Vendredi, 27 janvier 2012

Faux-semblants sur les OGM

Grâce à la mobilisation des faucheurs d'OGM et ses scientifiques lanceurs d'alertes, le gouvernement avait fini par interdire la culture en France du maïs Monsanto 810, en 2008. Juridiquement, la décision reposait sur une clause de sauvegarde, qui a été annulée par le Conseil d’État, sur avis de la Cour de justice de l’Union européenne. Interrogée à ce sujet lors de la séance de questions au gouvernement de ce mercredi, la ministre en charge du dossier, Nathalie Kosciusko-Morizet, a prétendu que le gouvernement maintenait son opposition à la culture de ce maïs.

Curieuse opposition. Car le gouvernement, sous prétexte d'améliorer la qualité juridique de son texte, prend son temps. La ministre promet de le publier avant la période des semailles, avant la fin février. Mais comme elle est bien obligée de le reconnaître, les achats de semences auront déjà été effectués.

Ce qui revient à consentir à la politique du fait accompli de la part des firmes qui monopolisent le commerce des semences... Il sera d'autant plus facile de se dédouaner des reculs à venir, au nom de la préservation des intérêts économiques de ceux qui tenteront le passage en force !

Vendredi, 18 février 2011

Du discours aux réalités concrètes : visite d'une ferme bio

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A l'heure où beaucoup de Parisiens se préparent à arpenter les allées du Salon de l'agriculture, j'ai visité jeudi la ferme bio de la Réome de Michel Picoche à Saint Just, en Côte d'Or. Je dois ouvrir mardi le forum du Front de Gauche sur l'agriculture, dans le cadre de l'élaboration du programme partagé, et cela fait du bien de confronter ses propositions aux réalités concrètes.

Sur 130 hectares de terres dont 110 de terres labourables, depuis le milieu des années 80, cette ferme élève moutons et chèvres, et produit les céréales nécessaires pour les nourrir. Alors que la filière élevage est globalement en crise, ce type de ferme bio avec autoproduction des céréales nécessaires à l'alimentation des animaux engraissés à la ferme s'en sort un tout petit mieux, car elle n'est pas dépendante des fluctuations du prix des céréales. Mais même ainsi, l'éleveur a des revenus peu élevés car les prix de vente de la viande couvrent juste le prix de production, et encore heureusement qu'il y a les subventions européennes dans le cadre de la PAC pour financer les investissements.

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Venant de la ville, j'ai évidemment dans la tête circuits courts, vente directe aux consommateurs, cantines bio, AMAP. Seulement voilà, pour la viande ce n'est pas si simple, parce que l'éleveur veut vendre toute sa bête et pas seulement les morceaux qui sont les plus consommés, car sinon, que ferait-il des morceaux restants ? De même à la remarque sur la hausse du prix du diesel, ma réponse d'écolo a jailli : mais pourquoi ne faites-vous pas du colza pour l'utiliser comme carburant pour le tracteur ? Seulement voilà, le colza en bio ce n'est pas facile, et vu le climat de la région, ce n'est pas la plante la plus intéressante pour la rotation des cultures.

Nous parlions relocalisation de l'économie et circuits courts, lorsque Michel Picoche m'a expliqué le problème de l'abattage. La plupart des abattoirs locaux ont fermé. Avant le plus proche était à 20 kilomètres mais il a arrêté de travailler avec les éleveurs indépendants et ne fournit plus que la grande distribution. Puis celui situé à 50 kilomètres a fermé, obligeant maintenant à faire 80 kilomètres. Ce qui fait un aller-retour pour amener les animaux, un aller-retour pour récupérer les carcasses découpées. Total : 320 km, qui ont un coût économique en carburant, et un coût environnemental en termes d'émissions de gaz à effets de serre ! Sans compter le stress des animaux.

En bref, une aberration totale.

Leçon de cette visite sur le terrain : il ne suffit pas de répéter des discours tout faits, faut-il encore s'assurer que cela coïncide avec les réalités. Ainsi à la question "mais que peut-on faire pour ce problème d'abattoir, sachant qu'ils doivent répondre à des normes très strictes ?", réponse de Michel Picoche : "faire comme dans les pays nordiques : avoir des abattoirs itinérants." Si j'avais entendu cette proposition dans une réunion en salle, peut-être que je ne l'aurais pas prise au sérieux. Mais en l'écoutant, tout en visitant la ferme et en intégrant par là même un peu plus concrètement les problèmes, la réponse apparaît de bon sens. Après tout, cela évitera de faire faire des kilomètres aux animaux et compte tenu du nombre plus réduit d'éleveurs, de nos jours, cela peut apparaître comme une meilleure réponse que de dire qu'il faut rouvrir de nombreux abattoirs qui n'auraient pas une activité suffisante.

Pour terminer nous avons devisé autour d'un fantastique jus de pomme bio fait à la ferme, moi qui adore cela.

Bilan : ne pas asséner des certitudes sans vérifier concrètement leur pertinence.

Jeudi, 17 février 2011

Qu'il est loin le Grenelle de l'Environnement !

Voici le communiqué que j'ai adressé hier à la presse, en réaction aux prises de position en séance du ministre de l'Agriculture.


Qu'il est loin le Grenelle de l'Environnement !

Bruno Lemaire, ministre de l'Agriculture, s'obstine à défendre les pesticides. La France est pourtant le pays qui utilise le plus de pesticides au détriment de la santé de ses habitants. Les agriculteurs en sont les premières victimes.

Encore aujourd'hui à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Agriculture s'est obstiné à opposer agriculture et environnement. L'aveuglement sur les conséquences néfastes pour la planète de la poursuite de l'utilisation massive de pesticides est criminel.

Certes, on ne s'étonnera pas d'une telle posture de la part d'un ministre membre d'un gouvernement qui vient de réduire les aides à l'agriculture biologique.

Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on supprime la maladie. Au lieu de s'en prendre à la campagne d'information de France Nature Environnement – campagne malheureusement censurée par la RATP –, Bruno Lemaire ferait mieux d'aider les agriculteurs à la reconversion écologique indispensable.

Alors que va s'ouvrir le Salon de l'Agriculture, il est temps d'abandonner le modèle productiviste et de promouvoir une agriculture respectueuse des sols, de la biodiversité et de la santé des êtres humains.

Mardi, 29 juin 2010

Rassemblement de la Confédération Paysanne

Rassemblement Confédération Paysanne - 29 juin 2010Je profite de ces quelques photos prises devant l'Assemblée nationale et mises sur la galerie du blog, pour vous relayer le programme des trois jours de rassemblement organisés par Confédération Paysanne.


Vous pouvez le trouvez également sur leur site internet avec les explications détaillées.

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