Jeudi, 1 décembre 2011

Accord PS-EELV suite : qu'en reste-t-il ?

Après l'affaire du Mox, l'affaire du droit de véto de la France à l'Onu, l'Ump s'en donne à cœur joie et rien ne dit que c'est terminé. Devant ce fiasco médiatique, une question lancinante revient à l'esprit : le PS a-t-il lu le texte de l'accord programmatique qu'il a signé ? Peut-on être amateur au point de ne pas prévoir la communication sur un tel accord ?

Le gouvernement et l'UMP sont totalement de mauvaise foi. Oui, et ? Depuis quand, dans un tel moment politique de bataille pour le pouvoir, seuls des arguments de fond, honnêtes, sont utilisés ? On peut le regretter, mais il faut être bien naïf pour l'oublier.

A moins que, pour le PS comme pour EELV, l'important n'ait pas été la partie programmatique.

En tous cas pour François Hollande c'est clair, la page est tournée, et il suffit de se référer à ses dernières prises de position pour le comprendre :

  • non, il ne sortira pas du nucléaire et il est «pour le nucléaire de nouvelle génération», ce qui implique que «l'industrie nucléaire, loin d'être affaiblie, sera à plusieurs titres sollicitée, et donc renforcée»
  • oui, il fermera bien Fessenheim, mais rien de plus dans son mandat,
  • «le chantier de Flamanville – avec le nouveau réacteur EPR – sera conduit à son terme»,
  • pas plus de fermeture de l'usine de La Hague, car «le système de retraitement des déchets et la filière qui l'accompagne seront préservés.»

Et de toutes façons, il n'est pas tenu par cet accord qui concerne les partis... ce qui laisse comme une impression de déjà vu.

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Vendredi, 9 septembre 2011

Une semaine ordinaire entre rentrée et justice à deux vitesses

Lorsqu'on parle de rentrée, on pense souvent à rentrée scolaire. Comme tous les ans, le ministre de l'Éducation nationale se félicite qu'elle se soit bien passée. Pour les enseignants et les parents, la vision est nettement moins rose.

Classes surchargées et coupes dans les enseignements considérés comme non prioritaires sont la conséquence de la diminution du nombre d'enseignants planifiée par l'UMP. Petit pas par petit pas, nous nous dirigeons de plus en plus vers une école à deux vitesses. La quasi suppression de la carte scolaire a fait fuir des banlieues populaires les meilleurs élèves ainsi que tous ceux dont les familles ont des possibilités pour se trouver une autre domiciliation. La réduction du nombre d'enseignants frappe de façon plus importante les établissements déjà en difficulté que ceux des centres villes.

La rentrée, c'est aussi le budget rectificatif 2011 dont la principale mesure, la taxation des mutuelles, va provoquer une augmentation de leurs tarifs. À côté, le marchandage sur le prix des entrées dans les parcs d'attraction, ou sur la taxation des chambres d'hôtel de luxe, apparaît indécent. Mais les élus locaux UMP sont plus vifs à défendre Walt Disney que la santé de leurs concitoyens. L'accès à la santé pour les familles à petit revenu sera encore une fois un peu plus dégradé.

La rentrée, ce sont aussi les plans de licenciement ou de fermeture d'entreprises qui repartent de plus belle.

Et la justice s'abat sur toutes celles et tous ceux qui essaient de résister : les Fralib à Géménos, mais Unilever a été débouté, les onze postiers des Hauts-de-Seine (dont Olivier Besancenot) qui pour avoir retenu quelques heures leurs supérieurs hiérarchiques, se voient condamnés pour séquestration et risquent ainsi de se voir révoqués ou licenciés selon leur statut.

Ce sont aussi les Déboulonneurs, qui se voient condamnés par jugement du 7 septembre pour avoir barbouillé des panneaux publicitaires (100 euros d'amende pour l'un, peine prononcée en mars 2012 pour sept autres, et 800 euros de dommages et intérêts au profit des publicitaires).

Ainsi, dans tous ces cas, la main de la justice ne tremble pas. Mais lorsqu'il s'agit de rechercher la responsabilité de l'épidémie de cancers suite à la catastrophe de Tchernobyl, là la justice se fait timide. Il ne serait pas possible de quantifier les conséquences sanitaires du passage du nuage radioactif sur la France. Rappelez-vous : en avril 1986, le professeur Pellerin affirme sur toutes les chaînes de télévision qu'il n'y a aucun risque, même pas d'ailleurs sur le site même de l'accident. La France est le seul pays d'Europe où un scientifique osera affirmer que le nuage s'est arrêté aux frontières nationales. Par son irresponsabilité et son aveuglement pro-nucléaire, Pellerin empêchera toute mise en œuvre de mesures de précaution. Il est donc à ce titre responsable de l'existence de nombreux malades de la thyroïde consécutifs à cette contamination. Lui a bénéficié d'un non-lieu.

Jeudi, 30 juin 2011

Un tournant pour le risque nucléaire

L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a été saisi pour mener une mission d'évaluation de la sûreté et la sécurité des centrales nucléaires françaises. Il vient de rendre un pré-rapport dont vous trouverez la version provisoire en suivant ce lien.

Voici le communiqué que j'ai adressé à la presse, au nom du Parti de Gauche.


Un tournant pour le risque nucléaire

Après le rapport de l'office parlementaire des choix techniques et scientifiques, on ne pourra plus jamais parler du zéro risque nucléaire en France. C'est l'enseignement majeur du pré-rapport publié aujourd'hui. Le rapport, qui considère également que « les impératifs de sûreté doivent être placés au dessus des impératifs économiques », va à l'encontre de toute la politique menée par l'Europe libérale.

Ce rapport pointe non seulement les lacunes du système nucléaire français mais également les moyens de gérer un accident majeur que l'on sait maintenant comme inévitable. Il propose par exemple d'innover dans le pilotage de robots à distance pour intervenir sur les sites contaminés. Pourquoi s'en préoccuper si ce n'est pour pallier à une situation envisagée comme inéluctable. La France n'est clairement pas à l'abri d'un accident nucléaire.

Le Parti de Gauche salue la préconisation de remédier à la sous-traitance en cascade qui précarise les travailleurs du nucléaire autant que les conditions de sécurité de la filière industrielle. Mais seul un pôle public de l'énergie avec embauche de tous les précaires du nucléaire peut permettre d'entreprendre une démarche opposée tout en permettant aux citoyens de reprendre en main les choix en matière énergétique.

Jeudi, 23 juin 2011

Fessenheim doit fermer immédiatement !

Le Parti de Gauche se prononce sans ambiguïté en faveur de la sortie progressive du nucléaire par la planification écologique. Le scénario négaWatt fournit une première base de travail pour réaliser cette transition énergétique tout en atteignant les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les premières mesures à prendre, avec l'arrêt des projets EPR, il y a la fermeture de la plus ancienne centrale en service, qui plus est située en zone sismique : celle de Fessenheim. Or, ce matin, un article de presse laissait entendre que nous allions la subir encore dix ans de plus ! J'ai réagi, au nom du PG, par le communiqué de presse ci-dessous.


Fessenheim doit fermer immédiatement !

Les révélations publiées aujourd'hui par Le Figaro sont inquiétantes. La décision de l'autorité de sûreté du nucléaire de prolonger de 10 ans la durée de vie de Fessenheim serait une énorme erreur.

Cette centrale est aujourd'hui la plus vieille centrale française en activité. Fessenheim est de plus soumise à des risques sismique et d'inondation. Pourquoi cherche-t-on absolument à prolonger sa durée de vie ? La recherche du profit ne peut plus primer sur les impératifs écologiques.

Alors que l'Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, alors que les Italiens ont exprimé le même souhait lors d'un référendum, serons-nous les derniers à comprendre que la sortie du nucléaire est inévitable ?

Elle ne se fera pas du jour au lendemain et doit donc être planifiée dès maintenant. L'arrêt immédiat de Fessenheim doit être le premier pas vers une nouvelle politique énergétique pour notre pays.

Mercredi, 16 mars 2011

Fuir le débat ne protège pas contre les risques nucléaires

Hier, le Premier ministre avait promis des déclarations importantes sur le dossier du nucléaire, à l'occasion des questions au gouvernement. En réalité, il n'a fait qu'annoncer un audit de sécurité de plus, mesure dilatoire lui permettant de ne pas traiter la vraie question : la sortie programmée du nucléaire.

Voici le communiqué que j'ai adressé à la presse.


Déclaration à la presse

Fuir le débat ne protège pas contre les risques nucléaires

Comme d'habitude François Fillon esquive le débat sur le nucléaire. Alors que le Japon connaissait très bien les risques liés aux séismes et aux raz de marée, cela n'a pourtant pas empêché la situation catastrophique que nous connaissons actuellement.

Ce n'est pas un énième audit dont nous avons besoin, ce qu'il faut, c'est tourner la page du nucléaire.

Cela commence par stopper la construction de l'EPR et revenir immédiatement sur la prolongation de vie de 40 ans de la centrale de Fessenheim, plus vieux réacteur français en service, construit avec les normes sismiques des années 60.

La sortie du nucléaire est possible et indispensable, planifions la dès maintenant.

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