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Lundi, 3 octobre 2011

Déplacement officiel en Bolivie

En tant que vice-présidente du groupe d'amitié France-Bolivie de l'Assemblée nationale, j'ai participé la semaine dernière à une délégation qui s'est rendue en Bolivie pour un séjour sur place assez court de quatre jours, plus une journée au Pérou, à Lima.

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J'ai pu profiter de ce séjour pour essayer de comprendre où en était le processus lancé avec l'accession au pouvoir d'Evo Morales, premier président indigène, le 22 janvier 2006, réélu le 6 décembre 2009 avec plus de 64% des voix et la majorité dans les deux chambres du Parlement. J'y étais déjà allé il y a trois ans, cette fois là individuellement, au nom des Verts. Le fait de parler couramment espagnol m'a permis d'avoir non seulement des conversations officielles, parfois très protocolaires, mais surtout beaucoup d'échanges informels avec des personnes très différentes.

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Mercredi, 8 décembre 2010

Procès de la dictature chilienne à Paris

Tant d'années à attendre, pour qu'enfin un procès se tienne contre l'impunité dont ont profité les militaires chiliens ! Certes, Pinochet est mort sans être jugé. Certes, les militaires mis en cause dans le procès qui vient de s'ouvrir aujourd'hui à Paris ont préféré la politique de la chaise vide et seront jugés selon la procédure "de défaut criminel", qui a remplacé la contumace. Mais il était important que ce procès ait lieu, pour les familles, afin que soit enfin reconnues publiquement la disparition de leur proche et la responsabilité de la dictature militaire, et plus largement pour toutes les victimes chiliennes.

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En effet, les très nombreuses victimes des dictatures latino-américaines ont rarement été reconnues comme telles et des lois d'amnistie ont été imposées comme conditions pour le retour à la démocratie. Le combat politique, pour que les crimes commis par les forces de répression pays par pays et à l'échelle de l'Amérique Latine notamment dans le cadre du plan Condor soient jugés, reste d'actualité - comme la recherche des disparus.

Mais c'est aussi un signal dans le cadre de la lutte contre l'impunité en Amérique Latine et plus largement, surtout au moment où de nouveau des pays de cette région ont vu réapparaître des coups d'État (Honduras) ou des tentatives comme en Équateur.

Les familles de quatre Français disparus au Chili et en Argentine, entre 1973 et 1976, du fait de la répression menée par Pinochet, ont donc obtenu que se tienne un procès pour "séquestration suivie d'actes de torture et de barbarie". Aux côtés des proches de Georges Klein, Étienne Pesle, Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet, les parties civiles sont l'Association d'ex-prisonniers politiques chiliens - France (AEXPPCH - France), la Corporation de Promotion et Défense des Droits du Peuple (CODEPU, Chili), France Amérique Latine, la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l'Homme. J'ai été honorée d'accueillir ces militant-e-s à l'Assemblée nationale le 30 octobre, pour un colloque faisant le point sur la préparation du procès.

Ces dossiers ont été retenus parce qu'il s'agit de ressortissants français, condition pour que le procès puisse avoir lieu à Paris, et parce que les familles ont déposé plainte. Mais à travers ces quatre disparitions, autant d'aspects différents de la répression exercée par la dictature chilienne tout au long de son règne seront mis en lumière : contre les proches d'Allende au palais de la Moneda dès le coup d'État du 11 septembre 1973, contre les acteurs de la réforme agraire, contre les militants politiques participant à la résistance, et enfin dans le cadre du plan Condor à l'échelle de l'Amérique du Sud. Je vous propose en téléchargement la note rédigée par les parties civiles ainsi que le dossier de presse. Ces documents présentent chacun des quatre disparus, les accusés, et un bref historique des poursuites judiciaires.

Un rassemblement de soutien aux victimes était organisé aujourd'hui, place Saint Michel, entre 11h et 14h. Vous pourrez rejoindre les deux rassemblements suivants, prévus au même lieu, à la même heure

  • le lundi 13 décembre,
  • le jeudi 16 décembre.

Et pour toutes celles et ceux qui ont participé à la solidarité avec le Chili dans ces années noires de la dictature ou tout simplement pour les plus jeunes qui veulent s'informer, manifester leur solidarité, nous pourrons nous retrouver le vendredi 17 décembre à partir de 17h à la mairie du 3e arrondissement, pour un compte-rendu du procès suivi d'une soirée festive. Pierre Aidenbaum, que je remercie d'avoir accepté d'accueillir cette rencontre, sera bien entendu présent.

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