Vendredi, 18 novembre 2011

Délais de prescription pour les propos homophobes, sexistes et handiphobes

Hier matin, l'Assemblée examinait une proposition de loi socialiste visant à aligner, dans le domaine de la presse, les réponses juridiques aux provocations à la haine, à la violence et à la discrimination en matière de propos homophobes, sexistes et handiphobes sur ceux en vigueur en cas de propos racistes (le rapport est en ligne ici). J'ai présenté des amendements pour étendre cette mesure à la transphobie, et aux discriminations liées à l'état de santé. Le PS s'est engagé à les voter, l'UMP s'y est opposé.

Comme d'habitude, peu d'élu-e-s UMP étaient en séance et le gouvernement a demandé à réserver le vote, pour faire voter le groupe majoritaire en bloc mardi prochain. L'article 2, sur les délais de prescription, approuvé par le gouvernement, devrait passer. L'article premier, sur lequel portent mes amendements, ne passera pas.

Voici la vidéo de mon intervention dans la discussion générale :





Le site Yagg TV a mis en ligne une série de réactions à ce débat, que vous trouverez sur cette page.

Enfin, vous trouverez dans la suite de ce billet le communiqué que j'ai adressé à la presse à cette occasion, et sur le site de l'Assemblée le compte-rendu officiel des débats.

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Mercredi, 2 novembre 2011

Marre de tous les intégrismes !

Depuis le 21 octobre, des intégristes catholiques s'en sont pris de manière répétée au Théâtre de la Ville pour avoir programmé le spectacle "Sur le concept du visage du fils de Dieu", de Roméo Castelluci. Et maintenant, ils poursuivent leurs actions visant à censurer cette œuvre artistique jusqu'au 104, où elle est à l'affiche jusqu'au 6 novembre. J'ai bien évidemment rejoint le comité de soutien à la liberté de représentation de ce spectacle dès que j'en ai eu connaissance.

Cette nuit, les locaux de Charlie Hebdo ont brûlé. Le caractère criminel de l'incendie est établi et nous verrons ce que conclura l'enquête quant aux auteurs. Ce qui est sûr, c'est que ce journal avait reçu des menaces du fait de la publication aujourd'hui d'un numéro intitulé "Charia Hebdo" et critiquant les intégristes musulmans. Ces seules menaces contre la liberté d'expression sont déjà intolérables.

Le Parti de Gauche a immédiatement réagi par ce communiqué.

Plus que jamais, nous devons défendre la laïcité, la liberté de conscience, qui permet aussi bien l'incroyance que les croyances, la liberté d'expression, qui autorise la critique des opinions et croyances qu'on ne partage pas, y compris par le rire et la dérision, y compris par ce que les religieux désignent sous le terme de "blasphème". Notre république ne peut admettre de reculs sur ces fondamentaux, alors que les courants intégristes de toutes les religions sont à l'offensive partout dans le monde.

Vendredi, 24 juin 2011

Qui informera le Nouvel Obs que le Front de Gauche existe ?

Ça continue !

Je vous avais raconté les coulisses des débats organisés par le Nouvel Observateur et Terra Nova à Strasbourg.

Laurent Joffrin rend compte à sa manière de ces débats dans le dernier éditorial du Nouvel Observateur. Il distingue trois voies pour l'avenir, je le cite :

  • "Celle de la majorité sortante" (...)
  • "Celle de la gauche de gouvernement" (dont Terra Nova serait un bon exemple)
  • "Celle d'une gauche plus radicale enfin, qu'on trouve dans la minorité socialiste, chez les écologistes ou au sein du mouvement altermondialiste, (...), ainsi que l'ont illustré Arnaud Montebourg, Eva Joly ou Yannick Jadot."

Et le Front de Gauche, il est où ? Nulle part ? Nous étions pourtant trois intervenant-e-s invité-e-s.

Je peux admettre que la ligne éditoriale du Nouvel Observateur considère que la sociale-démocratie sauce FMI ait seule vocation à gouverner. Choix politique et polémique contestable, mais si vraiment c'est leur position, tant mieux s'ils l'assument. Mais nier purement et simplement l'existence d'une composante du paysage politique à gauche, en pleine dynamique de construction et de développement ! Nos propositions sont elles si sulfureuses pour Joffrin ? Ou bien, à partir du moment où l'on remet en cause la doxa libérale, doit-on devenir invisible à ses yeux ?

Mercredi, 19 janvier 2011

Une rentrée sur les chapeaux de roues !

Pas de jours disponibles pour écrire sur ce blog. Il faut dire que l'actualité s'est accélérée, laissant peu de temps à l'écriture.

D'abord l'occupation de l'immeuble d'Axa du 22 avenue Matignon dans le triangle d'or du pouvoir par Jeudi Noir. Quel malicieux clin d'œil ! Je m'y suis rendue le vendredi 7 janvier au matin, avec nombre d'autres élus, pour l'annonce officielle de l'ouverture du squat. A vrai dire, nous avons bien cru que la police allait casser les vitres pour entrer. Il s'en est fallu de peu, comme cela m'a été confirmé.

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au 22, avenue Matignon
avec Ariane Calvo et François Longérinas
photo : Stéphane Burlot

Mais la présence de nombreux élus - parlementaires nationaux, européens, conseillers régionaux, conseillers de Paris, maires adjoints de Paris, d'arrondissements - plus une marée de journalistes, dont beaucoup avec des caméras, ont quand même fait reculer le gouvernement devant ce qui aurait été pour lui une catastrophe médiatique. La LOPPSI 2 n'est heureusement pas encore adoptée : Jeudi Noir ne peut donc être expulsé que sur décision de justice. Or, pour le moment Axa préfère négocier plutôt que de demander l'intervention des forces de l'ordre, à la grande fureur du gouvernement. Devant la situation – des forces de police filtrant les entrées dans le bâtiment – j'ai envoyé avec les élus de Paris du Parti de Gauche, une lettre ouverte au préfet de police. Vous pouvez signer en ligne la pétition de soutien.

Les manifestations et meetings se sont multipliés en soutien au peuple tunisien en lutte. On criait avec force « Ben Ali dehors ! », suivant avec angoisse l'évolution de la situation en Tunisie en voyant le nombre de blessés et de morts augmenter. On s'est demandé si Ben Ali avait bien pris la mesure de la situation lorsqu'il a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2014 ! Et la nouvelle est tombée vendredi. Il s'était enfui. Gloire au peuple tunisien qui s'est débarrassé du tyran grâce à un mois de mobilisations ! Le fruit était mûr. Il suffisait de secouer l'arbre pour qu'il tombe. Qui l'aurait cru ? J'insiste sur ce point, parce que parfois on élabore de grandes théories sur ce qu'il faut faire et un élément imprévu, comme ce chômeur réduit à vendre à la sauvette et qui s'immole pour dénoncer le harcèlement et l'arbitraire de la police, provoque un mouvement que personne n'aurait imaginé.

En tant que Français, nous ne pouvons que souhaiter au peuple tunisien de construire un État démocratique, laïque, sans corruption et avec moins d'injustices sociales. Immédiatement, nous devons être vigilants sur la confiscation des biens de Ben Ali et de sa famille et leur restitution au peuple tunisien.

Le mois de janvier est traditionnellement celui des vœux. Comme chaque année, le président de la République prononce ses vœux aux parlementaires. Avec mes collègues communistes, citoyens et du Parti de Gauche, nous avons choisi de ne pas y assister cette année. Nous ne voulions pas participer à une mascarade orchestrée par un président qui ne cesse de fouler aux pieds le Parlement et la démocratie. Il faut rappeler que c'est quand même sur ordre de l'Élysée que le président de l'Assemblée Bernard Accoyer a refusé les explications de votes des députés lors du débat sur les retraites.

Jeudi fut aussi la journée des vœux du Parti de Gauche à la presse. Puisque le PG a choisi d'avoir une co-présidence, nous avons, Jean-Luc Mélenchon et moi, fait le choix de présenter ces vœux en duo. Vous pouvez retrouver ces vœux en vidéo ci-dessous.

Ceux présentés par Jean-Luc :



et les miens :



Je voudrais à ce propos répondre à celles et ceux qui m'interpellent par leurs commentaires sur les passages dans les médias. Malheureusement, ce sont les médias qui décident qui ils invitent. Et même si Jean-Luc Mélenchon essaie de se faire remplacer, les médias refusent dans l'immense majorité des cas : c'est lui ou personne. Cela va même plus loin. Ainsi le communiqué du PG de réaction au discours de François Fillon engageant la responsabilité de son gouvernement était signé de nos deux noms. Seul le nom de Jean-Luc Mélenchon a été repris. Voilà la réalité des médias, les mêmes qui ensuite ne se gênent pas pour critiquer la prétendue personnalisation du Parti de Gauche autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon.

Vendredi, des bonnes nouvelles : Samana Tshibuyi retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau est enfin libéré et le centre IVG de Tenon devrait rouvrir. Dans les deux cas, la mobilisation aura payé.

Samedi, d'un côté une manifestation pour fêter la chute de Ben Ali, de l'autre une contre la loi LOPPSI 2. Deux combats pour défendre les libertés. Deux cortèges qui se sont rejoints place du Châtelet.

Le projet du gouvernement contenu dans la loi LOPPSI 2 est une véritable atteinte aux libertés individuelles et collectives. Catalogue de mesures sécuritaires, la LOPPSI 2 c'est notamment la possibilité d'expulser les logements jugés « non conformes » sous 48h et sans décision de justice. Les préfets, aux ordres du gouvernement, pourront ordonner des expulsions du jour au lendemain alors que jusqu'à présent la justice prenait le temps d'écouter toutes les parties et ne prononçait pas systématiquement l'expulsion.

La LOPPSI 2, c'est aussi le développement de la vidéo-surveillance et des entreprises de sécurité privées. Le préfet pourra même imposer des caméras de surveillance contre l'avis des municipalités. De plus, le gouvernement n'hésite pas à confier le domaine de la sécurité aux entreprises privés qui y voient un marché juteux.

Le projet du gouvernement s'attaque également à la spécificité du droit pénal des plus jeunes. En instaurant la comparution immédiate pour les mineurs, le gouvernement revient sur le fonctionnement propre au tribunal pour enfants. Jusqu'à présent, un mineur devait passer devant le juge des enfants afin que son parcours puisse être étudié en détail. Cela ne suffit pourtant pas à Christian Estrosi qui veut encore une nouvelle loi, cette fois-ci pour en finir définitivement avec l'ordonnance de 1945 de protection des mineurs.

Au nom de la lutte contre la pédophilie, combat tout à fait nécessaire, le gouvernement est également revenu à la charge et a réussi cette fois à imposer le filtrage d'internet.

En résumé, la LOPPSI 2 est un fourre-tout législatif bien dangereux pour nos libertés publiques.

Mercredi, 13 octobre 2010

Médias : a-t-on encore le droit à l'indignation ?

Au pays des évidences ressassées jusqu'à plus soif dans tous les médias « importants », il ne fait pas bon rompre le consensus du cercle de ceux qui se répètent en boucle.

Depuis quelques jours, nous avons le droit à un chœur indigné de médias à propos des attaques dont seraient victimes les journalistes. Dernier buzz sur internet, comme on dit lorsqu'on est branché : Jean-Luc Mélenchon aurait insulté David Pujadas. De quoi s'agit-il ? D'un passage d'un documentaire qui va bientôt sortir, où Jean-Luc Mélenchon regardant le journal télévisé, s'exclame « salauds » lorsque David Pujadas essaie d'amener Xavier Mathieu, leader CGT des salariés de Continental, à se désolidariser de ses camarades de lutte dont la colère vient d'éclater dans la Préfecture de l'Oise. Vous trouverez cet extrait ici.

Rappel. Ces salariés avaient accepté de revenir aux 40 heures pour « sauver leur entreprise » : bilan quelques mois plus tard, ils étaient tous licenciés. Qu'y a-t-il de plus violent que d'apprendre que demain on sera au chômage sans savoir quand on pourra retrouver du travail, surtout si en plus on est jugé trop vieux pour être encore suffisamment rentable pour le capital ? Et les seules questions de Pujadas, c'est pour mettre en cause les salariés. Qui, en voyant cela ce jour-là, n'a pas explosé devant sa télé en se disant, que c'était toujours la même chose, qu'il valait mieux être du bon côté du manche !

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