Lundi, 16 janvier 2012

Et oui, M. le préfet, la vidéosurveillance ne marche pas !

J'avais évoqué la semaine dernière, dans ce billet, mon courrier au préfet de police, suite aux problèmes rencontrés par les militants qui vendaient l'Huma Dimanche rue Rambuteau. Le préfet a promptement répondu, me faisant même faxer son courrier dès vendredi.

Tout en donnant quelques éléments de droit susceptibles de justifier l'attitude des policiers, il renvoie à "leur propre appréciation" et leur "initiative". Cette prise de distance est complétée par la reconnaissance "qu'une solution autre que celle mise en œuvre par les policiers intervenant aurait dû prévaloir". Avec en conclusion l'annonce d'un rappel à l'attention des effectifs de police concernant "la nécessité de faire preuve de souplesse et de discernement" en cas d'intervention "pour un rassemblement de nature politique."

Un point retient mon attention : le préfet reconnaît que les policiers ont été "incités à se rendre sur les lieux à la suite d'une observation vidéo laissant penser à un rassemblement." Mais alors, le système de vidéosurveillance ne permet pas d'identifier et de comprendre ce qu'il se passe réellement sur la voie publique ? Et il peut même aisément être détourné de ses objectifs affichés de lutte contre la délinquance pour des buts moins avouables ? Que reste-t-il de l'argumentaire développé pour faire passer le plan de vidéosurveillance ? Cela vaut bien la peine de déplacer un Premier ministre à l'occasion de son lancement !

Mercredi, 11 janvier 2012

Précisions sur le rassemblement de ce soir

Voici le texte de l'appel unitaire au rassemblement de ce soir, lancé par le PCF, le PG, la FASE, le NPA, C&A, Act Up et des militants associatifs de défense des droits de l'homme, des sans-papiers... Depuis, la LDH de Paris centre et EELV Paris centre ont fait savoir leur présence à ce rassemblement. L'appel circule... N'hésitez pas à le relayer !


Libertés publiques : stop aux dérives policières, dans le 3e comme ailleurs

Depuis dix ans, la politique de contrôle policier de la population imposée par Nicolas Sarkozy conduit à des dérives répétées dans tout le pays.

Deux incidents graves viennent de se produire dans le 3e arrondissement.

  • Le vendredi 6 janvier à 5h, le matin, Denis (qui est salarié de l'association Act-Up et militant du NPA) a été interpellé sur la voie publique. Conduit au commissariat de la rue aux Ours, il a « osé » continuer de siffler l'Internationale malgré l'injonction de faire silence. Un policier l’a alors frappé au visage. Bilan : une fracture du plancher orbital de l'œil gauche (l'os situé sous l'œil), qui a occasionné douze jours d'ITT (incapacité temporaire totale de travailler). L'Inspection générale des services (IGS) a été saisie.
  • Le dimanche 8 janvier au matin, des militants du PCF qui vendaient l'Humanité Dimanche comme toutes les semaines depuis des décennies rue Rambuteau, ont vu leur identité contrôlée par la police. Motif invoqué : « trouble à l'ordre public » ! Il faut croire que la vente d'une presse démocratique légale par ces « dangereux » activistes menaçait la République ! C'est le dispositif de vidéo-surveillance qui a alerté la police de leur présence et de leur activité "coupable ».

Il est inadmissible que la police puisse limiter les conditions de l'expression démocratique libre et plurielle.

Nous appelons à

  • une distribution de tracts, en présence de Martine Billard, députée de la circonscription, et de délégations de toutes les organisations soussignées, mercredi 11 janvier à 18h30, à l'angle des rues Rambuteau et Beaubourg,
  • suivie à 19h d'un rassemblement devant le commissariat situé 4-6 rue aux Ours ;
  • un rassemblement dimanche 15 janvier à 10h30, rue Rambuteau.

Vendredi, 18 février 2011

Ils délogent Matignon, délogeons l'Élysée !

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Je vous avais raconté dans un précédent billet les débuts de la réquisition citoyenne du 22, avenue Matignon par le Collectif Jeudi Noir : un immeuble de bureaux vides appartenant à l'assureur Axa, avec vue sur l’Élysée. L'aventure s'est terminée ce matin, alors que je rentrais d'un déplacement en Franche-Comté.

Je vous livre le communiqué que le Parti de Gauche a immédiatement adressé à la presse.


Ils délogent Matignon, délogeons l'Élysée !

Le Parti de Gauche s’insurge contre l’intervention des forces de police qui ont délogé ce matin les occupants du 22, avenue Matignon. Nous demandons la libération immédiate de ceux d’entre eux qui sont pour le moment détenus par la police. 11.02-JN_a_Matignon-ext-Alix.JPG Celle-ci a utilisé les grands moyens, violemment, en cassant des vitres et du matériel, comme si les jeunes précaires qui occupaient cet immeuble de bureaux vide depuis des années constituaient un risque pour la sécurité du pays. Le risque, c’est la compagnie d’assurance Axa, 4,3 milliards de bénéfice en 2010, qui jette de jeunes précaires à la rue en plein hiver. Le risque, c’est ce gouvernement qui applique avec célérité une décision de justice inique qui privilégie une fois de plus le droit à la propriété, même quand elle n’est pas utilisée, au droit au logement. Avec cette réquisition citoyenne, le collectif Jeudi Noir a mis une fois de plus le doigt là où ca fait mal. Pas seulement sur le scandale du logement en France mais plus largement sur un système qui vénère le droit des actionnaires et foule les droits fondamentaux.

Après l’expulsion de la « Marquise », cet immeuble classé de la Place des Vosges est redevenu inhabité et inutile. Il en sera de même pour les 7 étages de cet immeuble parfaitement habitable du 8ème arrondissement de Paris.

De la terrasse du 22 avenue Matignon, on apercevait la cour de l’Élysée. Délogeons vite son occupant pour imposer que ceux de Matignon et tous les mal logés de France soient logés décemment.


merci à Alix de Jeudi Noir pour la seconde photo

Mercredi, 19 janvier 2011

Une rentrée sur les chapeaux de roues !

Pas de jours disponibles pour écrire sur ce blog. Il faut dire que l'actualité s'est accélérée, laissant peu de temps à l'écriture.

D'abord l'occupation de l'immeuble d'Axa du 22 avenue Matignon dans le triangle d'or du pouvoir par Jeudi Noir. Quel malicieux clin d'œil ! Je m'y suis rendue le vendredi 7 janvier au matin, avec nombre d'autres élus, pour l'annonce officielle de l'ouverture du squat. A vrai dire, nous avons bien cru que la police allait casser les vitres pour entrer. Il s'en est fallu de peu, comme cela m'a été confirmé.

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au 22, avenue Matignon
avec Ariane Calvo et François Longérinas
photo : Stéphane Burlot

Mais la présence de nombreux élus - parlementaires nationaux, européens, conseillers régionaux, conseillers de Paris, maires adjoints de Paris, d'arrondissements - plus une marée de journalistes, dont beaucoup avec des caméras, ont quand même fait reculer le gouvernement devant ce qui aurait été pour lui une catastrophe médiatique. La LOPPSI 2 n'est heureusement pas encore adoptée : Jeudi Noir ne peut donc être expulsé que sur décision de justice. Or, pour le moment Axa préfère négocier plutôt que de demander l'intervention des forces de l'ordre, à la grande fureur du gouvernement. Devant la situation – des forces de police filtrant les entrées dans le bâtiment – j'ai envoyé avec les élus de Paris du Parti de Gauche, une lettre ouverte au préfet de police. Vous pouvez signer en ligne la pétition de soutien.

Les manifestations et meetings se sont multipliés en soutien au peuple tunisien en lutte. On criait avec force « Ben Ali dehors ! », suivant avec angoisse l'évolution de la situation en Tunisie en voyant le nombre de blessés et de morts augmenter. On s'est demandé si Ben Ali avait bien pris la mesure de la situation lorsqu'il a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2014 ! Et la nouvelle est tombée vendredi. Il s'était enfui. Gloire au peuple tunisien qui s'est débarrassé du tyran grâce à un mois de mobilisations ! Le fruit était mûr. Il suffisait de secouer l'arbre pour qu'il tombe. Qui l'aurait cru ? J'insiste sur ce point, parce que parfois on élabore de grandes théories sur ce qu'il faut faire et un élément imprévu, comme ce chômeur réduit à vendre à la sauvette et qui s'immole pour dénoncer le harcèlement et l'arbitraire de la police, provoque un mouvement que personne n'aurait imaginé.

En tant que Français, nous ne pouvons que souhaiter au peuple tunisien de construire un État démocratique, laïque, sans corruption et avec moins d'injustices sociales. Immédiatement, nous devons être vigilants sur la confiscation des biens de Ben Ali et de sa famille et leur restitution au peuple tunisien.

Le mois de janvier est traditionnellement celui des vœux. Comme chaque année, le président de la République prononce ses vœux aux parlementaires. Avec mes collègues communistes, citoyens et du Parti de Gauche, nous avons choisi de ne pas y assister cette année. Nous ne voulions pas participer à une mascarade orchestrée par un président qui ne cesse de fouler aux pieds le Parlement et la démocratie. Il faut rappeler que c'est quand même sur ordre de l'Élysée que le président de l'Assemblée Bernard Accoyer a refusé les explications de votes des députés lors du débat sur les retraites.

Jeudi fut aussi la journée des vœux du Parti de Gauche à la presse. Puisque le PG a choisi d'avoir une co-présidence, nous avons, Jean-Luc Mélenchon et moi, fait le choix de présenter ces vœux en duo. Vous pouvez retrouver ces vœux en vidéo ci-dessous.

Ceux présentés par Jean-Luc :



et les miens :



Je voudrais à ce propos répondre à celles et ceux qui m'interpellent par leurs commentaires sur les passages dans les médias. Malheureusement, ce sont les médias qui décident qui ils invitent. Et même si Jean-Luc Mélenchon essaie de se faire remplacer, les médias refusent dans l'immense majorité des cas : c'est lui ou personne. Cela va même plus loin. Ainsi le communiqué du PG de réaction au discours de François Fillon engageant la responsabilité de son gouvernement était signé de nos deux noms. Seul le nom de Jean-Luc Mélenchon a été repris. Voilà la réalité des médias, les mêmes qui ensuite ne se gênent pas pour critiquer la prétendue personnalisation du Parti de Gauche autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon.

Vendredi, des bonnes nouvelles : Samana Tshibuyi retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau est enfin libéré et le centre IVG de Tenon devrait rouvrir. Dans les deux cas, la mobilisation aura payé.

Samedi, d'un côté une manifestation pour fêter la chute de Ben Ali, de l'autre une contre la loi LOPPSI 2. Deux combats pour défendre les libertés. Deux cortèges qui se sont rejoints place du Châtelet.

Le projet du gouvernement contenu dans la loi LOPPSI 2 est une véritable atteinte aux libertés individuelles et collectives. Catalogue de mesures sécuritaires, la LOPPSI 2 c'est notamment la possibilité d'expulser les logements jugés « non conformes » sous 48h et sans décision de justice. Les préfets, aux ordres du gouvernement, pourront ordonner des expulsions du jour au lendemain alors que jusqu'à présent la justice prenait le temps d'écouter toutes les parties et ne prononçait pas systématiquement l'expulsion.

La LOPPSI 2, c'est aussi le développement de la vidéo-surveillance et des entreprises de sécurité privées. Le préfet pourra même imposer des caméras de surveillance contre l'avis des municipalités. De plus, le gouvernement n'hésite pas à confier le domaine de la sécurité aux entreprises privés qui y voient un marché juteux.

Le projet du gouvernement s'attaque également à la spécificité du droit pénal des plus jeunes. En instaurant la comparution immédiate pour les mineurs, le gouvernement revient sur le fonctionnement propre au tribunal pour enfants. Jusqu'à présent, un mineur devait passer devant le juge des enfants afin que son parcours puisse être étudié en détail. Cela ne suffit pourtant pas à Christian Estrosi qui veut encore une nouvelle loi, cette fois-ci pour en finir définitivement avec l'ordonnance de 1945 de protection des mineurs.

Au nom de la lutte contre la pédophilie, combat tout à fait nécessaire, le gouvernement est également revenu à la charge et a réussi cette fois à imposer le filtrage d'internet.

En résumé, la LOPPSI 2 est un fourre-tout législatif bien dangereux pour nos libertés publiques.

Vendredi, 29 octobre 2010

Une commission d'enquête contre les répressions policières

Voici le communiqué que j'ai adressé hier à la presse, pour annoncer notre demande de commission d'enquête parlementaire.


Une commission d'enquête contre les répressions policières

Tirs de flash-ball sur les jeunes, réquisitions des raffineries, poursuites judiciaires de délégués syndicaux, il devient de plus en plus dangereux de s'exprimer alors que le droit de grève et de manifester sont garantis par la Constitution.

Les députés du Parti de Gauche, du Parti Communiste et des Verts ont déposé une demande de commission d'enquête pour faire toute la lumière sur les méthodes utilisées par les forces de l'ordre.

Des témoignages de manifestants, de journalistes, de syndicats convergent. Ainsi, il apparaît que des policiers ont utilisé des badges syndicaux ou politiques pour s'infiltrer dans des actions militantes.

Il est donc indispensable de savoir ce qu'il en est, sur quoi ont pu déboucher ces infiltrations, quels ont été les ordres donnés aux forces de l'ordre, avec quels objectifs et pourquoi ?

Il serait inadmissible que le gouvernement ait voulu utiliser les forces de l'ordre pour créer un climat de tension dans le pays.

Post-scriptum du 2 novembre :

vous pouvez télécharger le texte de la proposition de résolution en cliquant sur l'image ci-dessous

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