Jeudi, 3 mai 2012

Journée du Souvenir, Premier mai : une semaine chargée d'histoire

Avant-hier 1er mai, avait lieu comme chaque année dans tous les pays du monde la manifestation pour les droits des travailleurs. A Paris, 250 000 personnes ont participé à un cortège syndical hyperdynamique. Cette manifestation du 1er mai se fait aujourd'hui en France dans le cadre d'un jour férié, chômé, payé, inscrit comme tel dans le Code du travail depuis 1947.

Mais à la fin du 19e siècle (à compter de 1890 au plan international) et jusqu'en 1919, où le 1er mai fut reconnu par la loi comme jour chômé, ne pas travailler en ce jour voulait dire faire grève et manifester, notamment pour la journée de huit heures. En 1886 à Chicago, puis en 1891 à Fourmies, dans le Nord, plusieurs grévistes sont tués par les forces de l'ordre.

Cette date est donc chargée d'histoire. Cela rend d'autant plus indécente la volonté de Nicolas Sarkozy de s'approprier cette date en utilisant qui plus est le terme aux relents pétainistes de "vrai travail".

Avant-hier, donc, se tenait à Paris une manifestation à l'appel d'une intersyndicale (CGT, CFDT, Solidaires, UNSA, FSU), soutenue par des partis politiques. La capitale a par ailleurs connu deux rassemblements politiques : l'un de l'extrême-droite, l'autre de la droite extrêmisée. Dans le discours prononcé à cette occasion par Nicolas Sarkozy, et dans les commentaires de certains de ses ministres, un vocabulaire récurrent dans l'histoire de la droite anti-sociale est de retour. En osant dire "poser le drapeau rouge et servez la France", en exaltant "les racines chrétiennes de la France", en faisant appel à "ceux qui aiment vraiment la France", Nicolas Sarkozy reprend de fait le vieux discours de l'anti-France. Tous ceux qui manifestent, tous ceux qui se battent pour la défense des droits des travailleurs, ne serviraient donc pas la France ? Mais qui s'expatrie à l'étranger pour ne pas payer d'impôts ? Qui délocalise les entreprises hors de France pour moins payer les salariés et ne plus être soumis à des normes environnementales et sanitaires trop contraignantes ?

Alors oui, la légitimité, mardi 1er mai, était du côté du cortège syndical. De nombreux citoyens avaient décidé de se joindre à cette manifestation pour dire eux aussi, Sarkozy dehors ! Et non seulement ils avaient le droit de le faire, mais en plus ils avaient raison.

Derrière les syndicats, le Front de Gauche a défilé, dans un cortège joyeux et nombreux. Combien de personnes sont venues me dire leur gratitude au Front de Gauche de leur avoir redonné le goût de se battre, la joie d'être là, la volonté de ne plus rien céder.

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Mais ce président qui essaie de s'approprier la France, n'a même pas jugé de sa responsabilité de président de la République d'honorer de sa présence les cérémonies en mémoire des déportés lors de la journée du Souvenir, dimanche dernier. Par contre, outre le ministre des Anciens combattants, ce qui est normal dans une telle cérémonie, nous avons eu le droit pour la première fois en dix ans à la présence d'un autre membre du gouvernement, le secrétaire d'État au Commerce extérieur. Quel rapport ? Aucun. Sauf que nous sommes peu de temps avant les élections législatives et que visiblement Pierre Lellouche a jugé qu'être présent pouvait lui être utile. Et pourtant, bien qu'il ait été député de Paris avant sa nomination au gouvernement, personne ne l'avait jamais vu à cette cérémonie depuis 1995.

Pour ma part, après avoir assisté le matin à la cérémonie dans le 3e arrondissement, je participais comme depuis 2002 à la cérémonie nationale, au Mémorial de la Shoah, puis au Mémorial de la Déportation. C'est toujours pour moi un moment d'émotion qui me renvoie à mon histoire familiale. Cette année, ce fut encore plus marqué, puisque parmi les derniers résistants présents se trouvait mon père, résistant déporté à Neuengamme, et l'un des peu nombreux rescapés...

Vendredi, 13 avril 2012

Arkema : réponses aux syndicalistes

Arkema, c'est le n°1 de la chimie en France. 500 millions d'euros de bénéfices en 2011, 17,5 % de rentabilité... Sans doute pas assez pour les actionnaires qui veulent se défaire de la branche qui fabrique du PVC (1800 employés en France, 2600 dans le monde). Et qui la bradent à 1 € ! Un euro symbolique du mépris des patrons d'Arkema pour le personnel qui les fait vivre, et dans l'aisance ! Le repreneur pressenti est l'un de ces vautours de la finance qui liquident des entreprises tout en jonglant entre les paradis fiscaux.

Venus à Paris pour faire le tour des QG de campagne, les syndicalistes d'Arkema étaient accompagnés d'une équipe de la section vidéo du journal Fakir et de Là-bas si j'y suis. Je les ai rencontrés par hasard dans le métro, me rendant moi-même à l'Usine. Vous retrouverez le reportage sur le site de Fakir et sur celui de Là-bas.

Je vous laisse apprécier les réponses reçues dans cette vidéo.





Mardi, 13 mars 2012

Répression syndicale à SNI

L'an dernier, je vous avais déjà relaté le conflit social à SNI et Adoma, dans ce billet.

Suivant un schéma désormais classique, après la lutte est venue la répression. L'un des animateurs de l'intersyndicale a été visé par une mesure de licenciement, sous des prétextes assez fallacieux pour que l'Inspection du Travail oppose son refus. L'acharnement de la direction de SNI est telle qu'elle a fait appel au ministre du Travail. Lequel, une fois de plus, a donné raison au patron contre ses propres services.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué que j'ai adressé à la presse juste avant de filer à la gare pour le meeting d'Orléans. Je ne pourrai pas être présente au rassemblement de demain matin, mais si vous en avez la possibilité, n'hésitez pas à aller témoigner votre solidarité à Marc Boucoiran, dès huit heures au siège de Sni, 102 avenue de France dans le 13e arrondissement.


Stop à la répression contre les syndicalistes à Sni ! Solidarité avec Marc Boucoiran !

Le groupe Société nationale immobilière (Sni, filiale de la Caisse des dépôts et consignations), détenteur de 300 000 logements dont 200 000 logements sociaux, actionnaire majoritaire d'Adoma (ex-Sonacotra), joue un rôle majeur dans le domaine du logement social. Sous la direction de Monsieur André Yché, l'homme qui conseille à Nicolas Sarkozy de vendre 10 % du parc social pour financer la réhabilitation des autres logements, Sni a été confrontée l'an dernier à une restructuration brutale, avec vente de logements et de foyers et coupes dans les effectifs. Martine Billard avait alors reçu l'intersyndicale et apporté son soutien aux salariés en lutte tant pour leurs propres droits que pour ceux des locataires.

Depuis, la direction de SNI a tout fait pour obtenir le licenciement de Monsieur Marc Boucoiran, syndicaliste depuis vingt ans, aujourd'hui représentant de la section syndicale Snup-Fsu. Prenant prétexte un « abandon de poste » alors que Monsieur Boucoiran s'était vu retirer un mandat syndical mais n'en avait pas encore été informé, elle a lancé la procédure de licenciement, refusée par l'Inspection du Travail. En appel, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient de prendre la décision très politique de contredire son administration et d'autoriser ce licenciement.

Martine Billard assure Marc Boucoiran, son syndicat et l'intersyndicale de toute sa solidarité en tant que députée et que co-présidente du Parti de Gauche. Elle soutient le rassemblement organisé mercredi 14 mars à 8 heures au siège de Sni, 102 avenue de France dans le 13e arrondissement de Paris, à l'appel de l'intersyndicale Snup-Fsu / Cgt / Sud / Fo / Cfe-Cgc.

Le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon n'acceptent pas la chasse aux syndicalistes ouverte dans toutes les entreprises où les salarié-e-s ont décidé de relever la tête et de lutter. Marc Boucoiran, comme tou-te-s les syndicalistes licencié-e-s contre l'avis de l'Inspection du Travail, doit retrouver son poste.

Mercredi, 5 octobre 2011

Stop à la répression contre les syndicalistes des Archives nationales !

Je vous ai déjà entretenu-e-s sur mon blog du conflit aux Archives nationales, pour maintenir et développer le service public des archives dans les prestigieux locaux de l'Hôtel de Soubise et de l'Hôtel de Rohan, et contre le projet présidentiel d'y implanter la Maison de l'histoire de France - projet qui mérite amplement une mobilisation pour s'y opposer, quelle que soit l'implantation retenue, tant il développe une conception réactionnaire de l'histoire. Il en était question dans ce billet et dans celui-ci.

Le 17 mai, j'ai assisté à une conférence de presse convoquée sur place par l'intersyndicale, aux côtés de Jack Ralite. Nous avons d'ailleurs exprimé des nuances par rapport à l'analyse faite par les personnels de l'ouverture du jardin au public, confirmant notre soutien à l'objet principal de la lutte, partageant les doutes sur le respect des conditions de sécurité, mais approuvant le principe de l'ouverture du jardin, une fois acquises les garanties d'une ouverture en toute sûreté. En fait, le dialogue engagé nous a permis de constater qu'il n'y avait pas de divergence de fond, mais des expressions différentes, selon les priorités que chacun-e voulait mettre en avant. Ce fut un moment d'échange constructif.

Nous n'imaginions pas que cette conférence de presse serait prise comme prétexte, des semaines plus tard, pour enclencher la répression contre les responsables syndicaux de la Cfdt, la Cftc et la Cgt ! J'ai écrit aujourd'hui au ministre de la Culture pour demander la levée des convocations devant la commission administrative paritaire, le renoncement à toute menace de sanction et le retour au dialogue.

Vous trouverez ci-dessous mon communiqué de presse.

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Mardi, 7 juin 2011

Question au gouvernement : Carrefour et la rémunération des salarié-e-s

Cet après-midi, j'ai questionné le gouvernement sur les conséquences pour les rémunérations des salarié-e-s de sa politique en faveur des actionnaires, en partant de l'exemple de Carrefour. Cette entreprise aux mains de Bernard Arnaud dégage des bénéfices considérables, joue de tous les arrangements possibles pour diminuer ses impôts mais refuse les hausses de salaires demandées par les syndicats, alors que l'immense majorité des salarié-e-s ne perçoivent guère plus que le SMIC.

Voici la vidéo de ma question et de la réponse de Xavier Bertrand.





Il est à noter que comme d'habitude, quand nous leur disons "salaire", ils répondent "prime"... et donc, ni stabilité, ni cotisations sociales. C'est ainsi que les libéraux creusent les déficits pour ensuite hurler à la faillite et prétendre justifier les régressions.

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