Vendredi, 27 avril 2012

Quand Sarkozy-la-copie se prend pour l’original

Son discours flirtait déjà allègrement avec les thèmes du Front National lors de sa campagne du premier tour. Depuis dimanche, toutes les lignes ont été enfoncées, toutes les digues ont été abattues, toutes les barrières abaissées. Pour attirer à lui la plus grande part possible des 6,4 millions de voix qui se sont portées, le 22 avril, sur Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy est prêt à toutes les outrances, pas seulement sémantiques.

De jour en jour, de discours en discours, il reprend méthodiquement les idées, les thèses, les « obsessions », comme l’a dit « Le Monde » dans son éditorial, du Front National. Jamais un candidat de la droite dite « républicaine » n’avait franchi autant de pas idéologiques en direction de l’extrême droite, allant même jusqu'à juger le FN "compatible avec la République". Comme si le fait qu'un parti soit autorisé à participer aux élections lui donnait un brevet en matière de respect des valeurs républicaines. Il ne faut jamais oublier qu'Adolf Hitler est devenu chancelier par la voie des urnes. Au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait déjà fait référence aux « racines chrétiennes de la France », plaidé le « dépassement des corps intermédiaires », fustigé « le petit monde politico-médiatique parisien » dont il est pourtant un des plus illustres représentants. Il s’est érigé en candidats des frontières, comme pour montrer sa ressemblance avec Marine Le Pen, la candidate de l’entre soi.

Mais depuis dimanche, c’est un véritable déluge.

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Jeudi, 24 mars 2011

Propos de Claude Guéant : problème de français ou message inavoué ?

Le ministre de l'Intérieur récidive en matière de dérapage verbal. Voici la réaction que j'ai adressée à la presse.


Propos de Claude Guéant : problème de français ou message inavoué ?

C'est la deuxième fois que l'entourage de Claude Guéant explique les propos inadmissibles du Ministre de l'intérieur par des problèmes de syntaxe. Ce dernier vient en effet de sous entendre que les usagers des services publics ne devraient pas porter de signes religieux.

Aurait-il de graves lacunes dans la maîtrise de notre langue, ce ministre qui vient pourtant de réaffirmer dans la loi l'obligation de la maîtrise du français pour pouvoir accéder à la nationalité ?

Ou ne serait-ce pas plutôt une tactique assumée de se dire que l'opinion publique retiendra le premier message plutôt que le rectificatif ?

Car le message est là, répété jour après jour par Nicolas Sarkozy ou par son ministre de l'Intérieur pour imposer l'idée que nous sommes dans une guerre de civilisation entre chrétienté et islam. Une croisade comme dirait Claude Guéant.

En ciblant implicitement une seule religion, l'UMP est engagée dans une course sinistre avec le FN. C'est à celui qui attaquera le plus les immigrés à grands coups d'amalgames et en cultivant les peurs : un jour anti Rrom, le lendemain anti islam. Et demain ?

Cette surenchère incessante doit s'arrêter. La xénophobie d'État n'est pas plus acceptable que celle du Front National.

Lendemain d'élections cantonales

Même si du fait de la spécificité du statut de Paris, il n'y avait pas de scrutin dans la capitale, et si seulement la moitié des cantons étaient renouvelables dans chacun des autres départements, ces élections cantonales concernent tout le pays, par ce qu'elles expriment du paysage politique actuel.

Elles auront été marquées par un très fort taux d'abstention (56 %) avec des variations importantes selon les zones, jusqu'à 80 % dans certaines villes de la banlieue parisienne, montrant ainsi l'état de désespérance de quartiers entiers qui n'attendent plus rien de la démocratie. C'est dramatique. Après l'électorat de gauche déçu par les politiques mises en œuvre de 1997 à 2002 et qui l'avait fait savoir le 21 avril 2002, c'est aujourd'hui au tour de l'électorat de droite de donner la même leçon au gouvernement UMP-Sarkozy. Malheureusement, les déceptions des uns et des autres amènent soit à l'abstention, soit à « un coup de pied dans la fourmilière » qui s'exprime dans le vote FN.

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Mercredi, 9 mars 2011

La préférence nationale, socle du FN, incompatible avec les valeurs de la CGT

logo_CGT.GIF Depuis fort longtemps, et malgré le contenu antisocial de son programme, le Front national tente de s'implanter dans les classes populaires en essayant de capter à son profit l'instrument d'organisation et de lutte des salarié-e-s. Il y a quelques années, le lancement de pseudo-syndicats "maison", sous le vocable FN-(branche professionnelle) décliné métier par métier, a échoué.

L'heure est maintenant à l'entrisme, et la CGT, combative et reconnue dans les derniers mouvements sociaux, a été choisie comme cible, notamment en Moselle. Fort heureusement, le syndicat a su réagir. Mais l'alerte devait être lancée et les pendules remises à l'heure. Aussi, je souhaite partager avec vous le courrier que Bernard Thibault a adressé aux secrétaires généraux de son organisation, dont j'ai pris connaissance aujourd'hui.

S'il fallait n'en retenir qu'un bref extrait, "le concept de « préférence nationale » qui est le socle du FN (...) est contraire aux principes et aux valeurs fondamentales de la CGT inscrits dans ses statuts", et "on ne transige pas avec les valeurs fondatrices de la CGT."

Mais je vous laisse prendre connaissance du document complet, à télécharger grâce à ce lien.

Plutôt que de paniquer devant des sondages douteux, combattons résolument le FN par les armes de la raison, et démontons patiemment ses supercheries !

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