Voici le communiqué que je viens d'adresser à la presse, en réaction à l'annonce de l'accord entre la Ville de Paris, Unibail-Rodamco et Axa.


Unibail et Axa font main basse sur les Halles

L'accord entre la Ville de Paris, Unibail-Rodamco et Axa sur le financement de la rénovation des Halles se traduit par le transfert au privé des murs du centre commercial au delà de 2050, ainsi que des surfaces créées et d'une partie des voiries.

Depuis son lancement, le projet de rénovation des Halles aura lentement mais sûrement dérivé. Au départ, la nécessité d'agir était bien réelle : problèmes de sécurité liés à l'accroissement de la fréquentation de la zone des transports en commun, vieillissement des structures, aménagement insatisfaisant du jardin. Un premier dérapage, de la rénovation modeste au projet d'ambition international, est survenu lors du marché de définition. Au vu des propositions des quatre équipes retenues, il aurait certainement mieux valu déclarer le marché infructueux. Par la suite, l'évolution du projet de Canopée a condensé ce qui était déjà à l'oeuvre : la place dévolue au commerce et à la consommation n'a cessé de croître.

Dans le même temps, la décision de ne pas augmenter, même modestement, la fiscalité locale entre 2001 et 2008 a débouché sur les conséquences prévisibles : une forte hausse fiscale en pleine période de crise, et une capacité de financement public réduite pour les opérations d'urbanisme décidée dans la première mandature Delanoë.

Au final, nous assistons à la vente du foncier par une mairie de gauche. Lorsque Jean Tibéri était maire de Paris, je m'y étais opposée, à l'époque aux côtés des élu-e-s socialistes. Ce que j'ai combattu hier reste pour moi inacceptable aujourd'hui.