Mercredi, 9 mars 2011

Pourquoi je n'irai pas au dîner de M. Accoyer

Nous avons reçu dans l'après-midi le message ci-dessous :

"Un dîner républicain est prévu ce soir, organisé par la Présidence, à l'issue de la séance sur le texte Immigration à l'Hôtel de Lassay."

Ça, il fallait l'oser ! Un dîner républicain à l'issue de l'examen d'un texte qui foule aux pieds les valeurs de la République ! Bon appétit !

Voici la réaction que j'ai adressée immédiatement à la presse.


Pourquoi je n'irai pas au dîner de M. Accoyer

Le Président de l'Assemblée Nationale prévoit un dîner républicain à l'issu de la séance sur le texte de loi Immigration.

Le pire c'est qu'il ne se rend même pas compte de l'incongruité de la juxtaposition entre « républicain » et ce texte qui justement porte atteinte aux valeurs de la République en créant plusieurs catégories de Français : des « Français de souche » et des « Français en sursis ».

On ne peut pas appeler à la chasse aux immigrés dans l'hémicycle et se retrouver une heure après autour d'un tel repas.

Mardi, 5 octobre 2010

Retour en images sur le débat retraites

Au moment où le projet de contre-réforme du gouvernement arrive au Sénat, je vous propose un petit retour sur deux temps forts du débat à l'Assemblée.

Voici mon explication de vote au nom du groupe GDR, le mercredi 15 septembre, dans l'après-midi - j'en avais publié le texte dans un billet ici. C'était après le coup de force de Bernard Accoyer et juste avant mon intervention, un député non-inscrit s'était vu refuser la parole, encore une fois en contradiction avec le Règlement de l'Assemblée.





Et voici mon intervention sur un amendement de suppression de l'article 5, celui qui relève de deux ans l'âge légal de départ en retraite.





Mercredi, 29 septembre 2010

Pour Libé, le Parti de Gauche n'existe pas !

Pour Libération, version papier, le Parti de Gauche n'existe pas ! Dans son édition du 29 septembre, le journal revient sur la demande de démission du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, expliquant que la tribune publiée dans le Monde a été signée par « Jean-Marc Ayrault au nom du groupe socialiste et Yves Cochet (Verts) pour le groupe GDR ». La gauche présente à l'Assemblée nationale se résumerait donc au Parti socialiste et aux Verts. Pourtant quasiment tous les autres médias ont respecté la liste des signataires, liste justement pensée pour faire apparaître l'ensemble des composantes politiques de la gauche siégeant à l'Assemblée nationale.

Ceci est d'autant plus surprenant que le groupe GDR comporte justement des députés communistes, du Parti de Gauche et des Verts. Peut-être que les journalistes de Libération n'ont pas une visibilité suffisante depuis les tribunes de l'Assemblée pour voir jusque dans les coins de l'hémicycle les députés assis à la gauche du Parti socialiste. Mais, même dans cette hypothèse, il est assez facile pour n'importe quel journaliste sérieux de savoir à quel parti appartient chaque député. Dès lors, les journalistes de Libération savent pertinemment que des députés du Parti de Gauche et du Parti Communiste siègent à l'Assemblée. Une fois cette information récoltée, le travail du journaliste n'est pas fini : il doit encore réussir à classer le député dans l'échiquier politique. Apparemment cela n'est pas si évident pour Libération.

Une autre hypothèse pourrait permettre d'expliquer le comportement de ce journal. Peut-être est-ce tout simplement un problème de daltonisme qui fait que Libération n'est capable de voir que les couleurs rose et verte mais pas le rouge.

Ce n'est pas la première fois que ce journal – d'autres médias sont aussi des habitués de ce genre de pratiques – censure le Parti de Gauche. Ainsi Libération avait annoncé le concert « Touche pas à ma nation » en sélectionnant les heureux élus qui pouvaient apparaître comme signataires. Bizarrement, cette fois-ci aussi, le signataire du Parti de Gauche, en l'occurrence Jean-Luc Mélenchon, avait disparu. Est-il si dangereux que les lecteurs de Libération apprennent qu'il existe une autre force de gauche que le Parti socialiste ?

Comme disaient les manifestants de mai 68, « laissez la peur du rouge aux bêtes à corne ».

Jeudi, 16 septembre 2010

Un régime de menteurs

Yes we lie

De mensonge en mensonge, ce pouvoir et cette majorité se déconsidèrent et abaissent les institutions.

Ainsi, hier, Bernard Accoyer a menti publiquement à propos de l'article du règlement de l'Assemblée nationale qu'il a détourné pour bâillonner l'opposition. Il a de même outrepassé ses fonctions en refusant le rappel au règlement d'un député non inscrit, après avoir accepté ceux des présidents de groupe. En effet, aucune distinction entre représentants de groupe et députés individuels ne figure dans les textes, quant aux rappels au règlement.

Après s'être assis de la sorte sur les droits des députés écrits en toutes lettres dans le règlement, Bernard Accoyer n'est plus digne d'être président de l'Assemblée nationale.

 

Article 49-13 Chaque député peut prendre la parole, à l’issue du vote du dernier article du texte en discussion, pour une explication de vote personnelle de cinq minutes. Le temps consacré à ces explications de vote n’est pas décompté du temps global réparti entre les groupes, par dérogation à la règle énoncée à l’alinéa 8.

Ainsi à aucun moment il n'est indiqué que le président de séance a la possibilité de limiter ce droit.