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Jeudi, 16 juin 2011

Soutien à la grève, Poste du Louvre

Fin mai, première alerte émanant des syndicats des personnels de la Poste du Louvre : le bâtiment, en partie vidé de ses activités par le départ du tri à Gonesse en 2007, va être en grande partie vendu pour accueillir commerces et bureaux. Déjà, c'est un choc, concernant un lieu aussi symbolique de la Poste. Avec en plus l'inquiétude sur le maintien de l'activité postale, les décomptes des surfaces dévolues aux différentes utilisations laissant la portion congrue pour le bureau de poste et la distribution, et sur les conditions de travail pendant les travaux. J'y reviendrai tout prochainement.

Depuis, nouvelle alerte : la distribution du courrier dans Paris centre (1er, 2e, 3e et 4e arrondissements) va être une fois de plus réorganisée. Les syndicats CGT et SUD de la Poste ont déposé un préavis de grève pour aujourd'hui. En déplacement (Lille hier soir, Nantes ce soir...), je n'ai pu être présente au rassemblement qui s'est tenu ce matin, mais je m'y suis fait représenter pour témoigner de mon soutien aux grévistes. A noter que les grévistes sont majoritaires, ce qui n'était pas gagné d'avance malgré les enjeux, car les salaires sont bas, et dans ces conditions, perdre une journée, c'est particulièrement dur...

Et voici le communiqué envoyé à la presse dans la foulée.


Communiqué de presse

Contre les restructurations et suppressions de postes, Martine Billard soutient les grévistes de la Poste du Louvre

Ce matin, la majorité des facteurs et factrices des 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements était en grève, suite aux préavis déposés par la Cgt et Sud-Ptt, à la Poste du Louvre. Leurs mots d'ordre :

  • refus de 30 suppressions d'emploi,
  • maintien des régimes de travail,
  • maintien de l'organisation actuelle des tournées.

Martine Billard a apporté son soutien à leurs revendications. Alors que le site de la Poste du Louvre fait l'objet d'un projet de bradage immobilier, c'est la troisième réorganisation de la distribution du courrier dans le centre de Paris en cinq ans. Une logique de rentabilité immédiate, liée à la privatisation de la Poste, prévaut au détriment du service rendu aux usagers, de l'emploi et des conditions de travail. Les tournées varient en cours de semaine selon les prévisions de flux de courrier, les secteurs attribués changent régulièrement, remettant en cause la relation aux usagers, inquantifiable mais essentielle à la qualité du service public, surtout dans des quartiers où la distribution finale par les gardiens d'immeubles est encore fréquente. La pression exercée sur les facteurs et factrices ne pas donne lieu à des compensations à la hauteur de la pénibilité de leur travail. L'ouverture à la concurrence, suivie d'une privatisation rampante, a une nouvelle fois prouvé son caractère néfaste pour le service public. Une nouvelle aggravation n'est pas acceptable. Martine Billard informera la direction de la Poste de son appui au mouvement par un courrier.

Vendredi, 10 juin 2011

Affectation des élèves en collèges : les parents sont inquiets

Les politiques libérales menées par Sarkozy font sentir leurs effets de plus en plus fortement. Le choix dogmatique de supprimer des postes dans la fonction publique, en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux, quelles que soient les évolutions des besoins en termes de services publics, a connu dans l'Éducation nationale une première période sous le signe du camouflage. Les postes visés étaient alors les moins visibles pour les parents. Mais désormais, pour tenir le cap, ce sont les postes d'enseignants présents à temps plein devant les classes qui disparaissent, alors qu'en primaire et au collège, les effectifs d'élèves s'accroissent, traduction de la poussée démographique des années 2000.

Les conséquences se font sentir au quotidien, avec des classes surchargées et des absences d'enseignant-e-s prévisibles et prévues (formations, réunions des instances paritaires, congés maternité...) qui ne font l'objet d'aucun remplacement. Cette politique transforme aussi en casse-tête l'affectation des élèves en classe de 6e. Alors que la Ville de Paris consent des efforts pour agrandir les collèges, c'est bien le nombre d'enseignant-e-s disponibles qui pose problème. L'an dernier, l'affectation en 6e fut particulièrement chaotique, et le collège César Franck, dans le 2e arrondissement, avait été particulièrement touché, car il présente la particularité d'enseigner l'Italien en première langue vivante, dans la continuité des enseignements des écoles élémentaires du secteur.

Cette année, la politique nationale ne s'étant pas améliorée, le pire est à craindre. La FCPE Paris s'en inquiète dans le communiqué suivant. Je rejoins ses constats et j'appuie sa mobilisation. A ce propos, je tiens à rendre hommage à la combativité des parents d'élève de l'école de la Jussienne et du collège César Franck. Tous les mardis depuis le 15 mars, l'école fait l'objet d'une occupation administrative. Le collège a rejoint ce mouvement il y a quatre semaines. Les questions de formation des enseignant-e-s, de leur remplacement, d'effectifs, de libre choix de poursuivre l'apprentissage de l'Italien... sont au cœur de leur engagement pour l'école publique. Au-delà des revendications "locales", c'est bien le système éducatif dans son ensemble qu'ils et elles défendent, tout en appuyant les personnels de l'Éducation nationale.

Ce mouvement mérite d'être soutenu... et étendu !

Vendredi, 1 avril 2011

Hôtel-Dieu : la défense s'organise

Je vous avais fait part des nouvelles menaces qui pèsent sur le devenir de l'Hôtel-Dieu.

Hier se tenait la première réunion de la coordination pour la défense de l'hôpital public du centre de Paris. J'y étais représentée. Voici quelques premières informations.

Tout d'abord, rendez-vous à 13h45 demain samedi, sur le parvis de l'Hôtel-Dieu, pour les habitant-e-s de Paris centre et les personnels de l'Hôtel-Dieu qui souhaitent rejoindre la manifestation pour la santé publique, appelée à Bastille à 14h30.


Hotel-Dieu_en_lutte_bis.jpg


Pour donner des perspectives de long terme positives, un groupe de médecins de l'Hôtel-Dieu, responsables de services qui se projettent dans une quinzaine d'années, travaille sur un projet médical qui regrouperait cinq pôles :

•  des urgences efficaces,

•  la médecine ambulatoire,

•  le plateau technique nécessaire aux deux pôles précédents (dont radiologie, biologie, pharmacie...),

•  des lits d'aval en nombre suffisant,

•  un pôle de santé publique orienté vers des réponses opérationnelles.

L'ensemble est pensé dans une démarche où les différents spécialistes seraient là pour répondre à une approche globale de la santé des patients, et plus contingentés chacun dans un service étanche aux autres unités médicales, et dans la complémentarité par rapport à l'offre de santé à Paris. Il s'agirait de regrouper à l'Hôtel-Dieu ce qui manque ailleurs.

Ce projet sera prochainement soumis à l'ensemble des personnels soignants, et dans une dizaine de jours, présenté publiquement pour recueillir les avis des patients, des élu-e-s, des habitant-e-s du centre de Paris.

Mais nous savons que seule une forte mobilisation permettra à un tel projet de voir le jour, en lieu et place des opérations prévues par la direction de l'AP-HP, dans une logique de simple réduction des coûts (comprendre : réduction des effectifs et des services rendus). Aussi, en plus des modes d'information habituels (tracts, pétitions, affiches), des actions "visibles" sont en cours d'élaboration (mobilisation éclair symbolique, réappropriation des lieux par les (futurs) patients...).

Pour compléter l'argumentaire, des fiches techniques avec les données essentielles pour comprendre ce qui est en jeu seront diffusées.

La présence hier de personnels de l'Hôtel-Dieu, de leurs organisations syndicales, de médecins responsables de services, de citoyens membres des conseils de quartiers, d'élu-e-s des 2e, 3e et 4e arrondissements, de patients organisés en associations, de personnels d'autres établissements hospitaliers, augure bien de la mobilisation naissante.

Vendredi, 11 février 2011

Deux victoires !

Je vous avais fait part dans mon billet d'hier des conséquences de la politique de destruction des postes dans l'Éducation nationale à Paris. Ce matin, le Rectorat a reculé sur la fermeture de classe initialement prévue à la maternelle de la rue des Archives ! Une belle victoire à porter au crédit de la mobilisation, parents et enseignants ensemble pour la défense de l'école publique. Dans le même temps, nous savons que les objectifs d'ensemble restent inchangés, et que le Rectorat va tenter de prendre ailleurs ce qu'il a perdu ici. Espérons que cela ne se fasse pas au détriment d'une école rencontrant plus de difficultés. Comme le proclame la banderole de l'école : "pas de fermeture de classe, ni ici, ni ailleurs !" Il reste donc à se mobiliser pour un changement d'ensemble de la politique éducative et, plus largement, en matière de services publics.

10.09.07-Franprix_Bretagne.JPG D'autre part, l'intersyndicale du commerce (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, et SUD), réunie sous le signe Clic-P, vient de faire connaître un jugement en référé du Tribunal de grande instance de Paris, rendu hier. Les sociétés Monop, Avidis, Touatis et Zoveco Dis, qui exploitent des magasins sous enseignes Monop, Franprix et G20, ont été enjointes de respecter les règles sur le repos dominical en vigueur à Paris, sous astreinte de 6000 € par infraction constatée. Elles devront cesser d'employer des salariés, au plus tard à 13 heures le dimanche et faire le choix de fermer le dimanche ou le lundi.

J'avais alerté sur les manquements à la loi des grands commerces alimentaires et questionné le gouvernement à ce sujet. Fin septembre, j'avais enregistré avec joie une victoire locale : le Franprix de la rue de Bretagne dans le 3e était rentré dans la légalité. Sa devanture ne clame plus la violation de la loi, les horaires du dimanche ont été grattés et pas remplacés... Action après action, nous arriverons à imposer le respect de loi !

Jeudi, 10 février 2011

Enseignement : restrictions à Paris centre comme partout !

En ce jour de grève des enseignants du second degré, je vous propose un point sur les conséquences locales de la politique de coupes budgétaires et de casse du service public de Sarkozy, grâce aux informations diffusées par le SNUIPP et la FCPE.


  • Dans le premier degré

Toute la difficulté pour faire passer les 16 000 suppressions de postes exigées nationalement dans l'Éducation nationale, c'est de les concrétiser sans trop de vagues. A Paris, 600 élèves de plus sont attendus. 77 postes doivent disparaître. Pour réaliser le tour de passe-passe, la méthode, c'est de cibler prioritairement les postes qui ne se voient pas trop, ou dont la suppression aura des effets "dilués".

Première cible, une fois encore, les RASED. L'aide aux enfants en difficulté trinque de nouveau, avec la suppression de 30 postes prévue à Paris. En particulier, le RASED qui couvre les 1er, 2e et 4e arrondissements devrait perdre un poste orienté sur les difficultés comportementales et pédagopsychologiques.

Deuxième cible : les remplaçants ! Si le prof des écoles de vos enfants est en stage long ou en formation continue, s'il est malade ou si elle est en congé maternité l'an prochain, ne comptez pas trop sur un remplacement par un collègue qualifié : 28 suppressions de postes sont envisagées ! Les enfants seront temporairement répartis dans les autres classes... déjà surchargées !

Mater_Archives_4e_arrt.JPG

Sachant la difficulté à mobiliser sur ces deux aspects, j'ai tenu à les évoquer dans le courrier que j'ai adressé la semaine dernière au Rectorat, avant d'en venir à la défense de l'école des Archives.

Car tout cela ne suffit pas à tenir les objectifs gouvernementaux, et il faut bien prendre le risque de focaliser l'attention des parents d'élèves avec des fermetures de classe. Dans le centre de Paris, c'est la maternelle de la rue des Archives, dans le 4e, qui est visée. Contre toute logique : les inscriptions déjà enregistrées, en hausse, sans même compter les enfants de deux ans, montrent que le passage de 5 à 4 classes aboutirait à des effectifs de 32 voire 33 élèves par classe ! Qui plus est, une école à moins de 5 classes est ensuite une cible privilégiée lorsqu'il devient question de fermeture d'école pure et simple. Fort heureusement, les parents sont très réactifs. Le traumatisme de la fermeture de la maternelle François Miron, la fermeture récente d'une classe à Saint Merri : tout concourt à ce que la mobilisation déborde les murs de l'école. La pétition de soutien dépassait déjà les 600 signataires en début de semaine !

Jeudi dernier, plusieurs centaines de parents parisiens manifestaient leur mécontentement sous les fenêtres du Rectorat, à l'occasion de la réunion du CDEN. Une délégation de trois parents des Archives, accompagnés par Évelyne Zarka et Corine Faugeron, élues du 4e, et avec l'appui de représentants parisiens du SNUIPP et de la FCPE, a défendu le maintien de la 5e classe. Réponse officielle en CTP demain matin.



  • Dans le second degré

Pour accueillir les 2000 élèves supplémentaires attendus, il y aura... 110 postes de moins ! L'administration raisonne en "dotation horaire globale", c'est-à-dire, pour faire simple, en heures de cours à dispenser dans l'année. Dans le 2e arrondissement, le principal du collège César Franck estimait les besoins à 451 heures. Il en a obtenu 424 : 27 heures manquent ! Le collège Victor Hugo, dans le 3e, perd 45 heures. Les classes préparatoires du lycée Victor Hugo ne sont pas épargnées, avec 9 heures de moins.

Hors du centre, le cas du Lycée autogéré de Paris a valeur de symbole. En 1982, le ministre Savary avait permis deux expérimentations pédagogiques, à Paris et Saint-Nazaire. Le LAP est né ainsi, cogéré par ses enseignants et ses élèves. Il a beaucoup apporté à des lycéens et lycéennes qui vivaient mal la scolarité classique. Cette année, c'est l'équivalent de 5 postes qui sont supprimés, sur une équipe de 25 ! Autant dire que la survie de cet établissement est en jeu. Une pétition en ligne a été lancée par le soutenir.

Face à cette offensive sans précédent, il ne sera pas de trop que parents, lycéens et enseignants se rassemblent pour défendre ensemble l'école publique ! Je soutiens bien évidemment, comme tout le PG, les mobilisations en cours.

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