnants aux européennes.

Si au second tour il devrait conserver sans problème Fréjus et Cogolin il pourrait par contre perdre Le Luc où la droite 43,94 % contre 37,76 % au RN peut reprendre la mairie, Mantes-la-ville où le maire RN sortant élu dans une quadrangulaire n’atteint que 33,72 % (notre liste avec 14,81 % se retire du second tour) et Bollène où la gauche (DVG 44,67 % + liste PC-FI 10,57%) est majoritaire au 1er tour face à Marie-Claude Bompard, Ligue du Sud, maire sortante.

Il échoue à gagner Denain avec Sébastien Chenu ou Calais où les maires sortantes sont réélues dès le premier tour mais est en très nette progression par rapport à 2014.

Mais au second tour il peut espérer gagner plusieurs communes à commencer par Perpignan, ce qui en ferait une victoire qui effacerait ses déboires ailleurs. Alliot, arrivé en tête a obtenu 35,65 % en progression d’un point et demi par rapport à 2014.

Dans la catégorie des villes entre 10 000 et 20 000 habitants, 2 communes peuvent basculer :

- Moissac (82) 13 029 habitants mairie LR sortant où le RN est arrivé en tête avec 47,03 % devant une liste liste FI-PC avec 23,01 % des voix.

- Morières-lès-Avignon (84) 8 317 habitants maire sortant PS où un candidat d’extrême-droite a obtenu 45,94 % face à 2 listes de gauche

Dans d’autres villes tout dépendra des alliances et des reports de voix au second tour (analyse faite avant qu'il apparaisse que le second tour n'(aura vraisemblablement pas lieu en juin) : Givors (69), Vauvert (30) Bruay-la-Buissière (62), Carpentras, Cavaillon, Graulhet (81) Puget-sur-Argens (83), Pauillac (33) Marles-les-Mines et Oignies (62)

- Les listes citoyennes : le bilan est très contrasté selon les communes. Dans les villes de plus de 50 000 habitants où ces listes ont refusé tout soutien de partis politiques ou ne l’ont pas obtenue le résultat est en général inférieur à 5 % : Quimper 4,67 % Béziers 4,09 % Ailleurs tout dépend de si ces listes s’appuyaient sur des collectifs citoyens existants précédemment ou si elles avaient le soutien de forces politiques notamment la FI.

Mais il restera aussi que les pratiques de vote pour l’ordonnancement y compris pour le choix de la tête de liste et allant même jusqu’à l’inclusion de candidats tirés au sort se sont répandues au-delà de ces listes rompant ainsi avec la pratique généralisée précédemment des accords de partis pour composer des listes.

Le nombre de triangulaires, de quadrangulaires et de pentagulaires possibles à l’issue de ce premier tour montre une progression de la morcellisation de l’électorat. Ainsi si en 2014 il y a eu 1777 second tour dans les communes de plus de 1 000 habitants cette fois-ci il devrait y en avoir 1433 soit une augmentation de 19 %. Les duels qui comptaient pour 31,85 % des cas en 2014 ne représentent plus que 4,74 % en 2020 (68). Par contre les triangulaires (924) peuvent atteindre 9 points de plus, les quadrangulaires (25,89%) 14 points de plus, les pentagulaires (66) sont multipliées par 5 et il y a même 6 communes où 6 listes peuvent se maintenir. Bien évidemment il est vraisemblable qu’il y ait des fusions et des retraits mais si cela réduira un peu ce morcellement, il n’en restera pas moins qu’il sera plus élevé qu’en 2014.

Bilan pour la France Insoumise 

La France Insoumise poursuivait dans sa volonté de faire reculer l’abstention dans les milieux populaires et de promouvoir l’auto-organisation citoyenne. Aussi le texte adopté pour les municipales insistait sur le fait de ne pas faire de liste FI et de rechercher à construire des listes promouvant l’implication citoyenne.

« Proposons aux animateurs et animatrices des luttes locales, sociales et environnementales, aux militant⋅es associatif⋅ves, syndicalistes et politiques et à celles et ceux qui le souhaiteront d’appuyer avec nous ce processus de fédération populaire et d’y prendre part »

Mais dans certains cas ces démarches ont échoué et finalement les Insoumis.e.s se sont résigné.e.s à rejoindre une liste lancée par d’autres partis politiques, situations qui avaient été aussi prévues par le texte de cadrage Si toutefois les insoumises et insoumis constataient d’ici la fin de l’année l’impossibilité de présenter une liste issue de ce cadre citoyen, une nouvelle assemblée pourra décider d’une liste regroupant des insoumis⋅es et citoyen-ne-s se retrouvant dans le programme proposé.

Dans les communes où des divergences de stratégie ont été proposées par les Insoumis.e.s locaux, le texte de cadrage a servi d’appui au comité électoral pour décider par exemple entre démarche d’implication citoyenne ou accords de partis politiques (Montpellier avec le choix de soutenir la démarche de Nous Sommes et non un accord avec EELV, Arcueil avec la décision d’impulser une liste au lieu de partir avec le maire EELV sortant etc).

Les lignes rouges fixées, notamment celle sur le refus de participer à toute liste incluant des candidats favorables à la politique gouvernementale, ont permis au Comité électoral de refuser la participation à certaines listes (ex Dunkerque derrière Vergriette, l’Haÿ-les-Roses avec une tête de liste PS envisageant un accord avec LREM pour le second tour) ou de valider certaines prises de décisions locales (retrait à Annecy pour manque de clarté de la liste).

Il s’est par contre avérer plus difficile de vérifier et de faire respecter celui sur les délégations de service public - La France insoumise ne soutiendra aucune liste comportant des équipes qui dans cette mandature ou la précédente auront mené des politiques de délégation des services publics aux entreprises privées ou des politiques portant atteinte à l’environnement.

Des dissensions sont apparues dans certaines communes quant à la stratégie à adopter. Les mêmes qui réclamaient la supériorité du vote majoritaire pour justifier leur choix local (ex les militants de Montpellier qui ont fait le choix de partir avec Clothilde Ollier) étaient bien contents qu’on ne l’applique pas ailleurs où ils soutenaient une décision qui avait été minoritaire localement (Liste d’union à Amiens et non liste purement FI). Nous avons vu apparaître des Insoumis.e.s inscrits de dernière minute voire à des GA seulement créés dans le but d’obtenir le soutien à une liste et nous avons été confrontés à des usurpations de logo FI y compris par certaines forces politiques.

La mobilisation sociale continue a eu comme effet de pousser les militants syndicalistes et associatifs à s’investir sur des listes, notamment dans le dernier trimestre lorsque aucune liste de gauche ne semblait pouvoir être déposée dans certaines communes.

A partie de la carte électorale des précédentes élections, nous connaissions nos points forts et nos points faibles, notamment les communes peu populaires. Nous savions donc que cela allait être difficile dans certaines villes mais au-delà de la recherche de score, nous espérions que l’actualité sociale et le rejet de Macron nous permettrait de mettre en œuvre notre stratégie visant à remobiliser l’électorat populaire.

Il est difficile de dire si c’est la moindre participation qui a handicapé la France Insoumise. La seule chose qu’on peut dire c’est que le travail de porte-à-porte effectué dans de très nombreux quartiers populaires semble ne pas avoir entraîné le retour aux urnes des électeurs qui en sont particulièrement éloignés. La situation aurait-elle été différente sans le coronavirus ? Difficile à dire. Pour cela il aurait fallu pouvoir effectuer une enquête post-élection dans ces quartiers pour pouvoir comprendre.

Mais ce travail a souvent permis de construire des listes telles que nous le voulions ce qui est déjà un bilan positif. Pourtant il nous faudrait avancer sur ce bilan car si malgré tous nos efforts dans ces quartiers cela ne se traduit pas en score électoral en dehors de l'élection présidentielle cela ne peut qu’avoir des conséquences en termes de stratégie électorale.

Nous pouvons remarquer aussi que les listes ayant commencé plus tôt dans les villes où nous étions déjà fortement implantées et où nous avions obtenu de bons scores aux européennes, obtiennent de meilleurs résultats.

Plusieurs de nos maires sortants sont réélus. Nous gagnons 4 nouvelles communes de plus de 1 000 habitants à commencer par Faches-Thumesnil 17 835 habitants avec 53,02 % dans le cadre d’une liste de toute la gauche face à 1 seule autre liste, Aubin 3761 habitants dans l’Aveyron, Fillé 1494 habitants dans la Sarthe, Sauveterre de Guyenne 1788 habitants. Et nous obtenons autour de 300 élus à l’issue de ce premier tour.

De bons scores sont obtenus dans le cas de collectifs existants depuis longtemps (Bouguenais, Rezé dans la métropole de Nantes par exemple), de listes avec des figures locales particulièrement reconnues (Mantes-la-Ville 14,81 % ou de liste emmenée par un.e élu.e sortant.e connus comme à St-Denis, Gennevilliers, Guéret, Montataire, Clermont-Ferrand etc.) ou enfin la présence de seulement 2 ou 3 listes dans les communes de moins de 10 000 habitants.

Le meilleur exemple du poids de la tête de liste est Lyon, où malgré les conflits à répétition portés par certains Insoumis partis soit avec le PS-PC soit avec EELV, la liste conduite par Nathalie Perrin-Gilbert maire sortante du 1er arrondissement et opposante notoire et conséquente à Colomb-Kimelfeld a obtenu 10,6 % passant devant la liste PS-PC dans tous les arrondissements sauf le 8ème où la tête de liste PS Sandrine Runel est élue sortante et candidate à maire de Lyon. (on avait pourtant proposé au PC de se joindre à la liste Lyon en commun).

Sans oublier Bordeaux où Philippe Poutou obtient 11,77 % pouvant ainsi se maintenir au second tour et être élu dans une ville où la FI avait obtenu 6,20 % aux européennes.

Les listes lancées par des initiatives citoyennes auxquelles la FI a ensuite apporté son soutien n’ont que très rarement dépassé les 10 % : Montpellier 9,25 % Nantes 8,94 % Perpignan 6,57 % Pau 5,36 % Palaiseau 7,58 % mais ont permis de construire des dynamiques citoyennes locales très intéressantes.

Pour les listes ayant refusé de faire apparaître tout soutien politique le bilan est encore plus contrasté : A Commercy la liste Gilets jaunes atteint 9,77 % alors qu’à Quimper elle n’obtient que 4,67 %. A Béziers la liste soutenue par aucune force politique Béziers citoyen obtient 4,09 % des voix alors que la liste EELV-FI dépasse de peu les 5 % avec 5,36 %.

De manière générale, on pourrait presque dire que le score de la FI est inversement proportionnel à la taille de villes. Si on peut saluer le caractère volontariste de camarades pour déposer des listes y compris dans des communes que nous savions peu favorables à la FI, hélas les résultats n’ont pas toujours récompenser leurs efforts.

Mais cette campagne aura permis la relance de collectifs Insoumis parfois en sommeil, la constitution de listes dans des communes peu favorables à la FI, la bonne tenue dans les villes en cas de présence de tête de liste implantée localement et connue. Les nombreux élu.e.s y compris dans des communes où aucun sortant ne se réclamait de la France Insoumise seront autant de relais pour les idées de la France Insoumise ainsi que de points d’appuis pour toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour une société plus juste socialement, plus démocratique et mettant en priorité la bifurcation écologique et sociale dont nous avons besoin.