Je prends le temps aujourd'hui d'écrire. Impossible et inutile de le faire avant mais, et je m'en excuse d'avance, cela va être un peu long. Pour tirer les leçons de l'ensemble de la séquence électorale qui vient de se terminer, des affaires à l'UMP, de la politique du gouvernement et des conséquences de tout cela sur la décomposition politique en cours à droite comme à gauche, il était nécessaire de prendre du recul. Et même ainsi, il est encore bien difficile de cerner précisément ce qu'il faut faire dans les mois à venir. C'est le temps du tâtonnement, il faut savoir le reconnaître.

Pas la peine de tourner autour du pot : nous avons été battus à l'élection européenne. Les électeurs qui s'étaient mobilisés, portés par l'espoir lors de l'élection présidentielle derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon, n'ont pas vu cette fois-ci la nécessité de se déplacer. Beaucoup a été dit sur les raisons de cette abstention. Il serait erroné et dangereux de l'analyser comme une progression du désintérêt pour la chose publique. En fait, dans le contexte actuel et pour les européennes après le déni du vote démocratique contre le TCE en 2005, nombre d'électeurs n'ont pas vu l'intérêt de se déplacer car ils ont pensé que leur suffrage ne servirait à rien, n'aurait aucun pouvoir sur la modification des politiques européennes. Quant à la frange d'électeurs qui avaient été convaincus par le programme écologique de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, ils sont pour beaucoup retournés au vote EELV ou Nouvelle Donne cette fois-ci. Après, il y a tous les problèmes liés à l'image du Front de Gauche ces derniers mois, je ne vais pas développer plus ici car beaucoup a déjà été dit, et je pense que si les conséquences sont réelles, elles n'expliquent pas tout.