Vendredi, 27 avril 2012

Quand Sarkozy-la-copie se prend pour l’original

Son discours flirtait déjà allègrement avec les thèmes du Front National lors de sa campagne du premier tour. Depuis dimanche, toutes les lignes ont été enfoncées, toutes les digues ont été abattues, toutes les barrières abaissées. Pour attirer à lui la plus grande part possible des 6,4 millions de voix qui se sont portées, le 22 avril, sur Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy est prêt à toutes les outrances, pas seulement sémantiques.

De jour en jour, de discours en discours, il reprend méthodiquement les idées, les thèses, les « obsessions », comme l’a dit « Le Monde » dans son éditorial, du Front National. Jamais un candidat de la droite dite « républicaine » n’avait franchi autant de pas idéologiques en direction de l’extrême droite, allant même jusqu'à juger le FN "compatible avec la République". Comme si le fait qu'un parti soit autorisé à participer aux élections lui donnait un brevet en matière de respect des valeurs républicaines. Il ne faut jamais oublier qu'Adolf Hitler est devenu chancelier par la voie des urnes. Au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait déjà fait référence aux « racines chrétiennes de la France », plaidé le « dépassement des corps intermédiaires », fustigé « le petit monde politico-médiatique parisien » dont il est pourtant un des plus illustres représentants. Il s’est érigé en candidats des frontières, comme pour montrer sa ressemblance avec Marine Le Pen, la candidate de l’entre soi.

Mais depuis dimanche, c’est un véritable déluge.

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Vendredi, 30 mars 2012

Nous refusons toutes les haines

Dimanche dernier, nous avons défilé, nombreuses et nombreux, entre Bastille et Nation, en silence, pour rendre hommage aux victimes du tueur qui a frappé à Toulouse et Montauban. Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Arieh Sandler, Jonathan Sandler, Myriam Monsonego. Ce sont leurs noms, et ce sont ces noms que nous voulons retenir. A plusieurs reprises la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon a fort bien dit pourquoi ne retiendrions pas le nom de l'assassin, ni les prétendues « raisons » qu'il a pu invoquer dans l'espoir de « justifier » l'injustifiable. Il l'a fort bien exprimé le 21 mars à Gennevilliers, voici la vidéo :





Depuis, nous avons entendu Marine Le Pen raconter ses hallucinations, elle qui voit des terroristes débarquant en masse par bateaux et avions. Quant à Nicolas Sarkozy, qui se croit sans doute extralucide, il nous a inventé les "musulmans d'apparence" pour qualifier les jeunes militaires assassinés. Quelle misérable rhétorique !

Et lundi après midi, des adolescents ont été s'en prendre à un collégien parisien, accompagnant l'agression d'insultes antisémites. Que comprennent-ils de ce monde, pour commettre des actes pareils ?

Au Front de Gauche, nous avons une ligne dont nous ne dévions pas : le refus de toutes les haines. Ce qui passe aussi par l'analyse.

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Mercredi, 9 mars 2011

Loi Besson : jusqu'où l'escalade ?

J'avais déjà noté dans un billet publié ici que la course de l'UMP derrière les Le Pen s'intensifiait, à l'occasion des débats sur la loi "Besson", nième texte anti-immigrés de ce gouvernement.

Hier, je suis intervenue en discussion générale contre ce projet de loi, qui revient à l'Assemblée en deuxième lecture. Aujourd'hui à 18h30, je rejoindrai mes camarades du PG dans le rassemblement de protestation qui se tiendra place Édouard Herriot, à côté du Palais Bourbon.

Voici la vidéo des débats.





Vous pouvez télécharger mon intervention telle que retranscrite dans le compte-rendu officiel des débats en cliquant sur ce lien.

Je signale, parmi tous les sujets d'indignation et de mobilisation que recouvre ce texte, véritable fourre-tout xénophobe, la question des malades étrangers, qui a un écho particulier pour la vice-présidente du groupe d'étude sur le SIDA que je suis aussi. Les associations viennent de monter un site spécifique pour donner de la visibilité à leur campagne unitaire. N'hésitez pas à y prendre informations et matériel militant.

Jeudi, 7 octobre 2010

Loi Besson : quand Mariani fait du Le Pen

Le projet de loi Besson, dont la première version comprenait déjà de graves régressions, a fait l'objet d'amendements encore pire, pour traduire dans notre arsenal juridique la surenchère xénophobe de Nicolas Sarkozy. Ce texte sert de grand défouloir aux parlementaires UMP les plus proches de l'extrême-droite, dans un concours de surenchère censé traduire leur fidélité à leur maître, et leur efficacité à ratisser les voix du FN.

Membre du groupe de travail sur le SIDA à l'Assemblée, je suis intervenue mardi en faveur de la suppression de l'article 17 ter, qui se traduit par une régression considérable et irresponsable pour les étrangers malades qui ont besoin de soins en France. Je vous propose en téléchargement le communiqué de l'association Aides, ainsi que mon intervention et une sélection d'échanges qui ont suivi. De ce florilège particulièrement inquiétant, je tiens à mettre en exergue ceci :

Cependant, quand je rencontre, dans ma circonscription, des retraités agricoles qui ont travaillé toute leur vie – vous rencontrez très certainement les mêmes personnes dans votre propre circonscription – et à qui la sécurité sociale dérembourse déjà des médicaments, je n’ai pas envie d’être obligé de leur annoncer, demain, que l’implosion des dépenses de maladie et l’impossibilité pour la sécurité sociale d’atteindre son équilibre budgétaire nécessitent de nouveaux déremboursements.

Thierry Mariani, député UMP et rapporteur pour ce projet de loi

Chirac nous avait déjà fait le coup "du bruit et de l'odeur" à propos du "travailleur français dans son HLM", voici les "retraités agricoles qui ont travaillé toute leur vie". Décidément, quand cette droite là tente de faire peuple, elle montre tout son mépris en considérant que le peuple ne pourrait entendre d'autre langage que celui du FN.

Pour le communiqué d'Aides, c'est ici.

Pour le compte-rendu des débats, c'est là.