Mercredi, 25 février 2015

Un répit de 4 mois pour la Grèce pour améliorer le rapport de force

Depuis hier les médias se déchaînent pour annoncer que le gouvernement grec d'Alexis Tsipras a dû céder devant les exigences de Bruxelles. Reconnaître que la Grèce ait pu un tant soit peu tenir tête à la troïka et tout le discours sur l'impossibilité d'autres choix économiques serait invalidé. Or que pouvait faire le gouvernement d'Alexis Tsipras : rompre immédiatement avec la sortie de l'euro à la clé et l'inconnu quant aux conséquences sur le niveau de vie des grecs ? Il avait fait campagne sur le maintien dans l'euro. Il a respecté cet engagement. Il a donc négocié pied à pied pour gagner du temps et des marges de manœuvre dans le but de mettre en œuvre son programme. Mais les médias libéraux, laudateurs des coupes budgétaires, des baisses de salaires et pensions de retraite et de la réduction du nombre de fonctionnaires ne peuvent évidemment accepter qu'un gouvernement résiste à un tel programme. Il faut dénoncer inlassablement les mots et expressions qu'ils utilisent car ils sont révélateurs de la volonté d'écraser, de soumettre : « Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles , « reddition de Tsipras » ...

La question est donc de savoir si cet accord réduit largement ou non la capacité du nouveau gouvernement à atteindre ses objectifs à long terme : rompre avec l'austérité, relancer l'économie, en finir avec le clientélisme et l'oligarchie économique. Il ne faut pas non plus oublier ce à quoi la Grèce a échappé : les exigences de la troïka et le plan du précédent gouvernement présenté en novembre. C'est en ayant ces critères en tête qu'il faut examiner la lettre envoyée par Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances à Jeroen Dijsselbloem, son homologue néerlandais et président de l'Eurogroupe.

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Mercredi, 9 mai 2012

Deux coups portés aux politiques d'austérité

Dimanche, les peuples français et grecs votaient. Tous deux ont porté un coup aux politiques d'austérité.

Pour ce qui concerne la France, notre peuple a mis fin au cauchemar sarkozien. L'extrême-droitisation de l'UMP n'a pas suffi pour renouveler le mandat du président sortant. L'axe Merkel-Sarkozy est brisé, ce qui était notre objectif du 6 mai. Pour autant, nous devons plus que jamais poursuivre nos efforts contre l'extrême-droite et ses idées, et pour la rupture avec les politiques austéritaires.

Voici les résultats de la 1ère circonscription de Paris.

  • Dans le 1er arrondissement, François Hollande a recueilli 4 047 voix, soit 47,93 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 2e arrondissement, François Hollande a recueilli 5 717 voix, soit 57,6 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 3e arrondissement, François Hollande a recueilli 10 445 voix, soit 61,35 % des suffrages exprimés.
  • Dans le 4e arrondissement, François Hollande a recueilli 7 665 voix, soit 54,96 % des suffrages exprimés.

Dans les cinq arrondissements de Paris où Jean-Luc Mélenchon a réalisé des scores supérieurs à 14 %, François Hollande obtient :

  • 69,39 % des exprimés dans le 10e, (27 856 voix)
  • 67,76 % des exprimés dans le 11e, (46 972 voix)
  • 70,31 % des exprimés dans le 18e, (55 569 voix)
  • 67,64 % des exprimés dans le 19e, (51 165 voix)
  • 71,83 % des exprimés dans le 20e, (61 947 voix)

Le Front de Gauche a joué un rôle essentiel de mobilisation pour obtenir cette victoire de la gauche.

L'autre coup a été porté en Grèce. Il a occupé beaucoup moins de place dans la presse française, toujours plus attentive aux extrêmes-droites qu'à la montée en puissance des alternatives de gauche, quand elle ne cultive pas volontairement la confusion en renvoyant dos-à-dos néo-nazis et gauche antilibérale avec la thématique de la "montée des extrêmes". J'évoque ici l'excellent résultat de Syriza, arrivée en deuxième position, et en tête des organisations se réclamant de la gauche. Cette formation politique portait aux législatives le même message politique que le Front de Gauche en France. Dans l'ensemble, les résultats de ces législatives grecques sont très instructifs pour toute l'Europe, et singulièrement pour nous, ici même.

Analysons donc la situation en Grèce.

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