Mardi, 13 mars 2012

Répression syndicale à SNI

L'an dernier, je vous avais déjà relaté le conflit social à SNI et Adoma, dans ce billet.

Suivant un schéma désormais classique, après la lutte est venue la répression. L'un des animateurs de l'intersyndicale a été visé par une mesure de licenciement, sous des prétextes assez fallacieux pour que l'Inspection du Travail oppose son refus. L'acharnement de la direction de SNI est telle qu'elle a fait appel au ministre du Travail. Lequel, une fois de plus, a donné raison au patron contre ses propres services.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué que j'ai adressé à la presse juste avant de filer à la gare pour le meeting d'Orléans. Je ne pourrai pas être présente au rassemblement de demain matin, mais si vous en avez la possibilité, n'hésitez pas à aller témoigner votre solidarité à Marc Boucoiran, dès huit heures au siège de Sni, 102 avenue de France dans le 13e arrondissement.


Stop à la répression contre les syndicalistes à Sni ! Solidarité avec Marc Boucoiran !

Le groupe Société nationale immobilière (Sni, filiale de la Caisse des dépôts et consignations), détenteur de 300 000 logements dont 200 000 logements sociaux, actionnaire majoritaire d'Adoma (ex-Sonacotra), joue un rôle majeur dans le domaine du logement social. Sous la direction de Monsieur André Yché, l'homme qui conseille à Nicolas Sarkozy de vendre 10 % du parc social pour financer la réhabilitation des autres logements, Sni a été confrontée l'an dernier à une restructuration brutale, avec vente de logements et de foyers et coupes dans les effectifs. Martine Billard avait alors reçu l'intersyndicale et apporté son soutien aux salariés en lutte tant pour leurs propres droits que pour ceux des locataires.

Depuis, la direction de SNI a tout fait pour obtenir le licenciement de Monsieur Marc Boucoiran, syndicaliste depuis vingt ans, aujourd'hui représentant de la section syndicale Snup-Fsu. Prenant prétexte un « abandon de poste » alors que Monsieur Boucoiran s'était vu retirer un mandat syndical mais n'en avait pas encore été informé, elle a lancé la procédure de licenciement, refusée par l'Inspection du Travail. En appel, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient de prendre la décision très politique de contredire son administration et d'autoriser ce licenciement.

Martine Billard assure Marc Boucoiran, son syndicat et l'intersyndicale de toute sa solidarité en tant que députée et que co-présidente du Parti de Gauche. Elle soutient le rassemblement organisé mercredi 14 mars à 8 heures au siège de Sni, 102 avenue de France dans le 13e arrondissement de Paris, à l'appel de l'intersyndicale Snup-Fsu / Cgt / Sud / Fo / Cfe-Cgc.

Le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon n'acceptent pas la chasse aux syndicalistes ouverte dans toutes les entreprises où les salarié-e-s ont décidé de relever la tête et de lutter. Marc Boucoiran, comme tou-te-s les syndicalistes licencié-e-s contre l'avis de l'Inspection du Travail, doit retrouver son poste.

Mercredi, 5 octobre 2011

Stop à la répression contre les syndicalistes des Archives nationales !

Je vous ai déjà entretenu-e-s sur mon blog du conflit aux Archives nationales, pour maintenir et développer le service public des archives dans les prestigieux locaux de l'Hôtel de Soubise et de l'Hôtel de Rohan, et contre le projet présidentiel d'y implanter la Maison de l'histoire de France - projet qui mérite amplement une mobilisation pour s'y opposer, quelle que soit l'implantation retenue, tant il développe une conception réactionnaire de l'histoire. Il en était question dans ce billet et dans celui-ci.

Le 17 mai, j'ai assisté à une conférence de presse convoquée sur place par l'intersyndicale, aux côtés de Jack Ralite. Nous avons d'ailleurs exprimé des nuances par rapport à l'analyse faite par les personnels de l'ouverture du jardin au public, confirmant notre soutien à l'objet principal de la lutte, partageant les doutes sur le respect des conditions de sécurité, mais approuvant le principe de l'ouverture du jardin, une fois acquises les garanties d'une ouverture en toute sûreté. En fait, le dialogue engagé nous a permis de constater qu'il n'y avait pas de divergence de fond, mais des expressions différentes, selon les priorités que chacun-e voulait mettre en avant. Ce fut un moment d'échange constructif.

Nous n'imaginions pas que cette conférence de presse serait prise comme prétexte, des semaines plus tard, pour enclencher la répression contre les responsables syndicaux de la Cfdt, la Cftc et la Cgt ! J'ai écrit aujourd'hui au ministre de la Culture pour demander la levée des convocations devant la commission administrative paritaire, le renoncement à toute menace de sanction et le retour au dialogue.

Vous trouverez ci-dessous mon communiqué de presse.

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Mercredi, 19 janvier 2011

Une rentrée sur les chapeaux de roues !

Pas de jours disponibles pour écrire sur ce blog. Il faut dire que l'actualité s'est accélérée, laissant peu de temps à l'écriture.

D'abord l'occupation de l'immeuble d'Axa du 22 avenue Matignon dans le triangle d'or du pouvoir par Jeudi Noir. Quel malicieux clin d'œil ! Je m'y suis rendue le vendredi 7 janvier au matin, avec nombre d'autres élus, pour l'annonce officielle de l'ouverture du squat. A vrai dire, nous avons bien cru que la police allait casser les vitres pour entrer. Il s'en est fallu de peu, comme cela m'a été confirmé.

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au 22, avenue Matignon
avec Ariane Calvo et François Longérinas
photo : Stéphane Burlot

Mais la présence de nombreux élus - parlementaires nationaux, européens, conseillers régionaux, conseillers de Paris, maires adjoints de Paris, d'arrondissements - plus une marée de journalistes, dont beaucoup avec des caméras, ont quand même fait reculer le gouvernement devant ce qui aurait été pour lui une catastrophe médiatique. La LOPPSI 2 n'est heureusement pas encore adoptée : Jeudi Noir ne peut donc être expulsé que sur décision de justice. Or, pour le moment Axa préfère négocier plutôt que de demander l'intervention des forces de l'ordre, à la grande fureur du gouvernement. Devant la situation – des forces de police filtrant les entrées dans le bâtiment – j'ai envoyé avec les élus de Paris du Parti de Gauche, une lettre ouverte au préfet de police. Vous pouvez signer en ligne la pétition de soutien.

Les manifestations et meetings se sont multipliés en soutien au peuple tunisien en lutte. On criait avec force « Ben Ali dehors ! », suivant avec angoisse l'évolution de la situation en Tunisie en voyant le nombre de blessés et de morts augmenter. On s'est demandé si Ben Ali avait bien pris la mesure de la situation lorsqu'il a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2014 ! Et la nouvelle est tombée vendredi. Il s'était enfui. Gloire au peuple tunisien qui s'est débarrassé du tyran grâce à un mois de mobilisations ! Le fruit était mûr. Il suffisait de secouer l'arbre pour qu'il tombe. Qui l'aurait cru ? J'insiste sur ce point, parce que parfois on élabore de grandes théories sur ce qu'il faut faire et un élément imprévu, comme ce chômeur réduit à vendre à la sauvette et qui s'immole pour dénoncer le harcèlement et l'arbitraire de la police, provoque un mouvement que personne n'aurait imaginé.

En tant que Français, nous ne pouvons que souhaiter au peuple tunisien de construire un État démocratique, laïque, sans corruption et avec moins d'injustices sociales. Immédiatement, nous devons être vigilants sur la confiscation des biens de Ben Ali et de sa famille et leur restitution au peuple tunisien.

Le mois de janvier est traditionnellement celui des vœux. Comme chaque année, le président de la République prononce ses vœux aux parlementaires. Avec mes collègues communistes, citoyens et du Parti de Gauche, nous avons choisi de ne pas y assister cette année. Nous ne voulions pas participer à une mascarade orchestrée par un président qui ne cesse de fouler aux pieds le Parlement et la démocratie. Il faut rappeler que c'est quand même sur ordre de l'Élysée que le président de l'Assemblée Bernard Accoyer a refusé les explications de votes des députés lors du débat sur les retraites.

Jeudi fut aussi la journée des vœux du Parti de Gauche à la presse. Puisque le PG a choisi d'avoir une co-présidence, nous avons, Jean-Luc Mélenchon et moi, fait le choix de présenter ces vœux en duo. Vous pouvez retrouver ces vœux en vidéo ci-dessous.

Ceux présentés par Jean-Luc :



et les miens :



Je voudrais à ce propos répondre à celles et ceux qui m'interpellent par leurs commentaires sur les passages dans les médias. Malheureusement, ce sont les médias qui décident qui ils invitent. Et même si Jean-Luc Mélenchon essaie de se faire remplacer, les médias refusent dans l'immense majorité des cas : c'est lui ou personne. Cela va même plus loin. Ainsi le communiqué du PG de réaction au discours de François Fillon engageant la responsabilité de son gouvernement était signé de nos deux noms. Seul le nom de Jean-Luc Mélenchon a été repris. Voilà la réalité des médias, les mêmes qui ensuite ne se gênent pas pour critiquer la prétendue personnalisation du Parti de Gauche autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon.

Vendredi, des bonnes nouvelles : Samana Tshibuyi retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau est enfin libéré et le centre IVG de Tenon devrait rouvrir. Dans les deux cas, la mobilisation aura payé.

Samedi, d'un côté une manifestation pour fêter la chute de Ben Ali, de l'autre une contre la loi LOPPSI 2. Deux combats pour défendre les libertés. Deux cortèges qui se sont rejoints place du Châtelet.

Le projet du gouvernement contenu dans la loi LOPPSI 2 est une véritable atteinte aux libertés individuelles et collectives. Catalogue de mesures sécuritaires, la LOPPSI 2 c'est notamment la possibilité d'expulser les logements jugés « non conformes » sous 48h et sans décision de justice. Les préfets, aux ordres du gouvernement, pourront ordonner des expulsions du jour au lendemain alors que jusqu'à présent la justice prenait le temps d'écouter toutes les parties et ne prononçait pas systématiquement l'expulsion.

La LOPPSI 2, c'est aussi le développement de la vidéo-surveillance et des entreprises de sécurité privées. Le préfet pourra même imposer des caméras de surveillance contre l'avis des municipalités. De plus, le gouvernement n'hésite pas à confier le domaine de la sécurité aux entreprises privés qui y voient un marché juteux.

Le projet du gouvernement s'attaque également à la spécificité du droit pénal des plus jeunes. En instaurant la comparution immédiate pour les mineurs, le gouvernement revient sur le fonctionnement propre au tribunal pour enfants. Jusqu'à présent, un mineur devait passer devant le juge des enfants afin que son parcours puisse être étudié en détail. Cela ne suffit pourtant pas à Christian Estrosi qui veut encore une nouvelle loi, cette fois-ci pour en finir définitivement avec l'ordonnance de 1945 de protection des mineurs.

Au nom de la lutte contre la pédophilie, combat tout à fait nécessaire, le gouvernement est également revenu à la charge et a réussi cette fois à imposer le filtrage d'internet.

En résumé, la LOPPSI 2 est un fourre-tout législatif bien dangereux pour nos libertés publiques.

Vendredi, 29 octobre 2010

Une commission d'enquête contre les répressions policières

Voici le communiqué que j'ai adressé hier à la presse, pour annoncer notre demande de commission d'enquête parlementaire.


Une commission d'enquête contre les répressions policières

Tirs de flash-ball sur les jeunes, réquisitions des raffineries, poursuites judiciaires de délégués syndicaux, il devient de plus en plus dangereux de s'exprimer alors que le droit de grève et de manifester sont garantis par la Constitution.

Les députés du Parti de Gauche, du Parti Communiste et des Verts ont déposé une demande de commission d'enquête pour faire toute la lumière sur les méthodes utilisées par les forces de l'ordre.

Des témoignages de manifestants, de journalistes, de syndicats convergent. Ainsi, il apparaît que des policiers ont utilisé des badges syndicaux ou politiques pour s'infiltrer dans des actions militantes.

Il est donc indispensable de savoir ce qu'il en est, sur quoi ont pu déboucher ces infiltrations, quels ont été les ordres donnés aux forces de l'ordre, avec quels objectifs et pourquoi ?

Il serait inadmissible que le gouvernement ait voulu utiliser les forces de l'ordre pour créer un climat de tension dans le pays.

Post-scriptum du 2 novembre :

vous pouvez télécharger le texte de la proposition de résolution en cliquant sur l'image ci-dessous

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