Lundi, 29 janvier 2018

Législatives partielles : les candidats du gouvernement reculent

- La première leçon des deux législatives partielles de ce week-end est la marée d'abstention, 29,5% de participation dans la 90-1 (Belfort) contre 49,74% en juin et 20,33% contre 48,09% dans la 95-01 (Pontoise).

- Dans les deux cas les député.e.s invalidé.e.s arrivent en tête. Les électeurs qui se sont déplacés ne leur tiennent pas rigueur de l'annulation (pourtant à Belfort l'élu LR de juin est accusé de faux tracts !) et les autres ont préféré rester chez eux.

Au final ces deux constantes des partielles d'un fort taux d'abstention et de la prime au sortant semblent, au soir de ce premier tour, perdurer.

Dans les deux cas, les candidats LREM reculent nettement, moins 5 points par rapport à juin avec moins de la moitié des voix dans la 90-01 et moins 6 points et demi avec seulement un tiers des voix de juin récupérées (34,51% exactement) dans la 95-01.

A l'inverse les candidats de la droite traditionnelle mobilisent mieux leur électorat (95,87% de celui de juin dans la 90-01 et 56,47% dans la 95-01) et progressent en % dans les deux circonscriptions : +15,32 points à Belfort et quasiment 6 points de plus à Pontoise.

Alors que l'électorat de droite apprécie la politique économique et sociale menée par Macron que l'UMP n'a pas osé faire, celui qui s'est mobilisé ce week-end préfère quand même voter pour l'original LR que pour la copie LREM.

L'autre enseignement de ces partielles est la débâcle du PS avec 2,6% à Belfort !!! ancienne circonscription de Chevènement puis de Raymond Forni, président de l'assemblée nationale. Certes c'est un peu mieux dans la 95-01 avec 6,88% mais cela montre que le score de Hamon à la présidentielle n'était pas qu'un mauvais moment à passer pour le PS. Le PS est relégué à un statut de force politique résiduelle.

EELV avait choisi de présenter des candidats dans les 2 circos alors qu'en juin ils soutenaient le candidat commun MRC-PS à Belfort où cette fois-ci ils ont visiblement réussi à attirer une fraction de l'électorat PS déçu. Lorsqu'on regarde de plus près la situation dans la 95-01, on voit qu'il y avait 3 candidats se réclamant de l'écologie en juin : EELV, le Trèfle et l'AEI. La somme de leurs résultats en pourcentage 6,87% correspond au score de janvier de la seule candidate EELV 6,88%. Il y a donc stabilité du vote écolo.

Globalement on peut supposer qu'une fraction de l'électorat, tant LR que PS ou EELV qui avait pu être attiré en juin par un vote pour En Marche, est peut-être cette fois-ci retourné vers son vote d'origine.

Le FN recule très nettement perdant 10 points dans la 90-1 et 5 points dans la 95-1. Certes il sort vainqueur de son affrontement avec les Patriotes de Philippot qui ne font que des scores dérisoires (1,19% et 1,99%). Mais si on totalise les voix de tous les candidats d'extrême-droite on se rend compte que le recul n'est que de 4,17 points dans la 90-1 et qu'il y a même une progression d'1 point dans la 95-01 (18,24 au total contre 17,37 en juin). Dans les deux cas l'apparition de candidat Debout la France (4,31% et 3,82%) pourtant absents en juin a affaibli les scores du FN plus que ceux de LR.

Du côté de la France Insoumise il s'agissait des premières partielles pour ce nouveau mouvement politique et ce dans deux circonscriptions de droite. Il était donc difficile de prévoir comment se comporterait son électorat. Les résultats sont encourageants car ils montrent que les scores de juin n'étaient pas un simple effet de soufflet uniquement lié au lien présidentielle/législatives. Elles ont aussi permis de tester la capacité de mobilisation et d’initiatives dans des territoires pourtant pas des plus favorables. Bravo aux équipes locales pour leur investissement.

Dans ces deux partielles, la France Insoumise qui était arrivée an quatrième position derrière le FN dans ces circonscriptions de droite, passe aujourd'hui en troisième position devant le FN et s'affirme ainsi clairement comme la première force d'opposition populaire.

Maintenant la configuration politique était différente entre les 2 circonscriptions. Dans la 90-1, Anaïs Beltran était candidate FI soutenue par le PCF (qui avait présenté un candidat en juin) et par le MRC (qui était le candidat commun au PS au MRC et à EELV en juin). Le résultat montre qu'il n'y a pas eu addition des voix (11,62% contre 12,17% en juin pour la seule FI). Certains des électeurs FI ont reproché l'alliance avec deux forces politiques assez éloignées de l'écologie. il est ainsi démontré que les grandes incantations au rassemblement à gauche ne rencontrent pas d'écho dans l'électorat lorsque cela apparaît trop artificiel.

Dans la 95-1 Leila Said, candidate FI, a vu son score progresser de 1,34 points et arrive même en tête dans sa ville de Persan, deuxième ville de la circonscription, avec 22,91% des voix.

Ces deux partielles sont au final pleines d'enseignement sur l'état des forces politiques actuelles. On peut dire qu'il y a aujourd'hui trois forces politiques principales, chacune avec des évolutions contrastées, qui structurent le champ politique mais avec une bagarre de leadership à droite entre LR et LREM. La France Insoumise s'affirme de son côté comme la première force d'opposition et d'opposition populaire aux politiques libérales et désastreuses pour l’environnement.

Mercredi, 2 novembre 2016

Pour ne pas se réveiller trop tard lorsque ce gouvernement aura supprimé l'envoi de la propagande électorale

Le gouvernement veut supprimer l'envoi par courrier aux électeurs, des professions de foi et des bulletins de vote des candidats aux élections législatives. C'est prévu dans le projet de budget soumis au parlement dans les semaines qui viennent (Texte de l'article 52 du projet de budget ). La même décision va être prise par décret pour la présidentielle.

La seule justification consiste à vouloir faire des économies sur le dos de la démocratie en utilisant comme d'habitude la novlangue : "moderniser". Lorsque ce mot apparaît, on peut être sûre qu'un mauvais coup se prépare. Et pour essayer de faire passer la pilule, on cherche évidemment à nous rassurer : des "garanties renforcées", une "campagne médiatique renforcée".

Extrait de l'exposé des motifs de cet article de loi :

Compte tenu des coûts économiques et environnementaux de la diffusion de la propagande électorale à l’ensemble des électeurs, le Gouvernement propose de moderniser les modalités d’envoi de la propagande électorale aux électeurs. ... La mesure proposée s’accompagne de garanties renforcées, conformes aux nécessités de la protection des droits et de l’information des électeurs, au travers de la mise en ligne sur un site internet public des circulaires et des bulletins de vote des candidats, de la mise à disposition pour consultation, dans chaque mairie et, le cas échéant dans chaque préfecture et sous-préfecture, d’une circulaire de chaque candidat et d’une campagne médiatique renforcée répondant à la nécessité d’informer les électeurs de ces modifications.


La réalité est bien différente.

Selon des études, un quart des électeurs n'ont pour seule information électorale que ce matériel reçu à domicile, qui de plus permet de comparer les propositions des divers candidats afin de choisir en connaissance de cause, notamment pour le tiers d'électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche-droite.

Un quart des Français n'ont pas d'accès internet à domicile, notamment dans les milieux à faible revenu et chez les personnes âgées. Pour les autres, encore faudra-t-il trouver l'information officielle indiquant les sites internet où ce matériel pourra être consulté. Mais même dans ce cas la lecture sur écran est bien moins confortable que du papier imprimé.

En 2012, le taux d’abstention a atteint jusqu'à 59% dans certaines communes populaires. Le rejet de la politique et son corollaire la perte de confiance dans l'utilité des élections n'ont fait qu'augmenter depuis.

Une telle mesure de restriction de l'information électorale aura comme effet d'augmenter encore plus le taux d'abstention, d'instaurer de fait un suffrage censitaire au détriment des électeurs des classes populaires et de pénaliser les candidats extérieurs au système PS-LR-FN.

Manuel Valls avait déjà essayé d'imposer cette régression anti-démocratique en 2013 pour les européennes. Il avait dû reculer devant le tollé à l'annonce de cette mesure On peut de nouveau le faire reculer.

- Parce que l'argument qui l'avait amené à reculer est toujours toujours valable : "il est nécessaire que chacun de nos concitoyens, où qu'ils habitent, quels qu'ils soient, puissent avoir le même niveau d'information à l'égard d'un scrutin électoral".

- Parce qu'il n'est pas possible de passer son temps à se lamenter sur le désintérêt des Français pour la politique et sur le risque d'une faible participation aux scrutins de 2017 pour ensuite mettre en place un dispositif qui vise de fait à exclure encore plus les électeurs les plus éloignés de la politique.

- Parce si le matériel n'est plus envoyé à domicile, nombre d'électeurs risquent de ne pas apprendre à temps les dates des élections législatives pour s'organiser pour aller voter.

La démocratie n'est ni un luxe ni une valeur réservée à ceux qui ont les moyens.

Alors signer et faites signer massivement la pétition qui exige le maintien de l'envoi du matériel électoral par courrier pour garantir l'égalité d'accès à l'information de tous les électeurs.

Samedi, 26 décembre 2015

Quelques réflexions de bilan des élections régionales et de la séquence 2012-2015

Ces élections nous amènent à revoir un certain nombre de certitudes telles que le PS va s'effondrer, nous pouvons passer devant le PS, le front républicain ça ne fonctionne pas, la solution ce n'est pas les partis mais l'implication citoyenne ... Le panorama à la sortie est pire que ce que nous avions imaginé au sens où aucune formule politique n'apparaît aller de soi. Mais il y au moins une évidence, ne pas avoir de stratégie nationale mène à la débandade.

  • Quelques traits généraux sur les résultats

Victoire du FN

S'il ne gagne aucune région au second tour, il est arrivé en tête dans 6 régions au 1er tour avec un score national de 28,42%. Les votes pour le FN rapportés au nombre d'inscrits, sont en constante augmentation. Rien ne sert donc de vouloir se rassurer derrière le niveau d'abstention. Après les 13,95% des inscrits à la présidentielle de 2012, la baisse des européennes (10,12%) n'aura été que momentanée et suivie d'une remontée avec 12,04 % aux départementales puis 13,29% à ce 1er tour des régionales, pour terminer au niveau jamais atteint de 15,058% des inscrits au 2ème tour. Le vote FN s'est nationalisé, même s'il reste plus faible dans l'ouest. Seules les grandes villes résistent. Dans le cadre des anciennes régions, le FN aurait gagné le Languedoc-Roussillon.

Forte abstention

Elle est de nouveau plus élevée dans les grandes villes et encore plus dans les villes et les banlieues populaires. Exemple en IDF, 67% au premier tour à Chanteloup les Vignes avec des bureaux à 79% mais à noter que la participation augmente de plus de 10 points dans les bureaux à plus forte abstention au 1er tour contre moins de 10 dans les autres, idem à La Courneuve, 69% à Trappes avec des bureaux jusqu'à 77% plus de 60% d'abstention au second tour à Bobigny, Aubervilliers et St Denis avec des quartiers atteignant 70-72% d'abstention.

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