Mercredi, 9 mai 2012

Deux coups portés aux politiques d'austérité

Dimanche, les peuples français et grecs votaient. Tous deux ont porté un coup aux politiques d'austérité.

Pour ce qui concerne la France, notre peuple a mis fin au cauchemar sarkozien. L'extrême-droitisation de l'UMP n'a pas suffi pour renouveler le mandat du président sortant. L'axe Merkel-Sarkozy est brisé, ce qui était notre objectif du 6 mai. Pour autant, nous devons plus que jamais poursuivre nos efforts contre l'extrême-droite et ses idées, et pour la rupture avec les politiques austéritaires.

Voici les résultats de la 1ère circonscription de Paris.

  • Dans le 1er arrondissement, François Hollande a recueilli 4 047 voix, soit 47,93 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 2e arrondissement, François Hollande a recueilli 5 717 voix, soit 57,6 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 3e arrondissement, François Hollande a recueilli 10 445 voix, soit 61,35 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 4e arrondissement, François Hollande a recueilli 7 665 voix, soit 54,96 % des suffrages exprimés.

Dans les cinq arrondissements de Paris où Jean-Luc Mélenchon a réalisé des scores supérieurs à 14 %, François Hollande obtient :

  • 69,39 % des exprimés dans le 10e, (27 856 voix)
  • 67,76 % des exprimés dans le 11e, (46 972 voix)
  • 70,31 % des exprimés dans le 18e, (55 569 voix)
  • 67,64 % des exprimés dans le 19e, (51 165 voix)
  • 71,83 % des exprimés dans le 20e, (61 947 voix)

Le Front de Gauche a joué un rôle essentiel de mobilisation pour obtenir cette victoire de la gauche.

L'autre coup a été porté en Grèce. Il a occupé beaucoup moins de place dans la presse française, toujours plus attentive aux extrêmes-droites qu'à la montée en puissance des alternatives de gauche, quand elle ne cultive pas volontairement la confusion en renvoyant dos-à-dos néo-nazis et gauche antilibérale avec la thématique de la "montée des extrêmes". J'évoque ici l'excellent résultat de Syriza, arrivée en deuxième position, et en tête des organisations se réclamant de la gauche. Cette formation politique portait aux législatives le même message politique que le Front de Gauche en France. Dans l'ensemble, les résultats de ces législatives grecques sont très instructifs pour toute l'Europe, et singulièrement pour nous, ici même.

Analysons donc la situation en Grèce.

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Jeudi, 3 mai 2012

Journée du Souvenir, Premier mai : une semaine chargée d'histoire

Avant-hier 1er mai, avait lieu comme chaque année dans tous les pays du monde la manifestation pour les droits des travailleurs. A Paris, 250 000 personnes ont participé à un cortège syndical hyperdynamique. Cette manifestation du 1er mai se fait aujourd'hui en France dans le cadre d'un jour férié, chômé, payé, inscrit comme tel dans le Code du travail depuis 1947.

Mais à la fin du 19e siècle (à compter de 1890 au plan international) et jusqu'en 1919, où le 1er mai fut reconnu par la loi comme jour chômé, ne pas travailler en ce jour voulait dire faire grève et manifester, notamment pour la journée de huit heures. En 1886 à Chicago, puis en 1891 à Fourmies, dans le Nord, plusieurs grévistes sont tués par les forces de l'ordre.

Cette date est donc chargée d'histoire. Cela rend d'autant plus indécente la volonté de Nicolas Sarkozy de s'approprier cette date en utilisant qui plus est le terme aux relents pétainistes de "vrai travail".

Avant-hier, donc, se tenait à Paris une manifestation à l'appel d'une intersyndicale (CGT, CFDT, Solidaires, UNSA, FSU), soutenue par des partis politiques. La capitale a par ailleurs connu deux rassemblements politiques : l'un de l'extrême-droite, l'autre de la droite extrêmisée. Dans le discours prononcé à cette occasion par Nicolas Sarkozy, et dans les commentaires de certains de ses ministres, un vocabulaire récurrent dans l'histoire de la droite anti-sociale est de retour. En osant dire "poser le drapeau rouge et servez la France", en exaltant "les racines chrétiennes de la France", en faisant appel à "ceux qui aiment vraiment la France", Nicolas Sarkozy reprend de fait le vieux discours de l'anti-France. Tous ceux qui manifestent, tous ceux qui se battent pour la défense des droits des travailleurs, ne serviraient donc pas la France ? Mais qui s'expatrie à l'étranger pour ne pas payer d'impôts ? Qui délocalise les entreprises hors de France pour moins payer les salariés et ne plus être soumis à des normes environnementales et sanitaires trop contraignantes ?

Alors oui, la légitimité, mardi 1er mai, était du côté du cortège syndical. De nombreux citoyens avaient décidé de se joindre à cette manifestation pour dire eux aussi, Sarkozy dehors ! Et non seulement ils avaient le droit de le faire, mais en plus ils avaient raison.

Derrière les syndicats, le Front de Gauche a défilé, dans un cortège joyeux et nombreux. Combien de personnes sont venues me dire leur gratitude au Front de Gauche de leur avoir redonné le goût de se battre, la joie d'être là, la volonté de ne plus rien céder.

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Mais ce président qui essaie de s'approprier la France, n'a même pas jugé de sa responsabilité de président de la République d'honorer de sa présence les cérémonies en mémoire des déportés lors de la journée du Souvenir, dimanche dernier. Par contre, outre le ministre des Anciens combattants, ce qui est normal dans une telle cérémonie, nous avons eu le droit pour la première fois en dix ans à la présence d'un autre membre du gouvernement, le secrétaire d'État au Commerce extérieur. Quel rapport ? Aucun. Sauf que nous sommes peu de temps avant les élections législatives et que visiblement Pierre Lellouche a jugé qu'être présent pouvait lui être utile. Et pourtant, bien qu'il ait été député de Paris avant sa nomination au gouvernement, personne ne l'avait jamais vu à cette cérémonie depuis 1995.

Pour ma part, après avoir assisté le matin à la cérémonie dans le 3e arrondissement, je participais comme depuis 2002 à la cérémonie nationale, au Mémorial de la Shoah, puis au Mémorial de la Déportation. C'est toujours pour moi un moment d'émotion qui me renvoie à mon histoire familiale. Cette année, ce fut encore plus marqué, puisque parmi les derniers résistants présents se trouvait mon père, résistant déporté à Neuengamme, et l'un des peu nombreux rescapés...

Vendredi, 27 avril 2012

Quand Sarkozy-la-copie se prend pour l’original

Son discours flirtait déjà allègrement avec les thèmes du Front National lors de sa campagne du premier tour. Depuis dimanche, toutes les lignes ont été enfoncées, toutes les digues ont été abattues, toutes les barrières abaissées. Pour attirer à lui la plus grande part possible des 6,4 millions de voix qui se sont portées, le 22 avril, sur Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy est prêt à toutes les outrances, pas seulement sémantiques.

De jour en jour, de discours en discours, il reprend méthodiquement les idées, les thèses, les « obsessions », comme l’a dit « Le Monde » dans son éditorial, du Front National. Jamais un candidat de la droite dite « républicaine » n’avait franchi autant de pas idéologiques en direction de l’extrême droite, allant même jusqu'à juger le FN "compatible avec la République". Comme si le fait qu'un parti soit autorisé à participer aux élections lui donnait un brevet en matière de respect des valeurs républicaines. Il ne faut jamais oublier qu'Adolf Hitler est devenu chancelier par la voie des urnes. Au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait déjà fait référence aux « racines chrétiennes de la France », plaidé le « dépassement des corps intermédiaires », fustigé « le petit monde politico-médiatique parisien » dont il est pourtant un des plus illustres représentants. Il s’est érigé en candidats des frontières, comme pour montrer sa ressemblance avec Marine Le Pen, la candidate de l’entre soi.

Mais depuis dimanche, c’est un véritable déluge.

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Vendredi, 30 mars 2012

Nous refusons toutes les haines

Dimanche dernier, nous avons défilé, nombreuses et nombreux, entre Bastille et Nation, en silence, pour rendre hommage aux victimes du tueur qui a frappé à Toulouse et Montauban. Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Arieh Sandler, Jonathan Sandler, Myriam Monsonego. Ce sont leurs noms, et ce sont ces noms que nous voulons retenir. A plusieurs reprises la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon a fort bien dit pourquoi ne retiendrions pas le nom de l'assassin, ni les prétendues « raisons » qu'il a pu invoquer dans l'espoir de « justifier » l'injustifiable. Il l'a fort bien exprimé le 21 mars à Gennevilliers, voici la vidéo :





Depuis, nous avons entendu Marine Le Pen raconter ses hallucinations, elle qui voit des terroristes débarquant en masse par bateaux et avions. Quant à Nicolas Sarkozy, qui se croit sans doute extralucide, il nous a inventé les "musulmans d'apparence" pour qualifier les jeunes militaires assassinés. Quelle misérable rhétorique !

Et lundi après midi, des adolescents ont été s'en prendre à un collégien parisien, accompagnant l'agression d'insultes antisémites. Que comprennent-ils de ce monde, pour commettre des actes pareils ?

Au Front de Gauche, nous avons une ligne dont nous ne dévions pas : le refus de toutes les haines. Ce qui passe aussi par l'analyse.

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Mercredi, 14 mars 2012

Ensemble contre l'austérité scolaire !

C'est l'histoire d'un collège qui, depuis 1983, avait bâti son succès sur un projet pédagogique solide, qui a fait ses preuves et de quelle manière : alors que seulement 10 % des élèves passaient en seconde les années précédentes, la proportion passe à 50 % à partir de cette année 1983. Ce projet, construit autour de l'enseignement de l'Italien, spécificité du collège, et d'une équipe pédagogique stable, qui s'investit sur le long terme, se trouve aujourd'hui gravement menacé par la politique de Nicolas Sarkozy.

Parents et enseignants ont donc décidé, avec le soutien des élus locaux, de bloquer le collège César Frank, 5, rue de la Jussienne dans le 2e, ce jeudi 15 mars au matin, à partir de 7h45. Je soutiens pleinement cette initiative de résistance à l'égard de ces politiques qui saccagent l'école publique, notre bien commun. Je ne pourrai malheureusement pas être sur place mais serai représentée pour apporter toute ma solidarité au mouvement, qui a l'immense mérite d'associer parents d'élèves et professeurs autour de cette noble cause commune.

Par ailleurs, je salue et soutiens une autre initiative commune aux parents d'élèves (FCPE) et aux syndicats enseignants (SNUipp et SUD) : ce jeudi 15 mars, une soirée « comprendre & défendre le RASED » aura lieu à partir de 18h45, à l'école des Archives, 40 rue des Archives, dans le 4e arrondissement. Dans un premier temps, le documentaire « Un parmi les autres » de Pierre de Nicola sera projeté. Il sera suivi d'un débat autour de la situation des RASED, ces Réseaux d'aides spécialisés aux enfants en difficultés, qui sont mis à mal par ces mêmes politiques austéritaires. L'école publique est menacée, il est urgent de la défendre !

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